2023 : Contexte global
Contexte géopolitique et économique global:
* Guerre en Ukraine
* Fragmentations géopolitiques / reconfiguration des flux financiers, notamment en direction des États-Unis (augmentation du déficit américain par le Royaume-Uni)
* Relance après deux ans de pandémie
* Chaînes d’approvisionnement qui se reconstituent mais sans la vigueur d’avant-crise
* Politique commerciale chinoise privilégiant son marché intérieur, entravant la fluidité du commerce mondial
Évolution des marchés financiers et des taux d’intérêt:
* Hausse des prix énergétiques
* Hausse des taux des crédits bancaires
* Taux OPR BCE: 4,5 / FED: 5,50 (action plus précoce vs. inflation)
Situation économique et sociale en Zone Euro et aux États-Unis:
* Taux de chômage zone euro: 6,3% / USA: 3,4%
* Croissance zone euro 2019/2022: 1,8% / USA: 3,8%
* Comparaison du déficit de la zone euro avec le reste du monde (janvier-avril 2022 vs. 2023): réduit de 94,2 milliards d’euros à 17,2 milliards d’euros (déficit lié à l’importation d’énergie)
* Inflation: pic zone euro = 10% octobre 2022 / France: 7% janvier 2023, 5% en mars hors énergie et alimentation
* Inflation juillet : L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 4,3% sur un an en juillet après 4,5% en juin et il est stable d’un mois sur l’autre après 0,2% en juin, confirmant les premières estimations de l’Insee. L’inflation sous-jacente diminue sur un an, atteignant +5,0 % en juillet 2023, après +5,7 % en juin. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) est stable sur un mois, après +0,2 % en juin ; sur un an, il augmente de 5,1 % en juillet 2023, après +5,3 % le mois précédent. “Cette baisse de l’inflation est due, d’une part, à une baisse sur un an des prix de l’énergie plus forte que le mois précédent, et d’autre part au ralentissement des prix de l’alimentation et des produits manufacturés”, détaille l’Insee dans un communiqué.
BdF, Projections macroéconomiques 2023-2025, juin 2023
▪ Nos projections de croissance et d’inflation pour l’économie française à l’horizon 2025 confirment dans l’ensemble celles que nous avons publiées en mars. Globalement, l’économie française réussirait à sortir progressivement de l’inflation sans récession, même si le ralentissement économique est marqué. Les analyses plus en détail montrent cependant plusieurs changements.
▪ Dans un contexte où les prix de l’énergie se normalisent et où le risque d’une rupture d’approvisionnement s’est éloigné, la croissance économique apparaît, en ce début d’année, modérée mais résiliente. Notre prévision de croissance pour2023 est légèrement rehaussée à 0,7 %. L’absorption des chocs majeurs passés, y compris chez nos partenaires économiques, implique cependant que la reprise de la croissance française serait, dans cette nouvelle prévision, un peu plus graduelle qu’auparavant, avec 1,0 % en 2024 et 1,5 % en 2025. L’environnement extérieur serait un peu moins porteur qu’anticipé en mars, et nous projetons une reprise encore en demi-teinte des échanges extérieurs et de nos exportations. Le nécessaire resserrement des conditions de financement produirait progressivement ses effets modérateurs non seulement sur l’inflation mais aussi, transitoirement, sur l’investissement. La consommation des ménages ne redémarrerait que graduellement.
▪ Après avoir atteint son pic au deuxième trimestre, l’inflation IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé) totale refluerait progressivement en seconde partie de 2023 et au-delà, pour revenir autour de 2 % d’ici 2025, sous réserve de l’absence de nouveaux chocs sur les matières premières importées. En moyenne annuelle, elle s’établirait à 5,6 %en 2023 et à 2,4 % en 2024. Notre prévision d’inflation est un peu révisée à la hausse en 2023 par rapport à notre projection de mars, du fait notamment d’une augmentation un peu plus persistante des prix alimentaires. En glissement annuel, elle devrait cependant être déjà revenue à environ 4 % au dernier trimestre 2023. Le repli de l’inflation dite sous-jacente (IPCH hors énergie et alimentation) serait un peu plus lent, compte tenu de hausses plus persistantes des salaires et des prix des services. Mais elle reviendrait aussi autour de 2 % d’ici 2025, grâce à la pleine transmission du resserrement monétaire en cours.
▪ Nos projections ont été sensiblement révisées pour l’emploi (à la hausse) et le chômage (à la baisse). Cela reflète la prise en compte des évolutions de ces dernières années montrant une croissance plus riche en emplois. Au final, le taux de chômage augmenterait très modérément sur notre horizon de projection pour atteindre 7,6 % en 2025, un niveau qui demeure nettement inférieur à son niveau pré-Covid.
▪ Le déficit public, qui pourrait atteindre voire dépasser 5 % du PIB en 2023, resterait supérieur à 4 % du PIB à l’horizon2025. Le taux d’endettement public se stabiliserait seulement un peu au-dessus de 110 % du PIB d’ici 2025, alors qu’il baisserait nettement dans le reste de la zone euro.
▪ Les aléas autour de cette prévision demeurent nombreux mais dans l’ensemble équilibrés.
BdF, bulletin n° 247, juillet 2023
En 2022, pour réduire la consommation énergétique ou les émissions associées, 90 % des entreprises industrielles avaient déjà mis en œuvre des mesures d’économies d’énergie et 65 % des mesures d’efficacité énergétique. Selon l’enquête menée par la Banque de France en septembre 2022, 19 % des entreprises du secteur manufacturier s’estimaient très exposées aux risques climatiques de transition, 6 % aux risques physiques, et 56 % d’entre elles se disaient très exposées aux risques de sécurité énergétique. En moyenne, elles prévoyaient de doubler leur effort financier en faveur de la transition énergétique sur trois ans.
BdF, bulletin n° 246, juin 2023
BCE, juillet 2023, Balance des paiements trimestrielle et position extérieure globale de la zone euro : premier trimestre 2023
BCE, anticipations des consommateurs, mai 2023,
[Crédit à l’habitat : la poule, l’œuf et le prix des œufs, Agnès Bénassy-Quéré, juin 2023]
Quels sont les facteurs et les conséquences de la hausse rapide des taux d’intérêt en Europe depuis juillet 2022, et comment cette hausse a-t-elle impacté le crédit à l’habitat en France et dans la zone euro ?
Depuis juillet 2022, la Banque centrale européenne a relevé sept fois ses taux directeurs pour lutter contre l’inflation qui a fait un retour subit et prononcé. Cette hausse a entraîné une augmentation des coûts d’emprunt, ralentissant les dépenses des ménages et des entreprises, ce qui a modéré les prix des biens et services. Pour le crédit à l’habitat, la situation a conduit à une normalisation de la production de nouveaux crédits en France et dans la zone euro depuis le second semestre 2022. En France, en avril 2023, 12 Md€ de nouveaux crédits à l’habitat ont été accordés, en recul par rapport aux pics de 2021, mais au-dessus des montants de la décennie 2005-2014. La hausse des taux a réduit la capacité d’emprunt des ménages, impactant leur pouvoir d’achat immobilier, mais cette hausse des taux pourrait à terme faire baisser les prix de l’immobilier. La dette des ménages français, représentant 65 % du PIB fin 2022, est la plus lourde des quatre grands pays de la zone euro, posant des risques en termes de charge de remboursement.
[Crédit à l’habitat : la poule, l’œuf et le prix des œufs, Agnès Bénassy-Quéré, juin 2023]
En réaction à l’allongement de la durée des prêts et la hausse des charges de remboursement supportées par les ménages emprunteurs, qu’a fait le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) concernant le crédit à l’habitat et quel était son objectif ? Comment ces mesures ont-elles affecté les primo-accédants et les plus jeunes sur le marché ?
Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a recommandé en décembre 2019, recalibré en janvier 2021, puis imposé en janvier 2022 une limite à la durée des prêts (25 ans) et au taux d’effort des emprunteurs (35 %). L’objectif était de mettre fin aux excès dans les pratiques d’octroi de crédit à l’habitat en termes de taux d’effort et de durée des prêts, tout en préservant l’accès au crédit, particulièrement pour l’accès à la propriété. Cette mesure a réussi à réduire rapidement la part des prêts avec un taux d’effort supérieur à 35 %. Malgré ces limites, les primo-accédants et les emprunteurs de moins de 35 ans n’ont pas été évincés du marché, avec une hausse de leur part dans les prêts à l’habitat depuis 2019.
[La crise bancaire qui n’a pas eu lieu, Agnès Bénassy-Quéré, juin 2023]
Quelles ont été les deux raisons principales pour lesquelles la contagion n’a pas eu lieu suite aux faillites successives de plusieurs banques régionales américaines et au rachat en urgence de Crédit Suisse, selon le dernier rapport sur l’Évaluation des risques du système financier français de la Banque de France (juin 2023)?
[La crise bancaire qui n’a pas eu lieu, Agnès Bénassy-Quéré, juin 2023]
Comment les banques françaises gèrent-elles la hausse des taux d’intérêt, et quel est l’impact de cette hausse sur les marges nettes d’intérêt, la rentabilité, et le contexte plus large des institutions financières non-bancaires (NBFI) en France ?
Les banques françaises font face à la hausse des taux d’intérêt en utilisant une combinaison de financements, y compris via les comptes à vue, les emprunts obligataires, et d’autres dépôts rémunérés. Avec la hausse des taux d’intérêt, la rémunération de certains produits d’épargne a augmenté, ce qui renchérit leurs ressources financières. Toutefois, les banques ont également des crédits ou des obligations à long terme avec des taux d’intérêt fixes et très bas, qui sont insensibles à la hausse des taux de marché. Le résultat est que leurs marges nettes d’intérêt augmentent avec les taux d’intérêt, mais moins rapidement en France que dans d’autres pays européens. Elles doivent également gérer leur rentabilité en comparaison avec les banques concurrentes à l’étranger. La hausse des taux influence également les assureurs-vie et nécessite une attention accrue aux institutions financières non-bancaires (NBFI), qui détenaient près d’un tiers des actifs financiers au niveau français à la fin de 2021. Le risque de liquidité élevé et la nécessité d’une réglementation adaptée pour ces institutions sont des facteurs clés dans le contexte actuel de la stabilité financière globale.
[Marges au pas de course ?, Agnès Bénassy-Quéré, juin 2023
Comment le texte d’Agnès Bénassy-Quéré analyse-t-il la dynamique entre la hausse des profits en zone euro, l’inflation, les salaires, et le partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital ? Quels facteurs sont mis en avant pour expliquer l’écart entre le constat statistique et le “ressenti” d’une hausse des marges des entreprises au détriment des travailleurs ?
Le texte analyse l’alerte de la BCE concernant la hausse des profits en zone euro, qui aurait pu contribuer à la hausse des prix en 2022. Il examine la dynamique entre salaires et profits et leur contribution respective à la hausse des prix, en particulier dans le contexte de la crise énergétique et de l’inflation auto-entretenue. La répartition de la valeur ajoutée entre le travail et le capital est abordée, soulignant une répartition relativement stable en France depuis les années 1980. Sur la période la plus récente, le texte montre que le pouvoir d’achat du salaire a reculé en France, mais l’emploi a augmenté. Ainsi, la masse salariale, l’EBE et la valeur ajoutée ont tous augmenté d’environ 20%. Enfin, il identifie plusieurs facteurs pouvant expliquer l’écart entre le constat statistique et le “ressenti” d’une hausse des marges des entreprises, tels que l’extrapolation de l’évolution du pouvoir d’achat du salaire, la couverture médiatique de profits exceptionnels dans certains secteurs, la sensibilité au secteur agro-alimentaire, la différence entre l’indice de prix utilisé pour calculer la valeur ajoutée et l’indice des prix à la consommation, et la normalité de l’augmentation des profits des entreprises avec l’inflation.
[Marges au pas de course ?, Agnès Bénassy-Quéré, juin 2023
Quelle a été la contribution des marges unitaires à la hausse de l’inflation en zone euro et en France au second semestre 2022 ? Comment les secteurs industriels ont-ils influencé ces marges, et quelle a été l’évolution du taux de marge au premier trimestre 2023 en France ?
Au second semestre 2022, la contribution de la marge unitaire à l’inflation était supérieure à celle du coût salarial unitaire en zone euro, tandis qu’en France, la contribution de la marge unitaire était inférieure à celle du coût salarial unitaire, après avoir été négative au premier semestre 2022. La situation était masquée par une forte hétérogénéité sectorielle. Par exemple, en France, les industries agro-alimentaires et autres industries manufacturières ont tiré les marges vers le haut, tandis que d’autres secteurs, comme l’hébergement-restauration, ont vu leurs marges baisser. Au premier trimestre 2023, la marge unitaire agrégée de l’économie française a augmenté de 7,9% par rapport à l’année précédente, et le taux de marge des sociétés non financières a progressé de 0,4 point de pourcentage, principalement en raison de la diminution de la CVAE et d’une hausse des aides au paiement des factures d’énergie, restant autour de 32%.
Bulletin de la Banque de France 245/2 - Mars-Avril 2023
Le rapport de synthèse du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié le 20 mars 2023, souligne l’importance du financement et de la coopération internationale pour l’accélération de l’action climatique
1 000 milliards d’USD d’investissements annuels dans les énergies renouvelables pour placer les économies émergentes sur une trajectoire compatible avec un bilan net nul d’ici 2050 (estimation de l’Agence internationale de l’énergie).
Objectif collectif annuel de 100 milliards d’USD - non encore atteint - pour les transferts financiers des pays avancés en faveur d’initiatives climatiques dans les pays en développement.
45 milliards d’USD de contribution attendue du Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité (RST) du FMI pour la préparation au changement climatique et à la pandémie.