Art Mod 2 Methdo Flashcards

(51 cards)

1
Q

L’iconographie du Christ

A

Il serait impossible d’analyser l’ensemble des représentations ou bien des histoires présentant la figure du Christ dans la peinture de la Renaissance. On va se concentrer principalement sur l’iconographie de quelques histoires de l’enfance, de la vie et de la Passion du Christ.

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2
Q

Les sources à privilégier

A

Les sources à privilégier sont donc les Évangiles, mais aussi les Évangiles apocryphes.

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3
Q

Textes apocryphes

A

Les textes apocryphes désignent tous les textes religieux qui étaient en dehors des quatre textes canoniques (c’est-à-dire, les Évangiles de Mathieu, Luc, Marc et Jean).

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4
Q

Ouvrages considérés comme apocryphes

A

On en arriva à considérer comme apocryphes des ouvrages suspects, dangereux et même formellement hérétiques, de sorte que le terme signifiait simplement « ce qui n’est pas totalement approuvé par l’Église romaine ».

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5
Q

Évangiles apocryphes

A

Les Évangiles apocryphes sont donc des ouvrages postérieurs à la rédaction des textes canoniques qui en développent les données, soit pour en souligner le merveilleux, soit pour les utiliser dans un dessein de propagande en faveur de tendances annexes de la chrétienté.

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6
Q

Protoévangile de Saint-Jacques

A

Les plus connus et utilisés comme sources sont le Protoévangile de Saint-Jacques (seconde moitié du IIe siècle) et l’Évangile du Pseudo-Matthieu (entre le ve et le VIIe siècle après Jésus-Christ) : ce sont tous les deux des évangiles de l’enfance du Christ.

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7
Q

Typologie des représentations du Christ

A

Il est généralement représenté comme un homme d’âge mûr, au visage allongé, avec une fine barbe, et une abondante chevelure châtain parfois rousse.

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8
Q

Naissance du Christ ou Nativité

A

Les sources : Luc est le seul parmi les évangélistes à fournir un récit complet de cet épisode, alors que Jacques de Voragine dans sa Légende dorée décrit les miracles qui auraient accompagné cet événement.

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9
Q

Personnages représentés dans la Nativité

A

L’enfant Jésus, souvent allongé dans une mangeoire ou bien par terre, recouvert par un pan qui préfigure parfois le linceul ou emmailloté ; la Vierge Marie occupe généralement une place privilégiée ; Saint Joseph dort ou est en position mélancolique ; l’âne et le bœuf qui soufflent pour réchauffer J.-C.

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10
Q

Scène de la Nativité

A

La scène se déroule dans une étable ou bien une grotte. Un chœur d’anges ou bien une grande lumière sont représentés pour signifier et témoigner du miracle. La scène de la Nativité se passe de nuit.

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11
Q

Dénombrement à Bethléem

A

Pour se conformer à l’édit de César Auguste, Joseph et Marie se rendent de Nazareth à Bethléem pour se faire inscrire sur les registres du recensement général romain.

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12
Q

Abri de fortune

A

À leur arrivée, Marie ressent les premières contractions, mais comme il n’y a pas de place pour eux à l’hôtellerie, elle doit se contenter d’un abri de fortune, dont la nature n’est pas précisée dans les textes.

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13
Q

Tradition iconographique de la Nativité

A

C’est pourquoi la tradition iconographique veut que la scène soit généralement placée dans une étable, avec des animaux comme le bœuf et l’âne qui figurent de manière permanente dans l’iconographie populaire.

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14
Q

La Nativité de Geertgen tot Sint Jans

A

C’est une scène de nuit, dans une étable, en présence d’animaux. Joseph est représenté à l’arrière-plan, à droite, et joue ici un rôle effacé, ce qui est assez caractéristique des représentations de la Nativité antérieures à la Contre réforme.

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15
Q

La Nativité de Federico Barocci

A

Joseph ouvre la porte de l’étable aux bergers et leur désigne l’Enfant nouveau-né. Conformément aux règles de la Contre-Réforme qui offre une plus grande place à la Vierge, celle-ci est représentée adorant l’Enfant.

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16
Q

L’adoration des bergers

A

Épisode : Marie vient de mettre au monde l’Enfant. Saint Luc rapporte qu’« Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs » (Lc 2, 8-9).

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17
Q

Annonce de la naissance du Messie

A

Dans la nuit même où Marie a accouché, un ange apparaît aux bergers, qui sont dans un premier temps effrayés.

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18
Q

Signe pour les bergers

A

L’ange leur annonce la bonne nouvelle de la naissance du Sauveur et, selon le texte, la « Gloire du Seigneur les enveloppe ». L’ange n’accompagne pas les bergers, mais leur dit qu’il y aura un signe : ils trouveront un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche.

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19
Q

Retour des bergers

A

Les bergers partent à Bethléem et découvrent Marie, Joseph et le nouveau-né, et propagent ensuite la nouvelle avant de retourner à leurs troupeaux.

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20
Q

Représentation de Ghirlandaio

A

Dans la version fournie par Ghirlandaio, on aperçoit sur le fond à gauche le moment de l’annonce de la naissance du Messie ; puis, au premier plan, les bergers rendant hommage à l’Enfant Jésus.

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21
Q

L’adoration des mages

A

Sources : l’évangile de Matthieu, enrichi par les évangiles apocryphes.

22
Q

Prophétie de la naissance du Christ

A

Dans le premier évangile, il était mentionné que des mages, c’est-à-dire des sages, venus d’Orient, vont à Jérusalem et voient une étoile se lever dans le ciel.

23
Q

Hérode et les mages

A

Le roi Hérode se renseigne auprès de son entourage et apprend qu’une prophétie annonce la naissance du Christ à Bethléem.

24
Q

Dons des Mages

A

Ils vont se prosterner et lui rendre hommage en lui offrant de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

25
Avertissement des mages
Bien qu’ils aient promis à Hérode de lui révéler l’endroit où se trouvait l’enfant pour que lui aussi, puisse lui rendre hommage, les mages sont avertis en songe des mauvaises intentions du roi, et ils regagnent immédiatement leur pays d’origine.
26
Noms des mages
C’est l’auteur Origène (185-224) qui les définit comme trois ; leurs noms (Gaspar, Melchior et Balthasar) apparaissent pour la première fois dans un texte du IXe siècle (le Liber pontificalis de Ravenne).
27
Représentation des mages
À partir du XIVe siècle, les mages sont souvent assimilés aux trois âges de la vie ou bien de trois continents différents : Asie, Afrique, Europe, dont leur représentation.
28
Représentation de Gentile da Fabriano
Dans l’œuvre de Gentile da Fabriano, commandée par Palla Strozzi vers 1420 pour la nouvelle chapelle de famille dans l’église de Santa Trinita ; on assiste à une représentation plutôt traditionnelle qui fragmente les événements liés à la visite des Mages en plusieurs étapes.
29
Représentation de Mantegna
Dans l’œuvre de Mantegna, les trois rois rendent hommage à l’Enfant Jésus, qui leur fait signe de bénédiction.
30
Circoncision de Jésus
Selon l’évangile de Luc, l’enfant, huit jours après sa naissance a été porté au Temple pour être circoncis et recevoir le nom de Jésus.
31
La circoncision
Selon l’évangile de Luc, l’enfant, huit jours après sa naissance a été porté au Temple pour être circoncis et recevoir le nom de Jésus. Pour les Juifs la circoncision est un signe de l’alliance de Dieu et des hommes (chapitre 19, verset 10 à 14). Jésus, enfant juif, est donc circoncis à six/huit jours, et c’est à ce moment-là que l’enfant reçoit son nom. Pour l’iconographie chrétienne, le moment est important : les Jésuites vont se l’approprier et en faire une fête pour la congrégation. Par ailleurs, pour la tradition chrétienne, il y a bien sûr aussi un sens symbolique fort puisque c’est la première fois que le sang du Christ est versé, faisant référence de façon symbolique à sa mort. Le nombre de personnages peut varier, mais à l’origine quatre sont principalement représentés : Jésus, Marie, Joseph et le grand Prêtre juif officiant (→ Luca della Robbia le jeune, La circoncision, XVIe siècle, Limoges, musée national Adrien Dubouché). La scène prend place sur un autel qui peut prendre différentes formes et va rappeler le sacrifice du Christ. Selon la tradition, cette circoncision a normalement lieu sur un banc (dit banc de circoncision) sur lequel étaient assis le prêtre et l’enfant sur ses genoux afin d’opérer la circoncision (→ Michael Pacher, La Circoncision du Christ [panneau du retable de l’autel de saint Wolfgang], 1479-1481, église Saint Wolfgang). Apparu au XIe siècle, l’iconographie à proprement parler se développe assez tardivement, entre le XIIe et le XIIIe siècle. Dans un premier temps l’accès est mis sur la docilité du Christ. À partir de la Renaissance, c’est l’émotion qui va gagner la scène en mettant l’accent sur l’émotion et sur le geste chirurgical en lui-même, une interprétation très humaine donc.
32
La présentation au Temple
Épisode : Deux semaines après sa naissance, Jésus est amené au Temple. Selon la tradition, une fois la circoncision accomplie, les parents devaient présenter leur enfant au temple et sacrifier deux tourterelles pour la vie de leur enfant. (→ Hans Memling, La Présentation de Jésus au Temple, 1463, Washington, National Gallery : on peut apercevoir deux tourterelles enfermées dans une curieuse cage d’osier en forme de cruche). La scène de la Présentation est aussi intéressante puisque c’est à cette occasion que Jésus est reconnu pour la première fois comme le messie par le prêtre Siméon. L’épisode est donc majeur. C’est également lors de cet épisode que Siméon explique à Marie qu’elle va connaître un grand malheur. Un autre personnage entre en scène : la prophétesse Anne qui va ensuite aller annoncer en dehors du temple la nouvelle du Messie (→ Rembrandt, La Présentation de Jésus au Temple, vers 1628, Hambourg, Kunsthalle). La présentation au Temple prend donc la forme de la Vierge avec son enfant, celui-ci étant souvent couvert d’un linge rappelant le linceul tout en étant signe de dévotion. Siméon est toujours figuré comme un vieillard (conformément à son grand âge).
33
La fuite en Égypte et le repos pendant la fuite en Égypte
Épisode : Le roi Hérode ayant appris la naissance à Bethléem du « roi des Juifs », ordonne la mise à mort de tous les enfants de la ville de moins de deux ans. Joseph est averti en songe par un ange qu’il doit fuir en Égypte avec l’enfant et sa mère pour échapper au massacre. La fuite en Égypte est représentée de deux manières différentes : o Il y a celle qui représente l’action elle-même, soit la fuite de la Vierge, de l’Enfant et de Joseph, et qui représente une famille sur la route, fuyant à dos d’âne. Marie est à dos d’âne avec son enfant, tandis que Joseph guide l’animal (→ Vittore Carpaccio, Fuite en Égypte, v. 1515, Washington, National Gallery of Art). o Le second type de représentation est le repos lors de la fuite en Égypte, un type de scène qui apparaît beaucoup plus tard : elle représente la halte que fait la Sainte Famille durant son voyage. Parfois, la Sainte Famille est au complet, mais ce n’est pas toujours le cas (il n’est pas rare de voir des personnages enrichir la scène comme saint Jean-Baptiste et sa mère sainte Élisabeth, cousine de la Vierge). On va surtout insister sur la maternité de la Vierge et son aspect humain (→ Orazio Gentileschi, Le repos pendant la fuite en Égypte, 1625/1650, huile sur toile, Louvre-Lens). Joseph peut être représenté en train de se reposer, de s’appuyer sur un rocher. La scène de la fuite (mais c’est également le cas pour la représentation du Repos) prête à la représentation de paysages : la Sainte Famille est adossée à un paysage souvent fantasmé, occasion pour l’artiste de faire la démonstration de sa prouesse. La scène est particulièrement représentée au XVIIe siècle. Selon les sources apocryphes, un dattier aurait offert ses branchages pour ombre et ses fruits comme subsistance, de même que le bœuf (celui de la Nativité) aurait suivi la Sainte Famille dans sa fuite. C’est ce que l’on voit dans l’œuvre de Fernando Llanos : Joseph est représenté en homme dans la force de l’âge et non en vieillard ce qui est rare ; Jésus donne une branche de dattier aux anges en témoignage de gratitude de la Sainte Famille envers Dieu.
34
Le massacre des Innocents
Épisode : La famille est prévenue par un ange qu’elle doit fuir, car, avec la présentation au Temple, l’Enfant Jésus a commencé à revêtir une aura particulière. Avec cette reconnaissance naissante, Jésus devient une menace pour le roi Hérode : une prophétie prévoyait que le roi serait défait par cet enfant qui vient de naître. Hérode va finalement se rendre compte que les Mages l’ont dupé et l’ont détourné de l’Enfant, permettant à la Sainte Famille de fuir. Il décide donc de faire mourir l’ensemble des enfants de moins de deux ans de Bethléem, donnant naissance à une iconographie très prolifique, celle du massacre des saints Innocents (seulement évoquée par Matthieu cependant). Ce thème apparaît assez tôt, au Ve siècle, à Sainte-Marie-Majeur à Rome. Par la suite, il sera représenté avec celui de la Sainte Famille, les deux épisodes étant concomitants. En avançant dans les siècles la scène va se faire de plus en plus violente, insistant sur le massacre, ce qui fait échos aux textes apocryphes qui décrivent des enfants « taillés en pièces » (→ Domenico Ghirlandaio, Massacre des Innocents, Florence, Santa Maria Novella).
35
L’enfance de Jésus : Jésus et les docteurs
Il y a toutes sortes de scènes représentant l’Enfant Jésus, mais qui ne s’appuient pas sur des épisodes précis. Il y a cependant un épisode particulier, appelé « Jésus et les docteurs » qui représente Jésus comme un être à part, comme un enfant exceptionnel. La scène du Christ parmi les docteurs est l’une des rares à la Renaissance à offrir aux spectatrices et aux spectateurs une image de ce que fut l’enfance de Jésus (en dehors de la toute petite enfance et donc les scènes de Nativité ou encore toute scène non narrative type Madone/Vierge à l’Enfant). Elle oppose un Christ, âgé de douze ans, aux docteurs de la Loi dans une dispute qui doit révéler les qualités intellectuelles du jeune homme et sa supériorité vis-à-vis de ses adversaires. Épisode : Selon la tradition hébraïque, les juifs pieux doivent se rendre chaque année en pèlerinage au temple de Jérusalem pour la fête de Pâques. La participation des parents de Jésus à cette fête montre à quel point ils observent et respectent la loi et la croyance juive. La Sainte Famille donc fait le voyage avec sa parenté large, en caravanes. Soudain Marie se rend compte que Jésus n’est plus parmi eux et n’est plus dans le convoi : les caravanes retournent à Jérusalem. C’est un moment d’inquiétude et de peur pour la famille de Jésus qui ne sait pas où il se trouve. Les parents vont alors retrouver leur fils au milieu des docteurs, soit les théologiens, du Temple avec qui il tient une discussion doctrinale : il serait même en train d’enseigner aux docteurs. Cet épisode signe l’intelligence hors du commun de l’Enfant qui rivalise et même surpasse les plus grands intellectuels religieux de l’époque. Par ailleurs, le texte rapporte un échange entre Jésus et ses parents, rapportant notamment une parole rare de Marie, des mots de mère inquiète, à son fils. Jésus agacé répond de manière énigmatique pour ses parents en disant « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne savez-vous pas que je me dois aux affaires de mon père ? ». Ces paroles font référence à Dieu le Père. C’est donc un moment où Jésus, enfant, va lui-même faire un lien avec la première personne de la Trinité, le Père, Dieu lui-même. Le passage est de fait loin d’être anecdotique, car il prend toute sa place dans le processus de la Révélation. Ce fait explique que la scène fut largement représentée du Moyen Âge au XVIIe siècle. Les personnages représentés : La scène est souvent représentée avec l’Enfant, parmi les docteurs qui l’écoutent avec attention, tandis que Marie et Joseph attendent que Jésus ait fini sa leçon : il a souvent la main levée, en geste d’autorité, selon l’iconographie de l’enseignement (→ exemple de Giotto ou Fra Angelico). Chez des artistes comme Matthias Stomer ou Albrecht Dürer, le cadrage est resserré sur Jésus entouré par les docteurs, un type de cadrage qu’on retrouve plus fréquemment dans les productions réalisées en Allemagne et en Italie du Nord. L’accent est mis sur le contraste entre l’attitude véhémente et hargneuse des docteurs et le calme simple et autoritaire de l’Enfant, souligné par le geste d’autorité du Christ. La dispute entre Jésus et ses parents n’apparaît que dans un seul évangile apocryphe, l’Histoire de l’enfance de Jésus, texte grec datant au moins du IIIe siècle, et est seulement représenté chez Simone Martini, où Jésus est représenté fâché contre ses parents de ne pas avoir pu terminer son exposé. Cette œuvre est donc un unicum, c’est-à-dire qu’elle est la seule à représenter cet épisode de cette manière.
36
seul évangile apocryphe
l’Histoire de l’enfance de Jésus, texte grec datant au moins du IIIe siècle, et est seulement représenté chez Simone Martini, où Jésus est représenté fâché contre ses parents de ne pas avoir pu terminer son exposé. Cette œuvre est donc un unicum, c’est-à-dire qu’elle est la seule à représenter cet épisode de cette manière.
37
La vie publique du Christ
ne s’étend que sur trois ans, autour de ses trente ans.
38
Jean-Baptiste
dont la vie est relatée dans l’Évangile de Luc. Comme Marie et d’autres personnalités de la Bible (par ex. Isaac), il est issu d’un couple âgé et considéré comme stérile puisqu’il est le fils d’Élisabeth et de Zacharie. Jean-Baptiste vit en ermite dans le désert, en tant que prophète qui annonce la venue du Messie, du Christ, dont il est le cousin. Il a une iconographie qui lui est propre, notamment les représentations de saint Jean-Baptiste dans le désert, mais il apparaît aussi dans l’iconographie du Christ, comme pour l’épisode du baptême du Christ.
39
Le baptême
est un événement fondateur, d’une grande portée symbolique puisqu’il deviendra le premier sacrement du fidèle entrant dans l’Église.
40
Épisode du baptême
Revenant de Galilée, Jésus atteint les bords du Jourdain et il y trouve Jean Baptiste effectuant des rites de purification des péchés et en train de baptiser le peuple des futurs chrétiens. Jean (surnommé le Baptiste parce qu’il effectue des baptêmes) a une certaine renommée déjà, et a fédéré autour de lui une certaine adhésion, de telle sorte que de nombreux personnages viennent à lui, car désirant participer au rite. Jésus lui demande aussi de le baptiser, mais Jean, reconnaissant en lui le Messie, s’y refuse. Jésus prétend toutefois que cet acte, indispensable pour « accomplir toute justice », soit exécuté. Dieu se manifeste alors sous forme de voix et déclare : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, objet de ma prédilection ». Descends ensuite sur lui le Saint-Esprit sous forme d’une colombe.
41
La tentation au désert
Après son baptême, le Christ va vivre un moment particulier de sa vie : il va aller au désert et va y subir la tentation (par trois fois). C’est le premier combat direct entre Jésus et Satan, qu’il va affronter directement par trois fois. Le désert est un lieu symbolique, très important dans la Bible (le peuple hébreu a été exilé pendant 40 ans). Il y a plusieurs moments dans cet épisode : tout d’abord le long jeûne solitaire de Jésus au désert, en la seule compagnie des animaux (→ Moretto de Brescia), puis il y a les trois tentations proposées par le démon.
42
Les noces de Cana
constituent le premier miracle de la vie du Christ, uniquement mentionné chez Jean (chapitre II, verset I à XII) pour un épisode du début de sa vie publique où Jésus est alors encore inconnu. En effet, la Vierge et son fils (ainsi que certains disciples) sont conviés à un banquet de Noces à Cana. Le vin vient à manquer la Vierge le signifie à son fils qui lui répond sèchement : « Que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore arrivée ». La Vierge appelle les serviteurs et les invite à faire tout ce que leur dira Jésus. Celui-ci fait remplir d’eau six grandes jarres de pierre, puis il demande au maître de cérémonie ordonnateur du repas d’en goûter le contenu. L’eau avait été changée en vin. Le maître de cérémonie est surpris par la qualité du vin, expliquant que le meilleur vin était normalement servi en début de soirée, alors qu’ici, alors que la soirée touchait à sa fin, le meilleur vin allait être servi. Il signifie par cela la grande qualité du vin.
43
La pêche miraculeuse
Dans le Nouveau Testament, il y a deux pêches miraculeuses : une effectuée avant et une autre effectuée après la Résurrection. La première est relatée par Luc, et cet événement est à l’origine de la vocation des apôtres Pierre, Jacques et Jean qui, abandonnant leurs filets de pêche, décident de suivre le Christ pour devenir « pêcheurs d’hommes » : le Christ est monté dans l’une des barques des pêcheurs, revenus sans poisson après une nuit de pêche. Il demande à Pierre de jeter son filet dans l’eau, après quoi lui et ses compagnons font une prise miraculeuse. Pierre fait alors preuve d’humilité et s’agenouille devant le Christ pour reconnaître sa divinité et confesser ses propres péchés. Il devient alors avec ses compagnons des apôtres de Jésus, en charge de faire connaître la parole de Jésus.
44
Guérisons physiques
Parmi les miracles, il y a également les guérisons physiques comme la guérison du paralytique et celle de l’aveugle.
45
aveugle
Parmi les miracles, il y a également les guérisons physiques comme la guérison du paralytique et celle de l’aveugle. Épisode : Le premier miracle est évoqué dans les quatre Évangiles, mais trois Évangiles synoptiques placent l’événement dans la maison de Capharnaüm. Il y rencontre le paralytique et lui dit « Lève-toi et marche ». Souvent le paralytique portera son lit – un grabat – sur son dos afin de signifier sa guérison (→ Jan van Hemessen, Le paralytique guéri avec son grabat, vers 1555, Washington, National Gallery). 🡺 Il y a également un autre épisode qui relate une histoire similaire à la différence du lieu où cela se déroule. Ainsi, selon saint Jean, une même scène a eu lieu à la piscine de Bethesda à Jérusalem : l’eau de cette piscine guérirait le premier qui s’y plonge quand l’eau est agitée par le vent. Le paralytique explique qu’il ne trouve personne pour le plonger dans l’eau et demande à Jésus de l’y amener (→ Bartolomé Esteban Murillo, La piscine probatique, 1671-1673, Londres, National Gallery). Jésus lui dit de se lever et de marcher. Là aussi, le paralytique guéri, prends son grabat et marche. Mais ce miracle-là a lieu un jour particulier : le sabbat, jour de fête sacrée hebdomadaire. Par esprit de provocation apparente, le Christ guérit justement ce jour-là, mettant contre lui l’autorité juive qui voit cet acte et son affirmation qu’il est le fils de Dieu comme des blasphèmes. d. La guérison de l’aveugle Les Évangiles vont relater par deux fois un aveugle guéri par le Christ. De nombreux détails donnent une importance majeure à cette représentation : dès le deuxième siècle, des Pères de l’Église très importants voient un lien entre cet épisode et la Résurrection. Les miracles du Christ sont en effet toujours à interpréter en lien avec un miracle plus large et une guérison plus profonde. Ce que cet épisode résume, c’est que le fils de Dieu donne à voir la réalité telle qu’elle est et non pas telle qu’on croit la voir. La représentation avait pour but de rappeler que le péché obscurcit l’âme humaine telle qu’elle est, c’est-à-dire bonne et source de joie. La posture du Christ est souvent la même : il tend sa main ou appuie son doigt sur l’œil d’un des aveugles.
46
La résurrection de Lazare
De tous les miracles de la Résurrection relatés dans les Évangiles, celle de Lazare est majeure et a grandement marqué les premiers temps de l’Église, d’une part parce que le récit biblique ajoute beaucoup de précisions à ce miracle et il a donc suscité dès ses origines une adhésion. Cette résurrection corporelle se passe quatre jours après le décès de Lazare. Saint Amboise notamment, comme d’autres Pères, y a vu une préfiguration de la Passion et de ce que le Christ promettait à chaque croyant : une continuité possible et consolante à la vie terrestre. Ces faits expliquent la grande représentation du mythe. Épisode : l’épisode relate la mort d’un proche de Jésus, Lazare. Jésus avait appris quelques jours plus tôt que l’état de santé de son ami s’était aggravé et il s’était mis en route pour le retrouver chez lui à Béthanie. Cependant, lorsque Jésus arrive, Lazare est déjà mort et enseveli depuis quatre jours. Selon le récit de l’apôtre Jean, Jésus pleura. Cette tendresse humaine de Jésus à la perte de son ami a interrogé les théologiens : les pleurs sont-ils ceux de sa part humaine ou divine ? La mort est triste et douloureuse : ce petit fait a donc une importance réelle, témoignant aux yeux des chrétiens de l’incarnation du réel fils de Dieu partageant l’Humain dans son entièreté, et notamment la tristesse. La suite de l’épisode relate que Jésus demanda à être amené au caveau de Lazare, où il fait enlever la pierre qui referme le tombeau. Après avoir prié Dieu, il enjoint Lazare de sortir et celui-ci sort encore enveloppé de son suaire. À partir de ce moment là, Lazare est le témoin le plus gênant des pouvoirs de Jésus et, dès lors, les grands prêtres envisageront de le faire tuer à plusieurs reprises. Les mises en images de cet épisode montrent le Christ effectuant un geste bénissant et intimant l’ordre à Lazare de sortir. Il y a de nombreux personnages autour de lui, des proches de Lazare essentiellement, comme Marie et Marthe, les sœurs de Lazare. Marie est généralement représentée agenouillée (devant Jésus ou le miracle en train de se produire) et Marthe plutôt représentée dans une posture dynamique et debout (→ dans l’œuvre de del Piombo, Marie porte une robe jaune, et Marthe est la femme en bleu avec le manteau rouge). Cet épisode est également ponctué de détails plus réalistes puisque certaines figures se bouchent le nez, suffoquent, pour attester que les signes de la mort de Lazare sont bels est besoin présent.
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Les images de la Révélation
a. Jésus et la Samaritaine Cet épisode relate la rencontre de Jésus avec une femme, appelée la Samaritaine. La diffusion du thème va être très importante, telle que la Samaritaine est dans l’iconographie le personnage de femme le plus représenté des Évangiles, après la Vierge et Marie-Madeleine, qui chacune, bénéficient d’une iconographie qui leur sont propre. Jésus et la Samaritaine est pourtant un passage uniquement relaté par Jean et dont ne font pas mention les autres évangélistes. Épisode : l’épisode relate que Jésus et les apôtres sont en Galilée et traversent la région aride de Samarie : il s’agit alors d’aller de puits en puits pour étancher leur soif et faire des haltes. Le groupe s’arrête au puits de Jacob. Fatigué, le Christ s’arrête, ses compagnons vont chercher de quoi se nourrir. Arrive alors une femme de cette contrée, une Samaritaine, qui vient chercher de l’eau : Jésus l’apostrophe et lui demande de lui donner à boire. Celle-ci s’étonne, car elle est samaritaine et Jésus juif : c’est-à-dire que le Christ enfreint à ce moment-là deux interdits. D’abord, il parle avec une femme alors qu’il est seul avec elle, en plus elle est Samaritaine, et le peuple de Samarie était en très mauvais termes avec le peuple juif, les seconds considérant les premiers comme un peuple impur (raisons théologiques anciennes). Or, Jésus passe son temps, dans les Évangiles, à braver les interdits de la loi juive (on l’a vu, par exemple, lors de l’épisode du Paralytique, qu’il guérit le jour du sabbat) et Jésus n’a de cesse de se rapprocher des figures qui sont alors au ban de la société (comme les femmes, les prostitués, les adultères, etc., nous le verrons juste après). Il rappelle ainsi que son message s’adresse à tous sans distinction de sexe, de race, de pratique. La femme évoque l’arrivée du Messie et Jésus lui répond « Je le suis moi qui te parle » : il s’agit ici de la seule occurrence où Jésus se désigne lui-même comme le Messie. C’est donc une scène extrêmement importante du point de vue de la Révélation, et qui fut souvent reprise pour éduquer les catéchumènes (c’est-à-dire, ceux se préparant au baptême). Par la suite, la femme reconnaît en lui le prophète. Certains peintres préfèrent mettre en relief la première partie du dialogue, où Jésus, assoiffé est assis près du puits et la Samaritaine est avec une cruche (→ Juan de Flandes et Pierre Mignard). D’autres compositions, mettent plutôt l’accent sur l’échange final quand la femme cède à l’éloquence du Christ et s’incline devant lui, tandis que les apôtres reviennent avec des provisions (→ Annibal Carrache). Dans la toile d’Annibal Carrache, on voit les apôtres revenir du village de Sychar avec des provisions qu’ils sont allés acheter. Jésus, quant à lui, fait un double geste : de la main droite sur la poitrine, il se désigne lui-même comme le Messie et, de la main gauche, il indique le village de Sychar pour inviter la samaritaine à répandre la nouvelle de leur rencontre. Du reste, la rencontre a lieu à l’heure de midi, heure la plus chaude de la journée durant laquelle, traditionnellement, on ne va pas au puits (on lui préfère le matin ou le début de soirée) : elle est ici symbolique, car elle est l’heure du zénith, l’heure où le soleil donne le maximum de lumière et donc par essence l’heure de la Révélation.
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La multiplication des pains
L’épisode de la multiplication des pains et des poissons est à lier avec la Samaritaine. Il s’agit là encore d’un miracle qui ne fait pas partie de celui des guérisons, mais de la multiplication des nourritures lors des repas bibliques (comme les noces de Cana). L’épisode est relaté par les quatre évangélistes qui nourrissent leur récit de nombreux détails. Épisode : À une époque où la popularité du Christ est grandissante et où les disciples sont de plus en plus nombreux, le ravitaillement devient complexe. L’épisode a lieu immédiatement après la mort de Jean-Baptiste, qui a été décapité à la demande d’Hérode. Jésus et ses disciples, menacés et craignant un sort similaire, se cachent. Seulement les foules les suivent : le Christ en a pitié, guéri les infirmes. Le groupe n’a que cinq pains et deux poissons : Jésus les prit, leva les yeux au ciel, bénit, puis rompant les pains, les donna aux disciples qui les donnèrent aux foules, et donnant assez de nourriture pour près de 5000 hommes, hors femmes et enfants. L’interprétation symbolique a une grande portée, car elle rappelle la dernière Cène, pains et poissons évoquant la nourriture symbolique, de même que l’eau du puits de la Samaritaine faisait référence à la soif spirituelle de tous les hommes, celle d’une quête de sens par rapport à l’existence, la souffrance, la mort. Cette scène signifie donc que Dieu fournit une nourriture qui ne s’épuise jamais et les Pères de l’Église ont rapidement établi un double parallèle avec l’Eucharistie et avec l’Ancien Testament, lorsque Moïse interpelle Dieu dans le désert afin de faire tomber la manne céleste du ciel pour les Hébreux alors affamés, afin qu’ils ne meurent pas. Cet épisode est en plus directement suivi d’un prêche dans la synagogue de Capharnaüm où Jésus se définit comme le pain descendant du ciel : encore une fois, on évoque un pain spirituel (le Christ) par des paroles choquantes pour les contemporains du Christ, puisqu’il s’agit pour le Christ de dire qu’il est un Dieu se faisant nourriture au sens propre du terme. Chez Pedro Orrente, le Christ est à gauche, au côté de corbeilles de pains d’orge et il fait le geste de bénédiction par lequel il accomplit le miracle. On voit la foule de fidèles qui a accouru pour écouter sa prédication, une foule si nombreuse qu’elle se perd dans le lointain. Les corbeilles de pains (NDLR. Les corbeilles de poissons sont rarement représentées, et ce sont généralement les corbeilles de pains que l’on retrouve dans les œuvres) passent parmi la foule et il est dit dans les textes, qu’à la fin, il en resta encore douze paniers pleins (soulignant l’abondance de la nourriture prodiguée). Au premier plan, devant Jésus, se trouve un enfant : il est ici une figure d’innocence, et de pureté.
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Repas chez Simon le pharisien
Cet épisode est relaté par Mathieu, Marc et Jean : la scène se déroule à Béthanie, dans la maison de Marie, Marthe et Lazare. Marie prend du parfum très couteux et brise le vase d’albâtre qui le contenait. S’élèvent alors des discussions sur l’argent gaspillé, et qui aurait pu être distribué aux pauvres. Ces objections venaient essentiellement de Judas Iscariote, qui trahira par la suite Jésus. Comme souvent, cet épisode a été confondu et fondu avec un autre épisode analogue où le Christ prend un repas chez Simon et où il est approché par une femme pécheresse, nommée Marie Madeleine. Dans cette version, Simon reproche à Jésus de se laisser approcher par une femme pécheresse. Les deux épisodes sont souvent confondus en une seule et même représentation. Marie-Madeleine est la figure clé de cet épisode et pour se repentir de sa maladresse et de ses péchés, va baigner les pieds de Jésus de ses larmes, les essuyer avec ses longs cheveux et les parfumer avec le parfum précieux. Elle est souvent représentée en position d’humilité et de repentance, un pot d’onguent/de parfum en face d’elle. Le vase d’albâtre est ainsi l’attribut de Marie Madeleine. Le Christ, quant à lui, est montré en train d’argumenter calmement avec Simon.
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Jésus et la femme adultère
Cet épisode est relaté par Jean : il écrit qu’une femme était menacée de lapidation par des scribes et des pharisiens, car elle avait été surprise en adultère. Trainant la femme jusqu’à Jésus, ils veulent mettre à l’épreuve la fidélité de Jésus à la loi judaïque en disant : « Moïse nous a prescrit dans la loi de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? ». Jésus, assis parmi ses disciples, ne répond pas et se met à écrire avec son doigt dans la poussière du sol. Jean ne dit pas ce que Jésus écrit sur le sol, mais rapporte les paroles qu’il adresse ensuite aux pharisiens : « que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre ! », puis il se remet à écrire sur le sol. Les pharisiens se mettent alors à partir progressivement, en laissant tomber leur pierre. Jésus dit alors à la pécheresse « moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. »
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La Transfiguration
Il y a ensuite un moment de la vie du Christ qui est une véritable théophanie (c’est-à-dire, une manifestation de Dieu) : la Transfiguration, relatée dans les trois Évangiles synoptiques ainsi que dans les Actes des Apôtres, qui sont le récit des premières communautés chrétiennes. Juste avant cet épisode, Jésus a annoncé à ses disciples sa mort prochaine. Épisode : Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et son frère Jean et les amène à l’écart, sur une haute montagne. Il commence à prier et son visage se met à changer. Il est alors transfiguré : son visage resplendit comme le soleil, ses vêtements deviennent éblouissants de blancheur. Apparaissent alors Moïse et Élie, figures de l’Ancient Testament, qui discutent avec Jésus. Une nuée lumineuse apparaît et de cette nuée, Dieu dit « Celui-ci est mon fils bien-aimé ». À cette voix, les disciples tombèrent, effrayés : Jésus leur dit « Relevez-vous et n’avez pas peur ». Le Christ leur intima de ne parler à personne de cette vision avant sa Résurrection.