L’iconographie du Christ
Il serait impossible d’analyser l’ensemble des représentations ou bien des histoires présentant la figure du Christ dans la peinture de la Renaissance. On va se concentrer principalement sur l’iconographie de quelques histoires de l’enfance, de la vie et de la Passion du Christ.
Les sources à privilégier
Les sources à privilégier sont donc les Évangiles, mais aussi les Évangiles apocryphes.
Textes apocryphes
Les textes apocryphes désignent tous les textes religieux qui étaient en dehors des quatre textes canoniques (c’est-à-dire, les Évangiles de Mathieu, Luc, Marc et Jean).
Ouvrages considérés comme apocryphes
On en arriva à considérer comme apocryphes des ouvrages suspects, dangereux et même formellement hérétiques, de sorte que le terme signifiait simplement « ce qui n’est pas totalement approuvé par l’Église romaine ».
Évangiles apocryphes
Les Évangiles apocryphes sont donc des ouvrages postérieurs à la rédaction des textes canoniques qui en développent les données, soit pour en souligner le merveilleux, soit pour les utiliser dans un dessein de propagande en faveur de tendances annexes de la chrétienté.
Protoévangile de Saint-Jacques
Les plus connus et utilisés comme sources sont le Protoévangile de Saint-Jacques (seconde moitié du IIe siècle) et l’Évangile du Pseudo-Matthieu (entre le ve et le VIIe siècle après Jésus-Christ) : ce sont tous les deux des évangiles de l’enfance du Christ.
Typologie des représentations du Christ
Il est généralement représenté comme un homme d’âge mûr, au visage allongé, avec une fine barbe, et une abondante chevelure châtain parfois rousse.
Naissance du Christ ou Nativité
Les sources : Luc est le seul parmi les évangélistes à fournir un récit complet de cet épisode, alors que Jacques de Voragine dans sa Légende dorée décrit les miracles qui auraient accompagné cet événement.
Personnages représentés dans la Nativité
L’enfant Jésus, souvent allongé dans une mangeoire ou bien par terre, recouvert par un pan qui préfigure parfois le linceul ou emmailloté ; la Vierge Marie occupe généralement une place privilégiée ; Saint Joseph dort ou est en position mélancolique ; l’âne et le bœuf qui soufflent pour réchauffer J.-C.
Scène de la Nativité
La scène se déroule dans une étable ou bien une grotte. Un chœur d’anges ou bien une grande lumière sont représentés pour signifier et témoigner du miracle. La scène de la Nativité se passe de nuit.
Dénombrement à Bethléem
Pour se conformer à l’édit de César Auguste, Joseph et Marie se rendent de Nazareth à Bethléem pour se faire inscrire sur les registres du recensement général romain.
Abri de fortune
À leur arrivée, Marie ressent les premières contractions, mais comme il n’y a pas de place pour eux à l’hôtellerie, elle doit se contenter d’un abri de fortune, dont la nature n’est pas précisée dans les textes.
Tradition iconographique de la Nativité
C’est pourquoi la tradition iconographique veut que la scène soit généralement placée dans une étable, avec des animaux comme le bœuf et l’âne qui figurent de manière permanente dans l’iconographie populaire.
La Nativité de Geertgen tot Sint Jans
C’est une scène de nuit, dans une étable, en présence d’animaux. Joseph est représenté à l’arrière-plan, à droite, et joue ici un rôle effacé, ce qui est assez caractéristique des représentations de la Nativité antérieures à la Contre réforme.
La Nativité de Federico Barocci
Joseph ouvre la porte de l’étable aux bergers et leur désigne l’Enfant nouveau-né. Conformément aux règles de la Contre-Réforme qui offre une plus grande place à la Vierge, celle-ci est représentée adorant l’Enfant.
L’adoration des bergers
Épisode : Marie vient de mettre au monde l’Enfant. Saint Luc rapporte qu’« Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs » (Lc 2, 8-9).
Annonce de la naissance du Messie
Dans la nuit même où Marie a accouché, un ange apparaît aux bergers, qui sont dans un premier temps effrayés.
Signe pour les bergers
L’ange leur annonce la bonne nouvelle de la naissance du Sauveur et, selon le texte, la « Gloire du Seigneur les enveloppe ». L’ange n’accompagne pas les bergers, mais leur dit qu’il y aura un signe : ils trouveront un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche.
Retour des bergers
Les bergers partent à Bethléem et découvrent Marie, Joseph et le nouveau-né, et propagent ensuite la nouvelle avant de retourner à leurs troupeaux.
Représentation de Ghirlandaio
Dans la version fournie par Ghirlandaio, on aperçoit sur le fond à gauche le moment de l’annonce de la naissance du Messie ; puis, au premier plan, les bergers rendant hommage à l’Enfant Jésus.
L’adoration des mages
Sources : l’évangile de Matthieu, enrichi par les évangiles apocryphes.
Prophétie de la naissance du Christ
Dans le premier évangile, il était mentionné que des mages, c’est-à-dire des sages, venus d’Orient, vont à Jérusalem et voient une étoile se lever dans le ciel.
Hérode et les mages
Le roi Hérode se renseigne auprès de son entourage et apprend qu’une prophétie annonce la naissance du Christ à Bethléem.
Dons des Mages
Ils vont se prosterner et lui rendre hommage en lui offrant de l’or, de l’encens et de la myrrhe.