Les vertus cardinales sont au nombre de quatre :
la prudence,
Un chef prudent n’est ni hésitant ni impulsif : il sait choisir l’action juste au bon moment.
la justice,Un chef juste inspire naturellement la confiance et la loyauté.
la force La force permet au chef d’être un point d’appui pour ses hommes dans l’adversité.
et la tempérance
La tempérance protège le chef de mauvaises décisions et rassure ses subordonnés.
Peux-tu me donner un exemple concret d’intervention où ton sang-froid a été mis à l’épreuve ?
Lors d’un mariage à Aulnay sous Bois, chef d’agrés VSAV, nous étions sonnés pour une personne blessée par arme blanche suite à une rixe avec les habitants des Gallions. La victimle avait été transportée par des amis à lui mais la tension était forte, plusieurs habitants souhaitaient se venger en saccageant le mariage en cours dans une salle. J’ai d’abord ordonné la mise à l’abri des invités du mariage dans leur salle avec la présence d’une patrouille de police. Nous avons ensuite été agressés par des coups de barres et gaz lacrymogene par un groupe d’une 10aine d’individus, j’ai gardé une communication claire et posé avec mes équipiers pour nous extraire et demander des moyens, ce qui a permis de nous éviter d’être blessés.
Quelle a été l’intervention la plus marquante de ta carrière et pourquoi ?
En SAV, une petite fillette de 8 ans, heureuse d’entendre rentrer son père du travail, l’observe par la fenêtre et se défenestre du 8e étage sous ses yeux et en présence de tout le quartier. Après un long moment de RCP, elle décède à l’hôpital.
Comment réagis-tu face à une erreur sur intervention ?
Je considère qu’une erreur opérationnelle doit toujours être analysée sans esprit de sanction immédiate. Sur le moment, je corrige pour garantir la sécurité et l’efficacité. Ensuite, à froid, je débriefe avec l’intéressé pour comprendre la cause et en faire un apprentissage collectif. Cela permet de renforcer la confiance et la compétence sans installer la peur de la faute. Je rearticule la Prepaops en fonction des erreurs constatées.
Quelle est ta méthode pour maintenir la cohésion d’équipe ?
La cohésion se construit au quotidien, dans les petits gestes. Je veille à être présent. J’encourage la parole libre, je valorise les réussites, et je prends le temps d’écouter chacun. Sur le plan opérationnel, je fais en sorte que tout le monde ait sa place, du plus jeune au plus ancien. Enfin, je reste attentif à l’ambiance de la garde, car une équipe soudée sur le plan humain est plus performante sur intervention.
Comment gères-tu un conflit entre deux personnels ?
je privilégie toujours la discussion individuelle d’abord, pour identifier les causes profondes du désaccord. Ensuite, je réunis les deux intéressés pour trouver un terrain d’entente, dans le respect du cadre hiérarchique. Je rappelle les valeurs du service et la nécessité de rester concentré sur la mission. Et s’il faut trancher, je le fais clairement, sans parti pris.
Comment fais-tu pour motiver une garde qui traverse une baisse de moral ?
D’abord, j’observe et j’écoute. Ensuite, je redonne du sens : rappeler pourquoi on sert, pourquoi la rigueur compte. Je propose des manœuvres valorisantes, des temps de cohésion, et je veille à reconnaître les efforts. Le moral passe souvent par la reconnaissance et la clarté du cadre.
Qu’attends-tu d’un bon chef de centre ?
J’attends de mon chef de centre qu’il soit un cadre de référence : clair dans ses attentes, juste dans ses décisions, et constant dans son comportement.
J’attends de lui qu’il me fasse confiance dans la gestion quotidienne, tout en fixant un cap précis. Pour ma part, je considère que mon rôle est de le soutenir, de relayer fidèlement ses directives et de lui faire remonter les informations avec loyauté et discernement.
Qu’as-tu appris au contact des jeunes cadres ?
Le fait de m’élever au contact de cadres très compétents, issus de parcours exigeants comme Saint-Cyr ou Polytechnique. Leur manière d’analyser, de raisonner et de structurer la décision m’a tiré vers le haut et m’a poussé à affiner ma propre réflexion. Cela m’a fait gagner en hauteur de vue et en maturité dans le commandement.
Comment fais-tu passer les valeurs de la Brigade dans ta pédagogie ?
les valeurs de la Brigade — discipline, exigence, solidarité, loyauté — ne se résument pas à un discours : elles se transmettent par l’exemple.
Dans ma pédagogie, je veille à être exemplaire dans le fond et la forme : ponctualité, rigueur du message, respect de la hiérarchie, et esprit d’équipe. J’explique toujours le “pourquoi” derrière les règles, pour que les jeunes cadres comprennent le sens du service et non la simple contrainte.
Enfin, je valorise la cohésion : à la Brigade, personne ne réussit seul. C’est cette culture du collectif que je m’efforce de transmettre à chaque séance de formation ou de manœuvre.
Quelle différence fais-tu entre former et commander ?
Former, c’est transmettre des savoirs et des méthodes ; commander, c’est conduire des hommes et des femmes dans l’action. La formation prépare au commandement, mais sur le terrain, il faut être capable de décider, parfois sans certitude. La pédagogie m’a appris à être plus clair et à mieux comprendre comment mes ordres sont perçus, ce qui me rend plus efficace comme chef.
Selon toi, quelles sont les priorités d’un sous-chef de centre ?
selon moi, les priorités d’un sous-chef de centre sont d’abord de soutenir le chef de centre et d’assurer la continuité du commandement en son absence. Il est le miroir du chef : il relaye fidèlement ses directives, remonte les informations avec loyauté et discernement, et prend des décisions cohérentes avec sa vision.
Le sous-chef est également le dernier rempart : il s’expose pour protéger le chef de centre, garantir le bon fonctionnement de la compagnie et préserver la cohésion des équipes.
Enfin, il joue un rôle central dans la gestion opérationnelle : il doit être un chef de service implacable, capable de guider, encadrer et coordonner l’ensemble des chefs de garde, tout en assurant la sécurité et l’efficacité des interventions et la montée en compétences de chacun.
Quelle différence fais-tu entre un chef de garde et un sous-chef de centre ?
Le chef de garde est centré sur l’action immédiate et la gestion du personnel en garde. Le sous-chef de centre a une vision plus large : il gère les plannings, la logistique, les infrastructures et prépare le service à moyen terme. Il doit savoir déléguer et accompagner les chefs de garde pour garantir un fonctionnement harmonieux du centre.
Comment comptes-tu accompagner ton chef de centre ?
un sous-chef doit être loyal, fiable et proactif. Je considère que mon rôle est d’épauler le chef de centre, de le relayer avec fidélité et de lui faire remonter les informations essentielles sans filtre. La confiance réciproque est la clé d’un binôme efficace.
Que ferais-tu si ton chef de centre et toi ne partagez pas la même vision ?
la première chose serait d’en parler directement avec lui, dans le respect du cadre hiérarchique.
J’exposerais mon point de vue de façon argumentée, mais toujours avec loyauté. Si, au terme de l’échange, la décision du chef de centre est maintenue, je l’appliquerai sans réserve et avec cohérence devant le personnel.
Pour moi, la loyauté n’exclut pas le dialogue, mais une fois la décision prise, il ne doit pas y avoir de double discours.
Pourquoi le 3ᵉ groupement ?
J’y retrouve des valeurs qui me parlent : exigence, engagement opérationnel fort, et esprit de cohésion.
Pourquoi veux-tu devenir sous-chef de centre ? Tes motivations ?
je souhaite devenir sous‑chef de centre car cette fonction correspond pleinement à ce que j’ai toujours recherché dans le commandement : être proche des hommes, présent sur le terrain, engagé en intervention et impliqué dans la gestion quotidienne des personnels.
J’aime ce contact direct et cette responsabilité concrète. Être sous‑chef me permettrait d’être un exemple visible chaque jour, d’inspirer et d’accompagner les personnels à fort potentiel, de préparer la relève de la BSPP, et de transmettre des valeurs morales et opérationnelles qui structurent notre action et notre engagement.
Pour moi, c’est un rôle qui combine l’opérationnel, le leadership et la pédagogie, et qui me permet de servir la Brigade de manière concrète et durable.
Où te vois-tu dans 6 à 10 ans ?
je souhaite d’abord réussir pleinement ma mission de sous-chef de centre. Ensuite, viser un commandement de CS, puis une fonction d’adjudant d’unité ou de major en compagnie d’incendie. Je veux construire une carrière fidèle, cohérente et utile à la Brigade.
Que représente pour toi le commandement à la BSPP ?
Le commandement à la Brigade repose sur trois piliers : l’exemplarité, la clarté et la loyauté. Un cadre doit être exigeant mais juste, proche de ses hommes sans se confondre avec eux. Pour moi, commander, c’est servir — c’est faire grandir les autres tout en garantissant la mission et la discipline.
Pourquoi devrions-nous te choisir, toi, et pas un autre ?
je n’ai pas la prétention d’être meilleur qu’un autre, mais j’ai la certitude d’être totalement disponible, stable et engagé pour ce poste.
J’ai grandi comme cadre dans des environnements exigeants et j’ai servi dans 4 groupements, ce qui m’a permis d’acquérir une vision élargie de la Brigade et de m’adapter à différents contextes. Mon passage à la FIO a renforcé ma pédagogie, ma capacité à former et à inspirer, tout en consolidant ma connaissance globale des 3 GIS grâce à la préparation de nombreux exercices.
Chef de garde éprouvé et spécialiste ELD, j’ai également accepté de sortir de ma zone de confort au GFIS, ce qui m’a permis de développer une aisance relationnelle avec les officiers, compétence que je poursuis actuellement en PC de compagnie. Mon poste d’adjoint ADU m’offre une vision globale de la compagnie et me permet de comprendre comment chaque action sert l’intérêt de l’unité entière.
Aujourd’hui, je suis prêt : prêt par l’expérience, prêt par la maturité, prêt par la stabilité personnelle. Si vous me choisissez, vous choisissez quelqu’un de fiable, engagé et capable de répondre présent partout où l’institution a besoin de lui, avec la capacité de commander, former et inspirer les personnels.
Cite-moi trois qualités et trois défauts.
3 qualités
1. Rigueur
« Ma carrière dans quatre groupements, mon expérience ELD et mon passage à la FIO m’ont appris que la rigueur n’est pas une option.
Que ce soit dans la préparation d’exercices, la conduite d’interventions complexes ou la gestion administrative en PC de compagnie, j’aime que les choses soient faites dans le respect des règles, des procédures et du cadre. Cette rigueur me permet d’être fiable et constant. »
« Je suis profondément attaché à la chaîne de commandement.
J’ai servi au G1, au G3, au GFIS, à la FIO, aujourd’hui en PC de compagnie : à chaque fois, j’ai montré que je savais être loyal à la mission, au chef et à l’institution. »
« J’ai toujours été présent lorsque l’institution avait besoin : changement de groupement, passage au GFIS, engagement en FIO, ELD…
Je suis disponible pour le service, mais aussi pour mes personnels : écouter, recadrer, accompagner, valoriser.
C’est une forme d’altruisme opérationnel : être là, sans calcul, pour rendre la mission possible. »
C’est être capable de mettre la mission avant ses intérêts personnels. (J’ai mis en pause ma préparation physique perso de compétiteur pour la FIO. Priroriser la réussite de la formation plutôt que la réussite de mes objectifs sportifs.)
3 défauts (assumés et transformés)
1. Exigeant
« Je suis exigeant, parfois trop, avec les autres mais surtout avec moi-même.
Avec l’expérience, j’ai appris à ajuster cette exigence : mettre la barre haut pour la sécurité et la qualité, mais savoir adapter le niveau attendu en fonction des profils.
L’objectif n’est plus la performance brute, mais l’élévation progressive. »
« Quand les choses traînent ou que l’efficacité n’est pas au rendez-vous, j’ai le réflexe naturel d’accélérer.
Aujourd’hui, je transforme cette impatience en moteur pédagogique : plutôt que de brusquer, j’accompagne et j’explique.
Cela me permet d’obtenir de meilleurs résultats. »
« J’ai tendance à vouloir tout contrôler, car j’aime le travail bien fait.
Mais mes fonctions en PC de compagnie et en FIO m’ont appris à faire davantage confiance, à responsabiliser les adjoints et à créer une dynamique d’équipe.
Je progresse volontairement sur ce point, car un sous-chef doit savoir déléguer pour faire grandir.
Et si tu devais sortir de la CIE INC ?
j’ai déjà eu l’opportunité de servir en dehors de la compagnie d’incendie, notamment au peloton FIO, et j’ai beaucoup apprécié cette expérience.
Elle m’a montré qu’on peut s’épanouir pleinement dès lors qu’on sert la Brigade, quelle que soit la fonction. L’état-major offre une autre vision du commandement et du fonctionnement de l’institution, tout aussi enrichissante.
Ce qui m’importe avant tout, c’est d’être utile et d’apprendre. Tant que je sers la Brigade et que je contribue à sa mission, je me sens à ma place.
Ton usage des RZO sociaux ? Problématique.
je suis actif sur les réseaux sociaux, essentiellement pour partager des séances de sport et des contenus qui valorisent l’engagement.
Je suis très attentif à deux principes : la discrétion et le devoir de réserve. Je ne communique jamais sur l’opérationnel, jamais sur l’interne, jamais sur les difficultés d’un centre ou d’un chef. Mon contenu reste strictement personnel et neutre.
Je suis également conscient des dérives possibles : l’exposition excessive, la mise en avant maladroite de l’uniforme, ou des messages qui peuvent ternir l’image de la Brigade. Ces comportements existent et fragilisent l’institution, surtout quand ils confondent visibilité personnelle et communication officielle.
À mon niveau, j’assume une pratique responsable : je contrôle ce que je publie, je refuse toute forme de mise en scène et je respecte scrupuleusement le cadre BSPP.
L’enjeu est simple : montrer l’exemple.
Enfin, je suis convaincu que les réseaux peuvent être un atout si on les utilise correctement : ils donnent envie, ils permettent de rayonner, d’attirer des jeunes vers nos métiers, et ils complètent les classes défense ou les forums métiers.
Bien utilisés, ils sont un outil de recrutement ; mal utilisés, ils deviennent un risque d’image.
Mon rôle, en tant que futur cadre, c’est justement de tenir la ligne : être visible sans être intrusif, montrer sans se montrer, et rester totalement aligné avec l’éthique et la réserve qui font la force de la Brigade.
Il semblerait que tu coaches en dehors de la BSPP ?
c’est exact, je pratique et encadre la préparation physique en dehors du service, mais toujours dans un esprit de partage et de bienveillance.
Je ne fais pas cela à des fins lucratives : c’est quelque chose qui m’anime profondément depuis longtemps. J’aime transmettre, motiver, et aider les autres à progresser — que ce soit des camarades de la Brigade ou des personnes extérieures.
Cette activité s’inscrit dans la continuité de mes valeurs de pompier et de cadre : exigence, dépassement de soi, et solidarité. Elle ne vient jamais interférer avec mes missions.