Quels sont les objectifs de la peine?
Anciens: Dissuasion, dénonciation, rétribution, réhabilitation et neutralisation
Nouveaux: réparation et conscientisation du contrevenant.
Article 718 (comprendre)
718 Le prononcé des peines a pour objectif essentiel de contribuer, parallèlement à d’autres initiatives de prévention du crime, au respect de la loi et au maintien d’une société juste, paisible et sûre par l’infliction de sanctions justes visant un ou plusieurs des objectifs suivants :
a) dénoncer le cpmnt illégal
b) dissuader les délinquants, et quiconque, de commettre des infractions
c) isoler, au besoin, les délinquants du reste de la société (neutralisation)
d) favoriser la réinsertion sociale des délinquants (réhabilitation)
e) assurer la réparation des torts causés aux victimes ou à la collectivité
f) susciter la conscience de leurs responsabilités chez les délinquants, notamment par la reconnaissance du tort qu’ils ont causé aux victimes et à la collectivité
Article 718.1 (comprendre)
La peine est proportionnelle à la gravité de l’infraction et au degré de responsabilité du délinquant
Quels sont les deux courants philosophiques qui s’opposent?
Rétributivisme :punir tous les contrevenants = devoir de l’autorité, peu importe les conséquences- la rétribution est souvent illustrée par l’adage «œil pour œil, dent pour dent»
Utilitarisme: présuppose que l’imposition des peines doit entraîner des bénéfices pour la société
Définition du rétributivisme
Définition de l’utilitarisme
Que disent les penseurs du rétributivisme?
Que disent les penseurs de l’utilitarisme?
La réconciliation du juste et de l’utile : la théorie plurifonctionnelle
• une peine juste peut être utile et une peine utile peut être juste
- on essaie de faire cesser la dichotomie entre le juste et l’utile, on veut que les 2 coexistent
• théorie du rétributivisme limité
- développée par Norval Morris et reprise par Richard Frase
- la rétribution sert à établir les balises d’une peine juste
- les fonctions utilitaristes servent à fixer la peine dans l’intervalle établi par la rétribution
• position du législateur canadien et l’approche canadienne
- cette approche essaie de faire coexister l’utilité et la proportionnalité
- l’approche canadienne consiste en fait en la réconciliation entre les 2 philosophies pénales ainsi qu’avec l’amalgame des différents objectifs de la peine (double réconciliation)
- alors qu’on essaie de réconcilier le rétributivisme et l’utilitarisme, on essaie aussi de les faire coexister avec les différents objectifs de la peine afin que ceux-ci ne soient pas uniquement considérés indépendamment les uns des autres
Objectif de la peine
identification d’une cible pour les peines, promesse/souhait formulé à l’égard des peines, réponse familière et rassurante à des questions éthiques difficiles
Objectifs de la peine contribuent à donner un sens socialement acceptable aux pratiques punitives déployées en réaction aux infractions criminelles
À partir de la fin du XIXe siècle, la réaffirmation des valeurs fondamentales de la société ou de la fonction socio-pédagogique commence à être discutée
R. c. Willaert = décision représentative des préoccupations en matière de détermination de la peine des années 1950 (décision intéressante, car met en évidence l’importance d’amalgamer différents objectifs de la peine)
En 1996, le législateur a enchâssé dans le CC du Canada un amalgame de plusieurs objectifs (principalement la rétribution, la dissuasion, la neutralisation et la réhabilitation)
• aucun objectif n’a préséance sur les autres
• cet amalgame est considéré comme étant l’approche canadienne en matière d’objectifs de la peine
Le législateur a + tard, et marginalement, ajouté des nouveautés aux objectifs de la peine : la réparation du tort causé & la conscientisation des délinquants quant à leurs responsabilités
La rétribution n’apparaît pas comme un objectif de la peine dans le CC, mais on trouve l’idée de «sanctions justes» : la peine doit correspondre à la gravité du crime et à la responsabilité de l’infracteur
Conclusion
La structure contemporaine des objectifs de la peine intègre un amalgame entre différents objectifs et principes : l’article 718 du CC en constitue la matérialisation
• l’accent qu’on met sur les différents objectifs a varié selon les périodes, mais l’idée de châtiment mérité reste toujours depuis les années 1950
• les objectifs + récents que sont la réparation des torts causés à la victime et à la collectivité & la conscientisation du contrevenant se sont progressivement implantés à partir des années 1970
• la place laissée aux objectifs de la peine + positifs demeure jusqu’à ajd incertaine, car objectifs punitifs ont la priorité
La dissuasion n’a jamais disparu des préoccupations sur la détermination de la peine.
La dénonciation a un parcours moins linéaire
Punir pour exprimer la désapprobation, l’indignation ou encore le dégoût de la société à l’égard du crime est un principe constant depuis les années 1950.
La réhabilitation a été âprement discutée dans les dernières décennies, même si les limitations quant à son emploi pour justifier des peines carcérales n’ont pas été maintenues.
Selon l’objectif poursuivi, on ne va pas punir de la même façon.