Anne Marie Houdebine Gravaud 1975
propose concept d’imaginaire linguistique quelle définit comme « le rapport du sujet à la langue (sa et sa première) et aux langues.
Il est constitué d’un ensemble de
normes objectives et subjectives:
des représentations fictives,
prescriptives, communicationnelles qui
sont souvent en conflit: nos pratiques
communicationnelles sont souvent
éloignées de la norme
Paradoxe; Pourquoi l’étude de la variation contredit-elle nos représentations normatives des langues ?
🔹 1. Les langues comme constructions sociales
Les langues sont catégorisées, nommées, décrites par des experts (linguistes, grammairiens…).
Elles existent comme entités autonomes parce qu’on les a institutionnellement définies.
🔹 2. Rôle politique et historique
La notion de langue a servi à construire les États-nations.
Les politiques d’éducation ont renforcé cette vision cloisonnée des langues.
🔹 3. Nommer ≠ parler
Les locuteurs nomment parfois leurs langues uniquement par référence à une nation :
→ ex. « je parle marocain / algérien »
→ désigne le pays, pas la langue réelle (kabyle, arabe, berbère…).
🔹 4. La variation montre l’inverse
Dans la réalité des interactions, on ne parle jamais “une langue” homogène.
Les usages sont variés, hétérogènes, contextuels, dépendant des situations sociales.
🔹 5. Conclusion de Boutet
→ Les langues n’existent pas comme blocs homogènes dans la pratique réelle.
→ L’étude de la variation révèle que la langue est un ensemble mouvant de pratiques sociales, pas une entité fixe.
la langue: une pratique de pouvoir
fr de la sociolinguistique= étudier la variation, ce que font les locuteur, mettre en évidence pluralité en observant decrivant comprendre pq ils adoptent tel comp en fonction de facteurs.
La langue est une pratique de pouvoir, elle dit qui a le droit à la parole, qui ne l’a pas; elle permet d’exclure certaines personnes et d’en inclure d’autres, suivant une catégorisation préétalie. Nous parlerons aujourd’hui de la catégorie du genre et de la variation diagenique
construction des genres par le biais du langage
développement: → Dès la naissance : catégorisation fille/garçon. (échographe annonce sexe)
→ Discours constants définissant ce que “doit être” féminin/masculin.
pratiques discursives: acteurs sociaux les utilisent ds leurs échanges.
on est pas totalement libres de nos pratiques, et elles nous sont en
partie inconscientes. (Elles deviennent conscientes lorsqu’une personne ne se
conforme pas aux attentes et aux discours reçus)
socialisations: nous nous sommes imprégnées de ces discours, de ces
pratiques langagières (qui mettent en jeu tout le corps), et ce dès le plus jeune âge.
Qu’est-ce que la variation diagenrée ?
→ Les pratiques langagières varient selon le genre (telles qu’attendues socialement).
Rituels genrés
années 90: Deborah Tannen
met en évidence rituels spécifique au genres masculins et féminins.
Conversational Style (1984).
Quels rituels conversationnels observe Deborah Tannen chez les garçons ?
→ Mode compétitif : rivalité, hiérarchie, statut.
→ Grands groupes.
→ Gagner l’attention = raconter, commander, performer.
Quels rituels conversationnels observe Deborah Tannen chez les filles ?
→ Mode coopératif : similarité, lien, appartenance.
→ Petits groupes.
→ Importance d’être incluse/exclue.
Conclusion de Tannen : deux axes d’interaction
→ Hommes : statut (qui est au-dessus/dessous).
→ Femmes : connexion (proche/loin).
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les
femmes, et qu’elles ne sont pas compétitives. C’est juste une tendance
des femmes, alors que les garçons utilisent le langage pour négocier leur
statut dans le groupe
➢filles ont tendance à jouer en petits groupes et n’aiment pas les filles qui leur disent ce qu’elles doivent faire: « she is bossy » elle est autoritaire.
➢Alors que dans un groupe de garçon, quand un dit ce qu’il faut faire, il est vu comme le leader. Donner des ordres permet de gagner du statut, devenir le centre de l’attention. Raconter des histoires, des blagues, le permet également. Et ceci s’observe dès l’enfance où beaucoup de jeux de garçons impliquent de choisir son camp. Et d’être choisi par le groupe. Et tu peux être le dernier choisi ou ne pas l’être du tout. La hiérarchie est claire.
➢Les femmes sont focalisées sur la question « suis-je inclue ou exclue? », sommes-nous proches ou distantes? Alors que les hommes se posent la question de savoir qui est au dessus, qui est au-dessous. Ainsi, les filles seraient dans un mode d’échange coopératif et les garçons dans un mode
compétitif
Parler, c’est se conformer à des attentes
➢Au moyen des interactions, on construit sa place, son appartenance au groupe, on
revendique sa mêmité (le fait d’être comme les autres), qui permet de préserver son
ipséité (le fait d’avoir un caractère propre).
➢Cette volonté d’appartenance à un groupe, passe aussi par un certain
positionnement social au sein du groupe, notre capacité à nous relationner avec les
autres membres du groupe, ce que Deborah Tannen appelle « Connexion »
(distance entre les individus) et par notre statut dans le groupe. Dans une
interaction, les deux dimensions statut et connexion sont toujours en jeu.
En fait, c’est beaucoup plus complexe que cela
Etudes sur le genre: 3 paradigmes
successifs d’exploration du genre
Vague 1: années 70 la linguiste américaine Robin Lakoff réalise une introspection
personnelle sur sa compétence de locutrice américaine.
Vague 2 des années 80-90 : analyse d’interactions entre hommes et femmes
Vague 3: après les années 90: critique de la vision binaire du genre, prise en compte
d’autres types de masculinité et féminité
1) Vague 1: Précurseuse: Robin Lakoff
→ Identifie les traits du « langage des femmes » :
hedges, hyperpolitesse, tag-questions, excuses, intonation, langage moins direct, etc.
Vague 2: enquêtes de terrain
1) Les femmes moteurs du changement phonétique
→Au départ, ce qui a créé cet intérêt pour la variable du genre c’est l’observation que les changements
phonétiques semble être le fait des femmes en particulier
La postériorisation des voyelles longues en Californie et dans l’ouest des Etats-Unis,
le recul du /e/ bref à Norwich (Trugdill, 1974)
L’affaiblissement des affriquées en Argentine (Wolf & Jiménez, 1979)
La fusion des voyelles hautes devant /l/ au Texas (Bailey & Ross à paraitre)
L’avancement du noyau de /aw/au Canada (Chambers & Hardwick, 1985)
Les changements en chaine des 7 voyelles brèves dans les grandes villes du Nord
des Etats-Unis (Labov, Yaeger &Steiner, 1972; Eckert, 1988, 1989)
Les changements vocaliques à New York et à Philadelphie (Labov, 1980,
1990
Vague 3 : années 90+ (paradigme de la performance)
→ Rejet de la vision binaire femme/homme.
→ Genre = performance (Butler, De Lauretis, Sedgwick).
→ Identités multiples possibles (drag kings/queens, queer, trans…).
2) Des styles conversationnels genrés
Dans les années 1970, sous l’influence de l’ethnographie de la communication et de
l’analyse conversationnelle, les conversations sont perçues comme une excellente
entrée en matière pour étudier la façon dont la domination est exercée par les
hommes sur les femmes.
En effet, « la conversation en face à face est marquée par l’influence réciproque que le
corps des individus exerce sur leurs actions respectives lorsqu’ils sont en présence
physique immédiate les uns des autres » (Goffman,1973: 23). La « présence physique
immédiate » de tout individu en fait un être sous le regard des autres et le porteur de
signes expressifs. Sa visibilité appelle immanquablement une interprétation sur ce
qu’il est et sur ses intentions ». (Pasquier, 2003)
Ces styles diffèrent suivant le background ethnique, le background socioculturel
(classe sociale), Le background régional, l’âge et le genre.
deborah tannen: livre conversational style 1984
Il porte surtout sur l’analyse des styles conversationnels des hommes
et des femmes (1984, 2005), via le prisme des malentendus en lien
avec leurs styles conversationnels.
Exemple de malentendu lié à différents styles conversationnels
(non verbal gars vs fille)
→ Femmes : parlent face à face, regard direct.
→ Hommes : regard moins direct, posture tournée à l’extérieur.
Sur le plan comportemental elle observe une différence entre les hommes et les femmes qui concerne
le regard : les femmes se parlent dans les yeux bien plus que les hommes. C’est pourquoi elles ont
parfois l’impression de ne pas être écoutées attentivement par les hommes qui détournent facilement
le regard. Ce n’est pas un détournement, c’est le signe que nos interactions sont genrées
Caractérisation des styles conversationnels (Deborah Tannen)
1) Ces signes, ces indices, ces informations sont
2) Les formes discursives privilégiées et la tonalité
3) La manière de gérer les tours de parole
4) Les actes de parole privilégiés
5) Le ton privilégié
6) le choix de certains type d’actes de paroles, de formes
plus ou moins directes. Formes directes :
1) Ces signes, ces indices, ces informations sont
le volume sonore de la voix
le débit
le rythme
la qualité de la voix
le choix de faire des pauses plus ou moins longues,
Le choix d’utiliser certaines intonations,
certaines attitudes,
certains gestes
2) Les formes discursives privilégiées et la tonalité
le recours fréquent au récit
3) La manière de gérer les tours de parole
l’enchaînement rapide sur la parole de l’interlocuteur
La manière d’interrompre
La formulation des questions et des réponses et la manière dont elles se
succèdent
l’étude des modalités de démarrage et de développement d’un topic
l’analyse des tag questions dans plusieurs contextes: She’s ridiculous, isn’t she?
4) Les actes de parole privilégiés
la demande
* la menace
* L’excuse
5) Le ton privilégié
6) le choix de certains type d’actes de paroles, de formes
plus ou moins directes. Formes directes :