Caractéristiques bactériennes du Clostridium difficile
- Bacille Gram positif - fin et droit - capsulé - sporulé (dans le milieu extérieur) - anaérobie strict. - mobile - Seules les souches toxinogènes (toxines A et B) sont pathogènes. - libération de crésol : odeur de crottin de cheval
-typage des souches par génotype (PCR-ribotyp, électrophorèse en champ pilé, toxinotypie)
Epidémiologie ?
Facteurs de risque ?
→ 30% des patients présentent des récidives dans les 2 mois qui suivent l’épisode initial.
Transmission par voie féco-orale manuportée) ou indirecte
Facteurs de risque :
Diagnostic de Clostridium difficile ?
PRELEVEMENT des selles diarrhéiques
☞ Recherche de la bactérie
EXAMEN DIRECTS
• Examen microscopique
- après coloration de Gram, mise en évidence du déséquilibre de flore
→ composée majoritairement de bacilles à Gram positif avec présence de formes sporulées, mobiles
- présence possible de leucocytes marqueurs de l’inflammation
• Diagnostic rapide par recherche de la glutamate déshydrogénase (GDH) dans les selles par technique d’agglutination ou méthode immuno-enzymatique
↪ bonne sensibilité mais peu spécifique
→ Mise en évidence de C. difficile dans les selles :
☞ technique de dépistage car ne préjuge pas du caractère toxinogène de la souche
⚠ La détection de la glutamate déshydrogénase de C.difficile avec une méthode immuno- enzymatique ou immuno-chromatographique peut être utilisée uniquement comme examen de tri, devant être suivie en cas de résultat positif, d’un examen permettant de déterminer le caractère toxinogène du C. difficile ainsi identifié.
Les TAANs utilisés doivent cibler le gène de la toxine B et/ou de la partie conservée du gène de la toxine A de C. difficile pour reconnaître la quasi-totalité des souches, sachant qu’avec ce type de test :
- un résultat négatif ne doit notamment pas faire oublier la probabilité d’une infection à C. difficile due à une souche produisant la toxine binaire (codée par un gène spécifique) ;
- un résultat positif ne doit pas faire oublier la probabilité d’un portage asymptomatique d’une souche toxinogène de C. difficile ;
- un résultat positif ne permet pas d’identifier la souche 027, ce qui nécessite le ciblage de son gène régulateur.
TAAN = Test d’amplification des acides nucléiques
• Coproculture
- culture en anaérobiose stricte à 37°C sur milieu sélectif CCFA (gélose coeur-cervelle + 5% de sang de cheval + cycloserine + céfoxitine) ± taurocholate de sodium (favorise la formation de spores) ou sur milieu chromogène
↪ lecture en 48h: colonies grisâtres à bord irréguliers (étoilées), non hémolytique, en aspect de verre fritté, odeur de crottin de cheval (par libération de crésol) et fluorescentes vertes-jaunes sous UV à 360 nm.
↪ Caractères biochimiques :
☞ oxydase -
☞ catalase -
indole -, lécithine - , nitrate réductase - , uréase -
- Recherche clone O27 : PCR en temps réel.
• Détection directe des toxines A et/ou B (à partir des colonies) car seules les souches toxinogène sont pathogènes
⚠ mise en évidence de l’effet cytopathogène de la toxine B sur culture cellulaire avec confirmation par séroneutralisation (méthode de référence) : très sensible mais non réalisable en routine (non standardisée et longue)
-ELISA détectant la toxine A ou la toxine A + toxine B
-test immunochromatographique
-PCR avec recherche des gènes tcdA et tcdB codant pour les toxines A et B directement sur les selles
• Coloscopie
Différentes approches de diagnostic
• CTA (test de cytotoxicité des selles) + EIA tox A et B
☞ présence de toxine libre dans les selles : infection à Clostridium difficile
• GDH + Culture
☞ présence de C. difficile : souche toxinogène ou non ?
• CTA + PCR
☞ présence d’une souche toxinogène de C. difficile : infection ou portage asymptomatique ?
Traitement de l’infection à Clostridium difficile
⚠ déclaration au CLIN si infection nosocomiale
☞ dépistage de tous les patients hospitalisés depuis plus de 3 jours et présentant la diarrhée
→ Traitement symptomatique : Réhydratation par voie parentérale
→ Arrêt ou remplacement de l’antibiotique inducteur. (guérison en 2 à 3 jours dans 25% des cas : éviter les ralentisseurs du transit car favorisent la stase intestinale et la rétention toxinique)
→ Traitement antibiotique spécifique si les symptômes persistent ou si l’arrêt de l’antibiotique n’est pas envisageable :
* ICD légère / diarrhée simple :
- Métronidazole 3 × 500 mg par voie orale pdt. 10 j
Imidazolé : Inhibe la synthèse des acides nucléiques
ou Vancomycine 4 × 125 mg par voie orale pdt. 10 j
Glycopeptide : bactéricide temps dépendant, inhibition de la synthèse du peptidoglycane de la paroi bactérienne
* ICD sévère : colite pseudomembraneuse - Vancomycine 4 × 125 mg par voie orale pdt. 10 j - ou Fidaxomicine 2 × 200 mg par jour voie orale pdt. 10 j Inhibiteur de l'ARN polymérase bactérienne
→ Pulsothérapie: vancomycine 125–500 mg/j tous les 2–3 jours pendant au moins 3 semaines
→ Tapering: réduction graduelle de la dose à 125 mg/j
→ ICD sévère
NB : fidaxomicine = nouvel antibiotique macrocycyclique à spectre étroit, alternative de 1ere intention dans le traitement des infections à Clostridium difficile.
→ Récidives multiples: fidaxomicine
→ Diarrhée à Clostridium difficile souche O27 : indication de greffe fécale chez la personne âgée compte-tenu de la mortalité élevée et de l’inefficacité des autres traitements
NB : Le Bezlotoxumab est un AcM dirigé contre la toxine B de C. difficile. les essais semblent montrer une efficacité dans la diminution du risque de rechute mais il n’est pas encore utilisé en routine.
- patients recevant un traitement antibiotique contre l’ICD (métronidazole, vancomycine et fidaxomicine1),
- ET ayant au moins l’une des caractéristiques suivantes : âge ≥ 65 ans, antécédent d’ICD au cours des 6 mois précédents, ICD sévère (score Zar ≥ 2), immunodépression
Place dans la stratégie thérapeutique : Traitement de 1ère intention, associé au traitement antibiotique contre l’ICD d’une durée de 10 à 14 jours, pour réduire le risque de nouvelle ICD chez des patients adultes (≥ 18 ans) atteints de diarrhée à C. difficile.
Prévention
- Dépistage de tous les patients hospitalisés depuis plus de 3 jours et présentant de la diarrhée : coproculture et recherche de C. difficile
Facteurs de pathogénicité du Clostridium difficile ?
-certaines souches produisent 2 toxines à activité glucosyl-transférase agissant en synergie
⚠ seules les souches toxinogènes de C. difficile sont pathogènes
Clinique du Clostridium difficile ?
Suspicion d’infection post-antibiotique à Clostridium difficile toxinogène :
CLINIQUE
BIOLOGIE
- hyperleucocytose (N : 4)10 G/L)
- CRP (N < 5 mg/L)
évocatrices d’une infection bactérienne
EPIDEMIOLOGIE
- infectionsurvenant à la suite d’n traitemnet par un antibiotique large spectre = amoxicilline (responsable de 25% post)antibiotique)
☞ diarrhée post-antibiotique
→ colite pseudo-membraneuse
↪ complications: choc septique, péritonite, mégacôlon toxique voire perforation colique
Complications de l’infection à C. difficile ?
antibiotiques favorisant la colonisation de C. difficile
Fréquente
Ampicilline, Amoxicilline Céphalosporines Clindamycines Fluoroquinolones
Assez fréquent
Autres pénicillines Sulfamides Triméthoprime
Triméthoprime-sulfaméthoxazole Macrolides
Rare
Tétracyclines Vancomycine Métronidazole Bacitracine Chloramphénicol Aminosides Teicoplanine Rifampicine Daptomycine Carbapenèmes
Fidaxomicine
Nouvelle classe ATB : macrocycliques
- Activité bactéricide
- Spectre étroit → faible impact sur le microbiote intestinal < vanco.
- Bloque spécifiquement le mécanisme de sporulation : réduction de la
formation de spores. (Diminution de la contamination environnement)
- Absorption orale très faible → action topique
- Tolérance : RAS de significatif (hypersensibilité possible)
- Deux prises par jour = facilite l’observance.