Caractéristiques bactériologique du Staphylococcus aureus ? transmission ?
⚠ Pathogène le plus fréquent en communautaires et hospitaliers (nosocomial), car ubiquitaires et virulent
Facteurs de virulence du Staphylococcus aureus ?
• ENZYMES qui lui confèrent son pouvoir invasif
1) Facteurs d’adhésion
- adhésine = Ag pariétaux qui s’opposent à l’opsonisation et à la phagocytose
- protéine A (super Ag) liant le vWf, Fc et Fab
- protéine de liaison au collagène, fibronectine
- protéine de liaison au fibrinogène = clumping factor (caillots plasmatiques, biomatériaux)
→ coagulase libre, excrétée
↪ clivage du fibrinogène => coagulation in vitro du plasma de lapin et emboles septiques in vivo
☞ Différenciation des staphylocoques à coagulase négative comme S. epidermidis (blanc en culture)
→ coagulase liée = récepteur pour le fibrinogène sur la paroi bactérienne
☞ Utilisée pour le diagnostic (tests d’agglutination)
2) Facteurs protégeant la bactérie de la phagocytose:
• TOXINES qui lui confèrent son pouvoir toxique et antigénique
4) Toxines (SuperAg → activation polyclone → dégats cellulaire → Choc)
- toxine a : formation de trous dans les membranes des plaquettes et monocytes : libération de médiateurs pro-inflammatoires à l’origine de chocs toxiques
- leucocidine de Panton et Valentine (LPV) : toxine formant des trous dans les polynucléaires, macrophages et monocytes. Présente dans les souches mermonécrotiques et celles responsables de pneumonies nécrosantes (2%)
- toxine γ (97% des souches) : toxine hémolytique
- entérotoxines thermostables (résiste à 100°C pendant 30 mins) → diarrhée aqueuse
- exfoliatines (inhibe les desmosomes et induit un décollement épidermique bulleux → SSS, impétigo)
- toxine TSST-1 (15-20% des souches) : super-Ag activant les LyT et la libération d’IL1 → fièvre et choc toxique
= toxine thermostable du choc toxique staphylococcique (TSST-1 toxine superantigénique induisant une activation polyclonale des lymphocytes T → TIAC, choc staphylococcique, scarlatine)
Habitat – Source de contamination de Staphylococcus aureus
Terrain à risque
-Commensal du microbiote nasal, oro-pharyngé (arrière gorge), digestif (rare), cutané (aisselles, …) transitoirement), périnée
⚠ Terrains à risque → Communautaires • Déficit immunitaires inné ou acquis (IS) • Rupture cuntanée • Corps étranger (Gravillon, KT, Prothèse) • Âge • Diabète sucré, IRA, EtOH • ATB large spectre • Terrain débilitants sous‐jacents • Menstruations (Tampons)
→ Hospitaliers • Acte chirurgical long • Prothèse • KT en réa • Circulation de souche SARM
Physiopathologie du Staphylococcus aureus
→ Infections suppuratives (production abondante et localisée de pus résultant de la destruction des cellules phagocytaires et des cellules environnantes)
• Cutanées superficielles = infections dermiques
• Infections du follicule pilo-sébacée
- folliculites
→ furoncle (souches LPV+); anthrax (confluence de furoncles),
→ orgelet, sycosis de la barbe = folliculite de la barbe)
• Infections sous-cutanées = Cutanées profondes
Abcès, phlegmon (/tendon), cellulite orbitaire
• Infections des canaux glandulaires
Dermo-hypodermites nodulaires supputées (aisselle et périnée)
• Infections des muqueuses
Conjonctivites (angine, sinusite, otite, stomatite) ⚠ attention n’est pas la principale étiologie des infections ORL et pulmonaires (rares pleure-pneumopathies avec destruction parenchymateuse sur terrains particuliers : atteinte post-virale, malade incubés-ventilés de réanimation) due à la production de la toxine de leucocidine de Panton-Valentine.
• Infections du nouveau-né et du nourrisson
Pemphigus épidermique, …
→ Bactériémies - septicémies Possibles à tout âge, toujours graves (métastases polyviscérales et choc septique) ⚠ si le patient n'est pas traité suffisamment tôt ou est immunodéprimé - à partir d'un foyer infectieux primitif ou suite à une multiplication de la bactérie dans la circulation sanguine
☞ formes communautaires (70%)
Portes d’entrée : ORL, cutanée, dentaire, urinaire, génitale, inconnue dans 30% des cas
☞ formes hospitalières
☞ formes aigue fulminante
• Staphylococcie maligne de la face (SMF) post furoncle ou anthrax traumatisé
• Evolue en cellulite retro‐orbitaire (protusion et chemosis), et méningo‐encéphalite
• Mort en 2 à 5 jours avant même l’efficacité du traitement
☞ forme lentes ou subaiguës trainantes
☞ endocardites (50% de décès)
☞ formes septimo-pyohémiques
☞ infections osseuses : ostéomyélites aigues ou chroniques souvent sur prothèse articulaire ou fixateurs
→ Infections viscérales ☞ Ostéoarticulaires (surtout nosocomiales) - ostéomyélite aigues (vertèbres) - arthrite primitive hématogène - mort en 2 à 5 jours avant l'efficacité du traitement
☞ ¨pleuro-pulmonaire
- pneumopathie avec abcès, nécrose, pneumothorax
- pneumopathie bulleuse chez l’enfant
LPV leucoccidine de Panton et Valentine : infections cutanées, pneumonie nécrosante (enfant et adulte jeune ; tableau associant un syndrome de détresse respiratoire aiguë, une hémoptysie et une leucopénie ; mortelle dans 50% des cas)
☞ uro-génitale
☞ neuro-méningé
→ Infections toxiniques ☞ syndrome des enfants ébouillantés vifs (so-called skin syndrom = SSS)
Exfoliatines : impétigo bulleux (S. aureus présent dans la lésion), syndrome de la peau ébouillantée/d’exfoliation généralisée (S. aureus absent de la lésion, à rechercher dans le nez)
☞ syndrome de choc toxique staphylococcique (endotoxines)
- via la toxine TSST-1 et/ou enterotoxine
⚠ tous les cas de choc toxique ne sont pas liés à la toxine TSST-1
- syndrome du tampon ou complication suppurative en pédiatrie
- fièvre en plateau à 39°C, hypotension orthostatique puis collapsus, érythrodermie scarlatiniforme suivi d’une desquamation intense
- atteinte viscérale
- conjonctivite, pharyngite, glossine, vaginite
- nausées, vomissement, diarrhées
- ictère, cytolyse biologique (transaminase ↑)
- myalgie, myolyse biologique (CPK et K ↑)
- paresthésie et convulsions
- néphropathie (hématurie et hyperazotémie)
- la guérison en 8 à 10 jours sous ATB + correction des troubles hémodynamique et viscéraux
- 10% de mortalité
TSST-1 : choc toxique avec érythrodermie
☞ scarlatine staphyloccocique
☞ Entéro-colite
Toxi-infection alimentaire collective (TIAC) en 1-6h (exotoxine thermostable dans l’aliment = entérotoxine)
-2e en fréquence après Salmonelloses
→ 2 personnes ou + ont eu les mêmes symptômes suite à la consommation du même aliment contaminé
• non respect des règles d’hygiène
• rupture de la chaîne du froid
• mauvaise manipulation par des porteurs sains
• aliments à risque de contamination (viande, crème glacée)
Résistance et Staphylococcus aureus ?
Résistance des souches communautaires :
Résistance des souches hospitalières
→ SARM (30-40%) : les pénicillines sont inefficaces, résistantes à la rifampicine, la fosfomycine et l’acide fusidique
→ GISA : sensibilité diminuée aux glycopeptides
✯ β-lactamines
→ De nombreuses souches sensibles à la méticilline (SASM) sécrètent une pénicillinase
-Acquisition du gène blaZ plasmidique
-Sensibilité aux pénicillines M, résistance aux pénicillines G, V, A, carboxy- et uréido- pénicillines
-Sensibilité restaurée par un inhibiteur de β-lactamase (ex : acide clavulanique)
→ Résistance à la méticilline (SARM = « bactérie multi-résistante » ou BMR)
- En France :
< 5% des souches communautaires
≈ 25% des souches nosocomiales
- Acquisition du gène mecA ou mecC codant une PLP additionnelle (PLP2a ou PLP 2c) présentant une mauvaise affinité pour les β-lactamines
→ résistance à toutes les β- lactamines sauf la ceftaroline, ZINFORO® et le ceftobiprole, MABELIO®)
- Détectée par
• antibiogramme en diffusion (diamètre céfoxitine < 25 mm)
• PCR mecA/C sur colonies
• test immunochromatographique sur colonies détectant PLP2a/c en 5 min
✯ Aminosides → Phénotype sauvage : sensible → Résistance acquise par inactivation enzymatique de l’antibiotique (phospho-, acétyl- ou nucléotidyl-transférases) ↪ profil K, KT ou KTG (K = kanamycine, T = tobramycine, G = gentamicine) ✯ Glycopeptides → Phénotype sauvage : sensible → Phénotype GRSA (Glycopeptide Resistant S. aureus) (gène vanA) par modification de la cible: exceptionnellement décrit aux USA → Phénotype GISA (Glycopeptide Intermediate S. aureus) par épaississement de la paroi bactérienne ✯ Fluoroquinolones → Phénotype sauvage : sensible → Résistance acquise principalement par modification de la cible (gyrase et topo-isomérase) ☞ Les SARM sont souvent résistants aux fluoroquinolones bien que les mécanismes soient indépendants ✯ Macrolides, lincosamides, synergistines → Phénotype sauvage : sensible → résistance acquise principalement par méthylation de l’ARNr 23S (gène erm)
Stratégie thérapeutique / Straphylococcus aureus ?
☞ SASM
→ en 1ere intention : Pénicilline M
Méticilline (oxacilline ou cloxacilline), IV
→ si forme sévère ; pénicilline M + Aminoside ou fluoroquinolone
☞ SARM
→ Glycopeptide (vancomicine) ± aminoside (gentamicine) (si infection grave) en 1ère intention
→ Linézolide ou autre molécule (glycyl (tigécycline), synergistine, daptomycine) selon antibiogramme en 2nde intention
☞ Cas particulier du choc toxique et de la pneumonie nécrosante
→ Ajout initial d’un antibiotique bloquant la synthèse toxinique : clindamycine IV (DALACINE®),
(en 2nde intention : linézolide ou daptomycine)
→ + Administration d’Ig polyvalentes (TEGELINE®) qui neutralisent la toxine TSST-1 ou LPV
⚠ Rifampicine, acide fusidique, fosfomycine : jamais en monothérapie (exception pour l’acide fusidique en topique)
Prévention
Sensibilité aux ATB
Résistances fréquentes en milieu hospitalier : Antibiogramme systématique
β-LACTAMINE
-phénotype sauvage sensible
-phénotype pénicillinase (Acquisition du gène blaZ plasmidique) : 95% des souches
↪ résistance pénicilline G (Benzylpénicilline - voie IV)
↪ résistance pénicilline V (Phénoxyméthyl-penicilline - voie VO)
↪ résistance pénicilline A (aminopénicilline : amoxicilline, ampicilline)
↪ résistance carboxy-uréido-pénicilline (ticarcilline, piperacilline)
→ sensibilité récupérée par les inhibiteurs de β-lactamases
☞ sensible aux pénicillines M = Staphylocoque Méti-S = SAMS
AMINOSIDES
-phénotype sauvage : sensible
-résistance acquise par inactivation enzymatique : modification des groupements fonctionnels des AMinosides par des phosphotransférases, acétyltransférases et nucléotidylstransférases : profil K, KT ou KTG (souche résistances à la Gentamicine sont résistantes à toutes les aminosides)
(K = kanamycine, T = tobramycine, G = gentamicine)
GLYCOPEPTIDES
FLUOROQUINOLONES
- Phénotype sauvage sensible
- Résistance acquise principalement par modification de la cible (gyrase et topo-isomérase)
⚠ Les SARM sont souvent résistants aux fluoroquinolones bien que les mécanismes soient indépendants
MACROLIDES - SYNERGISTINE - LINCOSAMIDES
Résistance acquise principalement par méthylation de l’ARNr 23S (gène erm)
Citez les prélèvements dans lesquelles S. aureus est pathogène ? et est commensal ?
Pathogène :
Commensal :
- Selles (les diarrhées infectieuses à S. aureus sont liées à l’ingestion de toxines)
- Prélèvements ORL : fosses nasales
- Peau ou muqueuse non lésée (et éventuellement associé à une flore normale (dans les
prélèvements vaginaux par exemple)
Expliquez la physiopathologie d’une septicémie à S. aureus ? (mode de contamination, porte d’entrée, facteurs de virulence, complications …)
S. aureus est un germe qui est présent dans le milieu extérieur et que l’on retrouve souvent sur la peau ou les muqueuses (présence d’adhésines). Sa porte d’entrée est principalement cutanée (le plus souvent à partir d’un cathéter). S. aureus possède des facteurs de virulence qui en font un très grave pathogène lors de bactériémie : il possède
- des ✯ toxines pouvant engendrer des chocs (la plus connue est la ✯ TSST-1 (toxine staphylococcique du Choc (Shock) toxique)
-PVL : leucocidine de Panton-Valentine : toxine
impliquée dans les infections cutanées (furoncle, anthrax) et les pneumonies nécrosantes.
3 grands profils de résistance de S. aureus aux bétalactamines ? Comment peut on les détecter ?
Quel est alors le traitement de référence pour ces 3 profils de S. aureus ?
Traitement variable en fonction de la localisation et de la souche
- SASM : Oxacilline (Bristopen®) ou Cloxacilline (Orbenine®) ☞ Infection cutanée à SAMS (furoncle...) • désinfection • incision + drainage • acide fusidique • ATB oral
En alternative, on peut utiliser la rifampicine (Rifadine®), la pristinamycine (Pyostacine®) …
Si possible : clindamycine, synergistines, fosfomycine, acide fusidique (si ATBG favorable)
Quand on veut utiliser une association de molécules, on utilise généralement :
Béta-lactamine (ou glycopeptides pour les SARM) + gentamicine (Gentalline®) : synergie d’action entre aminoside et antibiotique de paroi.
La gentamicine est l’aminoside qui marche le mieux sur les cocci Gram +
⚠ infections à SARM sévère : (endocardites)
• vancomycine
• + gentamycine ou rifampicine
• drainage des abcès
Linézolide : Zyvoxid® : c’est la première molécule d’une nouvelle famille d’antibiotiques : les oxazolidinones. Ce sont les premiers inhibiteurs de la phase d’initiation de la traduction de l’ARNm en protéine par les ribosomes. (rappel : la phase d’initiation de la traduction est la phase où viennent s’associer le ribosome, l’ARNm et le complexe codon initiateur (AUG)-ARNt-formyl méthionine)
☞ Le linézolide est généralement actif sur les souches même méti-R. Il peut s’utiliser par voie orale et
injectable mais il n’est que bactériostatique sur le staph doré.
Daptomycine : Cubicin® : c’est un lipopeptide. Elle s’insère dans le membrane cellulaire
bactérienne, s’oligomérise et forme un pore ou un canal ionique. La dépolarisation provoque un efflux
de K+.
☞ C’est un antibiotique bactéricide mais que ne s’utilise que par voie injectable.
Staphylococcus aureus :
PRELEVEMENT
Tous les échantillons possibles
EXAMEN DIRECT
CULTURE
→ aspect
colonies crémeuse, opaques, lisses, jaunes dorées luisantes (production de pigment favorisées par le lactose et une température < 37°C)
→ caractères d’identification
Sur gélose au sang en 24h :
- colonies jaunes dorées
- β-hémolytiques (hémolyse totale)
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Biologie moléculaire
→ Recherche des toxines de S. aureus par PCR spécifique ou puce à ADN à partir d’une culture
→ Recherche de S. aureus directement dans échantillons profonds (valves cardiaques, os, …) par PCR spécifique
→ Recherche de SARM directement dans les échantillons par PCR spécifique✯ Mise en culture de différents échantillons en fonction de la physiopathologie de l’infection
Identification à partir des colonies :
- cocci G+, catalase +, Chapman + : Staphylocoques
- coagulase +, DNAse +, Mannitol + : S. aureus
Sérologie : recherche (rare) d’anticorps chez les malades (anti-toxine α, anti-acide teichoïque, anti-entérotoxines ou anti TSST1 dans les infections profondes)
Diagnostic indirect
Diagnostic différentiel de S. aureus ?
Repose sur l’application des mesures d’antisepsie et d’hygiène individuelle et collective
Prophylaxie
Repose sur l’application des mesures d’antisepsie et d’hygiène individuelle et collective
Hygiène des mains (Solution Hydro-Alcoolique)
Isolement « contact » des patients porteurs de SARM
Déclaration obligatoire des TIAC
Décontamination nasale des porteurs par mupirocine pommade (en cas de furoncles récidivants)
Bon usage des antibiotiques
Antibioprophylaxie précédant une chirurgie cardiaque ou orthopédique par C1G ou C2G
Principes thérapeutiques des infections à S. aureus
Infections banale : monothérapie utilisant
Infection sévère : association pour obtenir une bactéricide rapide et profonde :
STRATEGIE THERAPEUTIQUE
→ Voie d’administration / molécule / durée de l’antibiothérapie selon nature et sévérité de l’infection SASM
Méticilline (oxacilline ou cloxacilline), IV ou amoxicilline – acide clavulanique, VO
Céfazoline, IV (alternative à la méticilline - notamment lors de ruptures de stock)
Association possible avec aminoside (gentamicine) ou fluoroquinolone si infection sévère
SARM
Glycopeptide ± aminoside (gentamicine) en 1ère intention Linézolide ou autre molécule selon antibiogramme en 2nde intention
⚠ Cas particulier du choc toxique et de la pneumonie nécrosante
Ajout initial d’un antibiotique bloquant la synthèse toxinique : clindamycine, IV (en 2nde intention : linézolide ou rifampicine)
+ Administration d’Ig polyvalentes qui neutralisent la toxine TSST-1 ou LPV
Hémocultures différentielles ?