Cours 5 Flashcards

(30 cards)

1
Q

Quelle est la définition de l’itinérance selon le réseau canadien de recherches sur l’itinérance (Gaetz et al., 2012)?

A

L’itinérance décrit la situation d’un individu, d’une famille ou d’une collectivité qui n’a pas de logement stable, sécuritaire, permanent et adéquat, ou qui n’a pas de possibilité, les moyens ou la capacité immédiate de s’en procurer un. C’est le résultat d’obstacles systémiques et sociétaux, d’un manque de logements abordables et adéquats, de défis financiers, mentaux, cognitifs, comportementales ou physiques qu’éprouvent un individu ou une famille, et⁄ou de racisme et de discrimination. La plupart des gens ne choisissent pas d’être sans abri et l’expérience est généralement négative, désagréable, néfaste, dangereuse, stressante et affligeante.

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2
Q

Quelle est la typologie (Science de l’élaboration des types, facilitant l’analyse d’une réalité complexe et la classification) de l’itinérance?

A
  1. Les personnes sans abri, ou les personnes absolument sans abri qui vivent dans la rue ou dans des lieux qui ne sont pas conçus pour le logement des êtres humains;
  2. Les personnes utilisant les refuges d’urgence, y compris celles qui restent dans les refuges d’urgence de nuit pour les sans-abris, ainsi que les refuges pour les personnes affectées par la violence familiale;
  3. Les personnes logées provisoirement, signifiant les personnes dont l’hébergement est temporaire et qui ne possèdent pas le droit au maintien dans les lieux;
  4. Les personnes à risque d’itinérance, soit des personnes qui ne sont pas sans abri, mais dont la situation économique et/ou de logement courante est précaire ou ne satisfait pas aux normes publiques de santé et de sécurité.
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3
Q

Quelles sont les 3 types de situation trouvé dans l’itinérance?

A
  1. Itinérance chronique :
    Plus chronique, plus visible, concerne les personnes qui n’ont pas de logement stable depuis longtemps
  2. Itinérance cyclique :
    Référence aux personnes qui vont et viennent entre un logement et la rue
  3. Itinérance situationnelle, épisodique ou ponctuelle
    Rapporte aux personnes présentement sans logement alors qu’elles ont généralement un toit
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4
Q

Quelle ampleur a le phénomène de l’itinérance

A

Tenter de mesurer l’étendue du phénomène de l’itinérance pose de nombreux défis.
Celle-ci reste une réalité difficile à quantifier puisqu’elle crée une population mouvante, parfois non visible, connaissant des conditions changeantes, n’ayant pas d’adresse fixe ni de numéro de téléphone, qui utilise plusieurs services ou à l’opposé n’en utilise aucun, etc.

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5
Q

Quels sont les 2 types de dénombrement de l’itinérance?

A
  1. Le dénombrement ponctuel:
    Consiste à faire un décompte dans les rues durant une nuit déterminée à l’avance. Cette approche comporte des limites:
    - Risque d’exclure les personnes qui ne vivent pas un épisode d’itinérance au moment du décompte
    - Surreprésente les personnes qui se trouvent dans une situation d’itinérance chronique
  2. L’analyse de données administratives portant sur divers services utilisés par les personnes itinérantes:
    - Exemple de la soupe populaire ainsi que les services offerts par les refuges et les centres de jour
    - Cette approche risque d’entraîner une sous-estimation de la population des sans-abris, car les personnes en situation d’itinérance n’ont pas toutes recours aux services précités.
    - Si plusieurs types de services sont inclus dans les dénombrements, le risque se pose de compter plus d’une fois la même personne
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6
Q

Pourquoi note-on la date du 11 octobre 2022 concernant le dénombrement de personne en situation d’itinérance visible au Québec?

A
  • 10 000 personnes étaient en situation d’itinérance à Montréal
    De ce nombre:
  • 1335 avaient passé la nuit dans un lieu extérieur (probablement sous-estimé)
  • 7 481 personnes ont passé la nuit dans un hébergement d’urgence, une ressource de transition, un organisme mixte, un centre de thérapie, un centre de réadaptation en dépendance, une ressource d’hébergement pour personnes victimes de violence ou un autre type de ressource.
  • 225 personnes ont passé la nuit du dénombrement dans un centre hospitalier
  • 959 personnes ont passé la nuit dans un établissement de détention ou un quartier cellulaire des postes de police
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7
Q

Quelles données retient-on concernant le compte des personnes en situation d’itinérance?

A

L’estimation du nombre de personnes en situation d’itinérance visible au Québec (incluant notamment les personnes en situation d’itinérance dans les établissements de détention provinciaux et les centres hospitaliers) soit légèrement moins élevée que dans d’autres grandes provinces canadiennes.
Qc: 120 p. pour 100 000 habitants
C-B: 189 p. pour 100 000 habitants
Alb: 228 p. pour 100 000 habitants
Sask.: 189 p. pour 100 000 habitants
ON: 139 p. pour 100 000 habitants
Finlande: 20 par 100 000 habitants.
France: 123 par 100 000 habitants (2012)

Augmentation marquée du nombre de personnes en situation d’itinérance par rapport à l’exercice de 2018 avec un pourcentage de variation de 44 % (allant de 6 % à 268 % selon les régions).

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8
Q

Quelles sont les 3 raisons expliquant l’augmentation de la situation d’itinérance?

A
  1. Pénurie de logements abordables :
    a) La Société canadienne d’hypothèques et de logement (2023) révèle qu’on observe une diminution du taux d’inoccupation des appartements locatifs en 2022.
    b) La proportion de ces appartements qui sont abordables pour les ménages est très faible
  2. COVID-19 :
    a) Résultats pour l’ensemble des régions, la pandémie de COVID-19 a eu un impact sur l’augmentation du nombre estimé de personnes en situation d’itinérance. Le dénombrement québécois s’est déroulé en octobre 2022, soit plus de deux ans et demi après l’urgence sanitaire au Québec.
  3. Amélioration de la méthodologie :
    a) Davantage de territoires et de secteurs ont été sillonnés dans les régions en 2022, ce qui pourrait être responsable d’une partie de l’augmentation du nombre estimé de personnes en situation d’itinérance dans les lieux extérieurs.
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9
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : hommes?

A
  • Les hommes adultes représentent le plus important groupe parmi les personnes en situation d’itinérance.
  • Les hommes se retrouvent souvent dans les abris et refuges.
  • Leur vie est lourdement marquée par différents facteurs, ex. :
    • la vie dans la rue;
    • la dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux jeux de hasard et d’argent;
    • les maladies mentales;
    • ITSS;
    • de nombreuses ruptures, par exemple des pertes d’emploi répétitives, des deuils, etc.
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10
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : femmes?

A
  • De plus en plus de femmes se retrouvent en situation d’itinérance.
  • Leur présence dans la rue est moins apparente.
  • Elles présentent certains facteurs communs aux hommes, mais les femmes en situation d’itinérance ont souvent un lourd passé de violence (agression sexuelle, violence psychologique, physique, conjugale ou familiale).
  • Ces femmes développent des stratégies pour éviter la rue.
  • Ces stratégies de survie, comme la prostitution ou le vol à l’étalage, les rendent moins visibles, mais comportent des risques pour leur santé, leur sécurité et leur intégrité et les enfoncent davantage dans le processus de l’itinérance.
  • Pour éviter la rue, certaines femmes passent d’un refuge à l’autre ou encore de la maison d’un ami ou d’une connaissance à l’autre.
  • Cette itinérance cachée a pour effet de dissimuler l’ampleur de l’itinérance chez les femmes, alors qu’elle est en croissance.
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11
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : jeunes?

A
  • L’itinérance des jeunes de la rue s’installe tôt dans leur vie
  • Leur présence dans la rue et dans les autres espaces publics est de plus en plus visible
  • Facteurs expliquant leur arrivée dans la rue sont, entre autres :
    • la violence familiale et sexuelle;
    • la négligence vécue durant l’enfance ou l’adolescence;
    • les séjours répétitifs dans des services de protection et de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation ou des familles d’accueil durant l’enfance;
    • les fugues répétées;
    • les ruptures familiales, par exemple la séparation des parents;
    • les maladies mentales;
    • la toxicomanie;
    • le décrochage scolaire.
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12
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : personnes ayant perdu leur logement?

A
  • 53 % des personnes en situation d’itinérance ont précisé avoir été expulsées en raison d’un loyer non payé
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13
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : familles?

A
  • Certaines familles peuvent se retrouver en situation d’itinérance, mais cette situation est rare au Québec.
  • Certains événements familiaux, par exemple un divorce, de la violence conjugale, une faillite ou une immigration récente, liés à la difficulté de trouver un logement abordable, sécuritaire et convenable et dont la taille est adéquate, augmentent le risque que des familles se retrouvent sans abri.
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14
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : personnes âgées?

A
  • 50 ans et +
  • Souvent, les personnes de 50 ans et plus qui se retrouvent en situation d’itinérance ont déjà connu des périodes d’itinérance ou ont vieilli dans la rue.
  • Cependant, de plus en plus de personnes de cet âge vivent une situation d’itinérance pour la première fois dans leur vie.
  • La plupart de ces personnes sont en mauvaise santé physique, psychologique ou cognitive.
  • Elles vieillissent prématurément et leur taux de mortalité est de 3 à 4 fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population.
  • Les personnes de 50 ans et plus qui sont en situation d’itinérance sont particulièrement vulnérables sur les plans financier et social.
  • Elles sont souvent traitées comme des victimes, maltraitées, isolées et ignorées.
  • Ces personnes ne sont pas acceptées dans les institutions qui pourraient leur venir en aide.
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15
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : personnes immigrantes?

A
  • Représentent 15% des itinérants
  • Majorité itinérant - né au Qc; toutefois, le phénomène augmente chez les personnes immigrantes, particulièrement chez les jeunes et les femmes.
  • Le nombre de personnes immigrantes dont la situation financière est difficile + sans statut de citoyenneté ou en attente de statut augmente dans les ressources où l’on offre des soins de santé.
  • Les personnes immigrantes présentent les mêmes facteurs de risque d’itinérance que l’ensemble de la population.
  • Toutefois, leur arrivée récente au Québec ou leur appartenance à une minorité ethnique leur causent d’autres difficultés, qui s’ajoutent à ces facteurs de risque :
    • méconnaissance de la langue;
    • victime de discrimination;
    • habitudes culturelles ou sociales qui rendent leur intégration difficile;
    • faible revenu.
    • À leur arrivée au Québec, les personnes immigrantes à faible revenu ont plus de risque de vivre dans des logements surpeuplés et insalubres.
  • Elles peuvent prendre un certain temps à se bâtir un réseau social, les rendant encore + vulnérables.
  • Les femmes immigrantes qui ont fui des milieux où elles étaient victimes d’agression et de violence sont particulièrement à risque de se retrouver un jour à la rue.
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16
Q

Que peut-on dire concernant les populations touchées par l’itinérance pour les : autochtones?

A
  • De plus en plus de membres des Premières Nations et d’Inuits se retrouvent parmi la population en situation d’itinérance.
  • Les Inuits représentent 45% de l’itinérance autochtone
  • Certaines personnes quittent leur communauté pour aller vivre dans les milieux urbains ou pour y séjourner pendant une période indéterminée.
  • Elles peuvent avoir diverses raisons pour le faire, comme :
    • poursuivre des études;
    • avoir accès à soins de santé;
    • échapper au manque de perspectives d’avenir dans leur communauté;
    • fuir certaines problématiques.
  • Certaines caractéristiques propres à la communauté elle-même peuvent également amener une personne à la quitter, par exemple le surpeuplement, l’insalubrité ou le manque de logements.
  • En milieu urbain, plusieurs personnes autochtones vivent un choc identitaire et culturel causé par l’anonymat et l’absence d’une vie communautaire comparable à celle de leur milieu d’origine.
  • Cela les rend vulnérables aux réalités urbaines et augmente leur risque de vivre une situation de pauvreté.
  • Dans les milieux urbains, les personnes autochtones font face à de nouvelles difficultés propices à l’errance ou à l’itinérance, par ex. :
    • discrimination;
    • rupture avec milieu social/isolement;
    • la perte de repères concernant entre autres la langue parlée, la nourriture, la culture et l’identité.
17
Q

Où trouve-t-on les itinérants?

A
  • L’itinérance est majoritairement présente dans les milieux urbains
  • Des villes plus éloignées des grands centres vivent également le phénomène de l’itinérance, notamment celles qui sont touchées par un développement économique accéléré où, migration aidant, le problème du logement se fait plus criant de même que celui de l’effritement des liens sociaux et des normes de conduite.
  • Outre la croissance du phénomène qui est observée, on note aussi une décentralisation.
  • Alors que les quartiers centraux de l’île étaient historiquement les plus touchés, les personnes en situation d’itinérance sont maintenant plus présentes dans les quartiers en périphérie du centre-ville de Mtl.
  • Les services offerts aux personnes doivent être adaptés à cette récente réalité afin que les personnes soient soutenues dans leur milieu de vie
  • La présence marquée de nouveaux immigrants, d’Inuits et de membres des Premières Nations parmi la population itinérante impose aussi un ajustement dans les services aux plans linguistique et culturel.
18
Q

Quels sont les multiples facteurs à la cause de l’itinérance (phénomène multifactoriel)?

A
  1. Facteurs de nature structurelle:
    - appauvrissement, crise du logement, faiblesse du revenu contribuant à vulnérabilité individuel
    - La pauvreté est indissociable du phénomène de l’itinérance
    - À Montréal, les ménages composés d’une seule personne correspond à 40% - 1/4 de la pop. vit seule
    - Les personnes pauvres sont plus souvent malades physiquement et mentalement, ce qui rend leur réinsertion sociale plus difficile et donc plus de chance de vivre une situation d’itinérance
    - Hausse des loyers et diminution des logements à prix modiques
    - Hôpitaux, centres de détention et centre d’accueil pour jeunes qui ne fournissent pas le suivi pour intégrés socialement ces personnes fragilisées
  2. Facteurs de nature individuelle: abus, divorce, violence, placement répétés dans les centres d’hébergement, etc.
  3. Facteurs de natures institutionnelle:
    - désinstitutionalisation, la judiciarisation, etc.
    - Ex: vague de fermetures d’hôpitaux psychiatriques dans les années 1990
19
Q

Quels sont les problèmes reliés à la santé mentale et physique qu’on associe à l’itinérance?

A
  • Lié au mode de vie: nombreux déplacements, excès de température, conditions d’hygiène inadéquates
  • 30 à 40% éprouvent des problèmes de santé mentale dont 10% sévères et persistants
  • L’œuf ou la poule? Problème de santé mentale qui a entraîné la situation d’itinérance ou l’inverse?
  • Difficulté à traiter les personnes dans cette situation en raison du manque de suivi
20
Q

Qu’est-ce que la judiciarisation et quel est son lien avec l’itinérance?

A
  • POV. sociologique, la judiciarisation est le processus au cours duquel un traitement juridique ou judiciaire se substitue à un autre mode de régulation sociale.
  • Avec le déclin de l’autorégulation sociale, une partie de la régulation sociale se déplace aujourd’hui de l’Etat Providence vers le judiciaire.
  • Victime du «profilage racial» qui consiste en un regard différencié puis une intervention spécifique à l’égard d’une personne selon sa condition sociale, ses signes de pauvreté, et non à cause d’un geste répréhensible
  • Dans les pays occidentaux, le «vagabond», le «mendiant» présente un potentiel de dangerosité en raison de son mode de vie (Bellot, 1996)
  • La problématique de l’itinérance devrait être pris en charge en première ligne par les services sociaux et non pas par les policiers
  • Entre dans le cercle vicieux du système judiciaire
21
Q

Comment sont perçus les itinérants selon DeLisi, 2000?

A

Itinérants sont perçus de 2 façons :
1- ils ont choisi ce mode de vie et donc doivent composer avec les conséquences
2- ils sont victimes de différentes lacunes de la société: pauvreté, manque de logement, d’emploi, etc.

22
Q

Quels sont les impacts de la judiciarisation sur les itinérants selon Céline Bellot?

A
  • Sentiment d’injustice: être constamment en interaction avec les policiers sur la place publique devant tout le monde, d’être dans le tord alors que d’autres citoyens commentent les mêmes gestes sans être sanctionnés
  • Obstacle à la réinsertion sociale: dans le cas de non-paiement d’amende qui résulte en l’incarcération, cela peut mettre un terme à plusieurs démarches qui avaient été entreprises, dont l’acquisition d’un logement, relations avec les intervenants, recherche ou perte d’emploi, etc.
  • Coûts associés au fait de faire intervenir le système de justice
23
Q

Quelles caractéristiques générales associe-t-on au lien entre la judiciarisation et l’itinérance?

A
  • 8 fois plus de constats d’infraction ont été émis à ces personnes en 2018 qu’en 1994
  • Entre 2014 et 2017, le nombre de constats émis a plus que doublé
  • Majorité des constats émis par des agents du SPVM (33 173 constats) - 34,6% par des agents de la STM entre 2012 et 2019 (17 554 constats)
  • La proportion de constats remis par le SPVM a augmenté entre 2012 et 2018 (+25%)
  • Comparativement, la proportion de ceux donnés par les agents de la STM a diminué de presque la moitié
  • Ce ratio a atteint un niveau inégalé de 41% en 2017, soit la plus forte proportion depuis 2004
  • On constate un renforcement des pratiques de profilage social et du ciblage des personnes en situation d’itinérance par le SPVM, qui reçoivent près de 40% des constats d’infraction émis à Montréal en vertu des règlementations municipales et des règlementations de la STM.u
24
Q

Que peut-on dire sur les lieux et la saisonnalité de la judiciarisation?

A
  • Plus de 68% des constats d’infraction ont été émis dans l’arrondissement de Ville-Marie, 7,4% sur le Plateau Mont-Royal, 5,9% dans Mercier-Hochelaga et 5,6% dans le Sud-Ouest ; 7%
  • Les constats d’infraction en vertu du Règlement municipal c. P-1 sont principalement émis l’été, du mois d’août au mois de septembre, alors que les constats en vertu des règlements de la STM le sont surtout l’hiver, de septembre à mars.
25
Quels sont les motifs habituels de la judiciarisation concernant les personnes en situation d'itinérance?
- 82,8% des constats émis en vertu du règlement municipal c. P-1 concernaient l’usage d’alcool ou de drogue ainsi que l’ébriété publique. - Dans 10,2% des cas, les constats visaient le flânage, l’entrave à la circulation ou le refus de circuler - 54,5% des constats en vertu de règlements de la STM visaient le non-paiement de titre de transport. - Dans les autres cas, les motifs sont variés, comme être étendu sur un banc ou sur le sol (12,6%), fumer (8,3%), consommer des boissons alcoolisées (7,2%) ou gêner la circulation (3%).
26
Quelles sont les caractéristique des personnes judiciarisées?
- Plus de 80% des cas à des hommes, mais la proportion de femmes judiciarisées augmente - Dans 55,3% des cas, les personnes recevant les constats avaient plus de 40 ans et dans 34,5% des cas, entre 25 et 39 ans - 11% des personnes étaient surjudiciarisées en ayant reçu 10 constats d’infractions ou plus (1 260 personnes) - Entre 2012 et 2019, le nombre de personnes ainsi surjudiciarisées a augmenté en nombre et a reçu une plus grande quantité de constats.
27
Que peut-on dire sur la judiciarisation des personnes autochtones en situation d'itinérance?
- Plus de 4% des constats analysés ont été remis à des personnes déclarant l’adresse d’un organisme desservant les personnes itinérantes autochtones - La proportion de constats reçus par les femmes autochtones est particulièrement importante - Entre 2012 et 2018, cinq fois plus de constats d’infraction ont été reçus par ces personnes, passant de 135 constats à 547 en 2018 - Comparativement à l’ensemble des données étudiées, la proportion de constats d’infraction en vertu de c. P-1 émis en lien avec l’usage d’alcool et l’état d’ébriété aux personnes autochtones est particulièrement élevée, soit de 93%.
28
Quelles sont les approches d'intervention en itinérance?
a) « l’aller vers » (outreach): - qui cherche à rejoindre la personne là où elle est, c’est-à-dire dans les rues, les ressources, les espaces publics (parcs, métro) et semi-publics (hall d’immeuble, centre d’achats) dans l’objectif de bâtir un lien et d’assurer un suivi; b) la liaison intérieure (inreach:) - qui vise à développer les collaborations avec les autres professionnels au sein du réseau de la santé (par exemple, avec le milieu hospitalier lorsque l’accessibilité aux urgences psychiatriques est problématique); c) le travail de liaison avec le milieu communautaire: - qui favorise le développement d’un réseau de services et la complémentarité des ressources; d) la défense des droits et la protection des personnes, - que ce soit à travers la dénonciation des abus, la sensibilisation à la discrimination ou l’assurance que les personnes peuvent évoluer dans un environnement sécuritaire et salubre.
29
Qu'est-ce que le PAJIC? (programme d'accompagnement justice-itinérance à la cour municipale de MTL?)
- PAJIC est mis sur pied en 2009, quelques années après que le rapport « Judiciarisation et criminalisation des populations itinérantes à Montréal » ait documenté/mis à jour la judiciarisation de l’itinérance à Mtl. - Vise à aider les personnes ayant connu une période d’itinérance à régulariser leurs dossiers judiciaires (constats d’infraction en lien avec l’itinérance et/ou causes criminelles sommaires) à cour municipale de Mtl. - Il s’adresse à des personnes qui ont réalisé des démarches ou qui sont volontaires à le faire et qui font le choix de régler leur situation judiciaire par cette voie. - Retrait massif de constats d’infraction et par des sentences plus adaptées aux personnes pour les causes criminelles. - Le volontariat de la personne est au cœur de ce programme, elle choisit donc de l’intégrer ou non et d’y inclure tous ses dossiers ou seulement une partie.
30
Qu'est-ce que la EMRII? (Équipe mobile de référence et d'intervention en itinérance)
- En 2009, le SPVM a créé l’ÉMRII, en partenariat avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. - Ce service de deuxième ligne est constitué de 6 policiers et de 5 intervenants du CIUSSS. - Mandat: réaliser un travail de proximité pour rejoindre des personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir, qui font l’objet d’interventions policières répétées et présentent des facteurs de vulnérabilité. - Constitué de 6 policiers et de cinq intervenants du (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, soit d’une infirmière, d’un éducateur spécialisé, de deux travailleuses sociales et d’un coordonnateur du volet santé