Qu’est-ce que recherche l’école éléate ?
L’école éléate ne cherche pas le principe matériel du monde comme les Milésiens - Elle pose une question radicalement nouvelle : que signifie être ? C’est la première ontologique de l’histoire.
Xénophane de Colophon (570-475 av JC)
Parménide date et info de base ?
Qui est le défenseur de Parménide ?
Zénon d’Elée (vers 490-430 av JC)
-> Elève de Parménide. Ses paradoxes (Achille et la tortue, la flèche) montrent l’impossibilité logique du mouvement et de la multiplicité.
Seul principe selon Parménide ?
Un seul principe - primauté du logos – critique du devenir. L’apparence sensible trompe. Seule la raison atteint ce qui est.
Qu’est-ce que la doxa pour P ?
Pour Parménide doxa = inverse de la vérité.
Vérité en grec ancien = alétheia.
La vérité étymologiquement = quelque chose que l’on ne peut pas oublier.
Parménide d’Elée, en vrac ?
Elée, Grande Grèce (Italie du Sud) - école éléate - Poème De la Nature)
Après Héraclite (tout est devenir), Parménide pose la question inverse : qu’est-ce qui, rigoureusement, est ? La philosophie cesse d’être cosmologique et devient ontologie.
Poème ontologique :
Structure en hexamètres. La déesse révèle au philosophe les deux voies : vérité et opinion.
Fondateur de l’ontologie :
Premier penseur à faire de l’être (to on) lui-même l’objet de la réflexion philosophique.
Rupture radicale :
Contre Héraclite : le devenir n’est pas pensable. Contre les physiologues : la nature visible est illusoire.
DK 28 B2 – les deux voies :
“L’une : que l’être est que le non-être n’est pas. L’autre : que l’être n’est pas.”
L’être est, le non-être n’est pas.
Cette thèse simple est la plus radicale de toute la philosophie présocratique.
De la Nature, une épopée philosophique
Parménide, De la Nature - 160 vers conservés sur tablettes
La forme : l’hexamètre dactylique – le mètre de l’épopée grecque
Homère - Iliade, Odyssée (le récit des héros et des dieux)
Hésiode - Théogonie, Erga kai hemera (le récit de l’origine du monde)
Parménide - De la Nature (le récit du chemin vers l’être)
La forme épique n’est pas contestée - elle est habitée par un contenu nouveau. Le cadre du poème héroïque devient le véhicule de la vérité de l’être
Pourquoi ce choix est philosophiquement significatif ?
Autorité - utiliser le mètre épique confère une autorité analogue à celle d’Homère
Paradoxe – Le poème critique la vision du monde d’Homère et Hésiode (devenir, multiplicité, sens) en empruntant leur propre forme.
Rupture – C’est un déploiement dialectique : Parménide retourne la poésie épique contre elle-même, comme Hésiode retournant le eikos (?)
Même mètre qu’Homère et Hésiode
Mais la Muse est remplacée par la Vérité elle-même.
Parménide accueille la tradition ancienne.
Le proème (DK 28 B1), le voyage initiatique.
DK28 B1 – le proemio du Poème : structure narrative du voyage philosophique
Le premier vers – l’envol
“Les cavales qui me portent aussi loin que mon cœur peut désirer”
Le voyage
Parménide est emporté par des cavales divines hors de la demeure de la Nuit, vers la Lumière. Les Héliades – filles du Soleil – l’escortent comme guides.
La porte de dike
Ils arrivent aux portes des chemins du Jour et de la Nuit. Dike en garde les clés à double battant. Elle ouvre sur persuasion des Héliades.
La déesse anonyme révèle
Une déesse anonyme accueille le philosophe et lui révèle les deux voies - vérité opinion. C’est elle, non Dike, qui enseigne
A distinguer soigneusement :
Dike garde la porte – personnage du proemio, non la révélatrice. La Dea anonyme est celle qui enseigne les deux voies – souvent identifiée à Aledeia (?) elle-même.
Le voyage de Parménide n’est pas mystique – il est logique.
Le philosophe ne rencontre pas un dieu : il atteint la structure même de la pensée vraie.
Les deux voies, aledieia, doxa
La structure du Poème : la déesse révèle deux chemins au philosophe voyageur
Voie de la vérité - Aledeia
Seule la pensée de l’être est possible
L’être est : une vérité nécessaire, non une observation
Le non-être ne peut pas être pensé - ni dit.
Chemin de la nécessité rationnelle
Voie de l’opinion - Doxa
Les mortels croient à la naissance et à la mort
Ils perçoivent le changement, la multiplicité, le mouvement
Ils confondent l’apparence sensible et la réalité
Chemin de l’opinion trompeuse
DK 28 B6 – Les mortels errants
“Les mortels qui ne savent rien… à la fois sourds et aveugles”
Le schéma aledeia/doxa prolonge et radicalise la distinction hésiodo-héraclitéenne entre vérité et eikos – mais ici, l’opinion n’est pas seulement insuffisante : elle est structurellement impossible
L’apparence sensible est trompeuse. Seule la nécessité rationnelle mène à la vérité.
Les propriétés de l’être (to on)
L’archè de Parménide serait l’être
Si le non-être ne peut pas être pensé, qu’est-ce que l’être ? - Conséquences argumentatives
DK 28 B8 – fragment central (les signes de l’être)
“Inengendré et impérissable, entier, d’une seule espèce, immobile et sans fin”
Inengendré : (agenton) : l’être ne peut pas venir du non-être. Avant l’être, il n’y a rien – donc il ne nait pas.
Un : pas de multiplicité : la division supposerait du vide, càd du non-être
Continu : plein, sans manque, sans intervalle. La continuité exclut tout vide.
Impérissable : l’être ne peut pas devenir non-être. La destruction est impensable
Immobile : le mouvement supposerait un lieu vide où se déplacer - non-être impossible.
Complet : Pas de limite manquante. L’être est semblable à une sphère parfaite
Ces propriétés ne sont pas des intuitions – elles sont des conséquences logiques de l’impossibilité du non-être
L’être est plein, homogène, continu et immobile. Il n’y a pas de place pour le vide, le mouvement ou la multiplicité.
Penser et être, noein kai einai (?)
DK 28 B3 – le fragment fondamental
“Car c’est la même chose de penser et d’être”
Attention : cela ne signifie pas que tout ce que je pense existe. Cela signifie que seul ce qui est peut être véritablement pensé;
La pensée vraie ne peut pas porter sur le non-être - essayer de penser le néant, c’est ne penser rien du tout. La pensée et son objet sont inséparables.
Le logos doit se conformer à l’être - l’erreur naît quand on veut penser ce qui n’est pas – naissance, mort, changement, multiplicité.
Ontologie, logique et vérité sont liées - Parménide fonde une tradition : ce qu’on peut dire légitiment de l’être détermine ce qu’on penser.
Importance historique : Parménide fonde la tradition dans laquelle ontologie, logique et vérité sont étroitement liées
Penser et être sont la même chose.
Parménide Synthèse :
Parménide en 5 idées essentielles – avec les fragments
L’être est – le non-être n’est pas : thèse fondamentale. Seul peut être pensé légitimement ce qui est. C’est le principe de toute la philosophie éléate.
Deux voies : vérité vs opinion, aledeia : nécessite rationnelle ; doxa : monde des mortels, fondé sur les sens. L’opinion n’est pas seulement insuffisante – elle est impossible
L’être : un, immobile, inengendré : conséquences logiques de l’impossibilité du non-être. L’être est plein, continu, homogène - comme une sphère parfaite.
Penser et être sont la même chose : Seul l’être peut être pensé. Fondement de la liaison ontologie-logique-vérité.
L’être devient le centre de la philosophie : Parménide déplace la question : non plus de quoi le monde est fait, mais ce que signifie être. Tous les présocratiques postérieurs lui répondent.
Parménide fait du problème de l’être le centre de la philosophie : “car il y a l’être”.