Prinicpale diagnostic différentiel de l’hypocalcméie :
Il faut distinguer l’hypocalcémie vraie, avec diminution du calcium ionisé (fraction régulée), des fausses hypocalcémies par diminution de la fraction liée aux protéines.
=> Le bilan d’une hypocalcémie doit donc comporter un dosage du calcium ionisé et un dosage d’albuminémie.
Définition de l’hypocalcémie :
Formule de la calcémie corrigée :
=> En cas d’hypoalbuminémie, on peut calculer la calcémie corrigée, qui est la valeur de calcémie qu’aurait le patient s’il n’avait pas d’hypoalbuminémie, permettant in fine de distinguer une hypocalcémie vraie d’une pseudo hypocalcémie
Régulation hormonale de la calcémie :
=> La calcémie est régulée par deux facteurs circulants :
=> La calcémie régule la synthèse de PTH, par l’intermédiaire du récepteur sensible au calcium présent sur les cellules parathyroïdiennes. Ce récepteur est également présent sur les cellules tubulaires rénales et module la calciurie en fonction de la calcémie.
Symptomes de l’hypocalcémie :
=> Ils sont corrélés avec la profondeur de l’hypocalcémie et sa rapidité d’installation :
=> Figure 2 page 99

Bilan paraclinique devant une suspicion d’hypocalcémie : (5)
Principales causes d’hypocalcémie chronique : (4)
=> Résumé tableau 1 page 100

présentation biologique de la pseudohypocalcémie :
présentation biologique de l’hypoparathyroidie :
présentation biologique de la carence en vitamine D :
présentation biologique de l’insuffisance rénale chronique avancée :
Physiopahtologie d e l’hypocalcémie de l’hypooparathyroidie:
La diminution primitive de la PTH a pour conséquences une hypocalcémie et une hyperphosphatémie (Pi > 1,4 mmol).
La calciurie dépend de la charge filtrée de calcium (qui baisse avec la calcémie) et de la réabsorption tubulaire de calcium (qui est stimulée par la PTH et inhibée via le récepteur du calcium tubulaire).
=> Au cours de l’hypoparathyroïdie, l’effet net est une calciurie basse, mais qui augmente de façon très importante dès lors que le patient reçoit un traitement vitamino-calcique.
Causes d’hypoparathyroidie : (5)
=> Acquise
=> Génétiques (rares)
Dignostic différentiel de l’hypoparathyroidie :
Le diagnostic différentiel est l’hypocalcémie hypercalciurique familiale, secon- daire à une mutation activatrice du récepteur sensible au calcium.
=> La calciurie élevée permet de la distinguer des autres formes d’hypocalcémie à PTH basse.
Mécanisme d’action de la vitamine D + physiopahtologie de la carence en vitamine D :
=> La vitamine D est une vitamine liposoluble dérivée du cholestérol, provenant soit de l’alimentation, soit de la peau après exposition aux UV.
La vitamine D native est inactive. E
lle doit subir une double hydroxylation, tout d’abord hépatique (25 OH vitamine D ou calcidiol), puis rénale (1,25 OH vitamine D ou calcitriol). La forme active de vitamine D est le calcitriol. Le calcidiol et le calcitriol peuvent être inactivés par hydroxylation en position 24 dans les cellules cibles.
=> En cas de déficit en vitamine D native ou active, la calcémie est maintenue normale grâce à une stimulation de la synthèse de PTH (hyperparathyroïdie secondaire). Si les apports calciques sont insuffisants, l’hypocalcémie peut apparaître.
Les hypocalcémies liées à une hypovitaminose D sont classiquement associées à une hypophosphatémie, à l’exception de l’insuffisance rénale chronique avancée. La carence chronique en vitamine D se complique d’ostéomalacie.
Principale cause de déficit en vitamine D native : (3)
– un apport alimentaire insuffisant (enfant) ;
– une exposition insuffisante aux UV ;
– une malabsorption des graisses (au cours de l’insuffisance pancréatique exocrine
en particulier).
Principaux m édicament intéragissant avec le métabolisme de la vitamine D :
– une diminution de la 25-hydroxylation hépatique de la vitamine D : par certaines antiprotéases
– une augmentation de l’inactivation par 24-hydroxylation hépatique : certains anti- convulsivants, corticoïdes.
Physiopathologie de l’hypocalcémie dans l’insuffisance rénale chronique :
Au cours de la maladie rénale chronique, la diminution du DFG peut s’accompagner de troubles phospho-calciques, incluant une hypocalcémie par défaut de 1α-hydroxylation rénale du calcidiol en calcitriol.
=> Dans les faits, la calcémie reste le plus souvent normale jusqu’à un stade préterminal en raison de l’hyperparathyroïdie secondaire.
Caractéristiques de la pseudoparathyroidie :
Causes d’hypocalémie aigue :
=> L’hypocalcémie aiguë est le plus souvent la conséquence d’une mobilisation du calcium circulant, soit par :
- Précipitation du calcium
* Intra-vasculaire :
* Tissulaire dans les tissus nécrosés (pancréatite aiguë, rhabdomyolyse)
* Syndrome dit de « l’os affamé » (hungry-bone disease) qui survient après parathyroïdectomie pour hyperparathyroïdie primitive ou tertiaire et beaucoup plus rarement après thyroïdectomie chez des patients hyperthyroïdiens, ou lors de la reprise d’une activité physique après une immobilisation prolongée.
* Alcalose respiratoire aiguë qui augmente la liaison du calcium à l’albumine, réduit la concentration de calcium ionisé, sans modifier la calcémie totale
=> Ceci explique les troubles neuromusculaires apparaissant au cours de la spasmophilie, l’hyperventilation entrainant une alcalose ventilatoire à l’origine d’une hypocalcémie ionisée aiguë.
Valeur de la PTH dans l’hypocalcémie aigue :
Toutes ces causes d’hypocalcémie aiguë s’accompagnent d’une PTH élevée, adaptée à l’hypocalcémie (hyperparathyroïdie secondaire) à l’exception de l’hypocalcémie post-parathyroïdectomie, où l’hypocalcémie transitoire est souvent de mécanisme mixte, par transfert intra osseux de calcium (syndrome de l’os affamé) mais également par sidération des parathyroïdes restantes (hypoparathyroïdie transitoire).
Ttt sympatomatologique de l’hypocalcémie : (5)
Prise en charge spécifique de l’hypocalcémie de l’hypoparathyroidie :
=> le traitement repose sur l’administration combinée de calcium et de vitamine D active (Un Alfa® ou Rocaltrol®). L’objectif de ce traitement est d’atteindre la valeur de calcémie minimale pour laquelle le patient est asymptomatique, mais non d’obtenir une normocalcémie, qui ne pourrait se faire qu’au prix d’une hypercalciurie massive exposant au risque de lithiase urinaire et de néphrocalcinose.
Prise en charge spécifique de l’hypocalcémie de la rhabdomyolyse :
la correction de l’hypocalcémie doit être prudente, car il existe au cours de la récupération des lésions tissulaires un risque d’hypercalcémie rebond (par mobilisation des dépôts calciques musculaires).