Hypothermie : généralités ?
= température centrale < 35°C
- Hypothermie légère = 32 à 35°C : patient conscient, frissons, extrémités froides, peu de répercussion circulatoire
- Hypothermie modérée = 28 à 32°C : troubles de la vigilance, hypoventilation alvéolaire, bradycardie
- Hypothermie sévère = 24 à 28°C : coma, risque d’apnée, bradycardie constante, élargissement des QRS avec risque de FV
- Hypothermie profonde = < 24°C : état de mort apparente, évolution vers l’arrêt cardiorespiratoire
=> En cas de suspicion d’hypothermie : utiliser un thermomètre gradué à partir de 28°C (risque de méconnaître le diagnostic en cas d’utilisation d’un thermomètre gradué à partir de 34°C)
Hypothermie : physiopathologie ?
Maintien de la température centrale à 37°C lors de l’exposition à une température extérieure abaissée : débute au niveau de thermorécepteurs cutanés, activant les noyaux hypothalamiques
En cas d’épuisement des mécanisme de régulation et/ou poursuite de l’exposition au froid : chute de la température centrale, jusqu’au décès par asystolie ou FV
=> Au-dessous de 30°C, les besoins tissulaires en O2 baissent : bonne tolérance des organes à l’hypoxie, en particulier du cœur et du cerveau
Hypothermie : clinique ?
Phase initiale
- Plainte de froid, frissons
Atteinte neurologique
Atteinte circulatoire
- Tachycardie initiale, puis bradycardie progressive
- Parfois associé à un BAV complet (pour des températures < 30°C)
- Ralentissement de conduction : BSA, BAV, bloc intra-ventriculaire, allongement du QT
- Onde J d’Osborne (classique, non systématique) si température < 32° : surélévation du point J de raccordement du QRS avec la ligne isoélectrique (aspect RsR’ de BBD)
- Baisse du débit cardiaque : par vasoconstriction périphérique, hypovolémie, bradycardie et chute de l’inotropisme
- Troubles du rythme : asystolie, FV
=> La FV se déclenche souvent à l’occasion d’une stimulation nociceptive, et est parfois résistante au choc électrique tant que la température reste < 30°C
Atteinte respiratoire
Autres
- Atteinte digestive : ralentissement du transit, altération du métabolisme hépatique…
- Atteinte immunitaire : chute des défenses immunitaires (par chute production des cytokines, du NO, régulation des activités enzymatiques, chute agrégation plaquettaire et coagulation, altération de la
migration et de l’activité des polynucléaires)
Hypothermie légère = 32 à 35°C
Hypothermie modérée = 28 à 32°C
Hypothermie sévère = 24 à 28°C
Hypothermie profonde < 24°C
Hypothermie : biologie ?
Hypothermie : traitement ?
= Réchauffement + traitement étiologique des causes favorisantes + remplissage vasculaire en cas d’hypotension
Risques
= Risques cardiovasculaires, favorisé par : une correction trop rapide, un réchauffement appliqué par la périphérie, une hypothermie initiale profonde
- Déséquilibre entre les besoins périphériques en O2 et l’incompétence myocardique par retard du réchauffement du myocarde
- Vasodilatation périphérique brutale entraînant un passage du sang froid dans la circulation, pouvant aboutir à une diminution de la température centrale
=> Réchauffement progressif, sous surveillance médicale, à vitesse inverse de celle du refroidissement : vitesse de réchauffement maximal < 1°C/heure
Indication
= Selon la sévérité de l’hypothermie (profondeur, vitesse d’installation, terrain) et les moyens disponibles
- Hypothermie légère ou modérée avec conservation des moyens de défense : réchauffement passif par voie externe sous surveillance hémodynamique
Hypothermie sévère :
- Surveillance en réanimation
- Réchauffement externe de 0,5 à 1°C/heure
- Assistance circulatoire en cas d’échec
Hypothermie profonde avec instabilité circulatoire et/ou ACR : réanimation symptomatique lourde, voire assistance circulatoire en cas d’échec
Hypothermie : surveillance ?
Coup de chaleur : généralités ?
Coup de chaleur :
Coup de chaleur : physiopathologie ?
Régulation de l’homéothermie
- Thermogénèse : métabolisme de base, activité musculaire ± participation de l’environnement si la température ambiante excède celle du corps humain
- Thermolyse = principalement cutanée : radiation (rayonnement) et évaporation (vapeur d’eau)
=> Pour des températures extérieures > 35°C, seule l’évaporation permet de une thermolyse
- Régulation hypothalamique : thermostat maintenant une température corporelle de 37°C, via le système nerveux autonome (adaptant la perfusion et la vasodilatation cutanée)
Altération de la boucle de thermorégulation
Inefficacité de la sudation
Coup de chaleur : facteurs favorisants ?
Coup de chaleur : clinique ?
Prodromes
- Asthénie, douleur abdominale, vertiges, vomissements, crampes musculaires, sueurs profuses
Phase d’état
Forme grave
= Défaillance multiviscérale : parfois d’emblée
- Défaillance cardiovasculaire : hypotension artérielle avec tachycardie sinusale, voire choc
- Défaillance respiratoire : polypnée, puis épuisement respiratoire, voire hypoxémie profonde
- Défaillance rénale : oligo-anurie, risque d’IR modérée à sévère
- Troubles de l’hémostase : thrombopénie, voire fibrinolyse et CIVD
- Défaillance hépatique (rare)
Coup de chaleur : biologie ?
Troubles acido-basiques :
Coup de chaleur : diagnostic différentiel ?
=> Devant une hyperthermie maligne avec signes neurologiques, le coup de chaleur est un diagnostic d’élimination
Coup de chaleur : évolution ?
Complication
Coup de chaleur : traitement ?
=> Hospitalisation systématique ± en réanimation si coma ou ≥ 2 défaillances organiques
Conductif externe
Conductif interne
= Rarement utilisé : lavage gastrique à l’eau glacée, perfusion de soluté glacé, lavage péritonéal, dispositifs intravasculaires avec circulation de liquide réfrigéré, voire CEC
Par convection et évaporation
Risques
Coup de chaleur : prévention ?