La théorie de la privation relative s’intéresse à quoi?
La théorie de la privation relative s’intéresse aux réactions psychologiques induites par la privation de quelque chose auquel l’individu estime avoir droit (sentiment d’injustice).
* Ne s’intéresse pas à savoir si les gens ont raison ou pas de se sentir traité injustement.
Les réactions physiologiques induite par la privation de quelque chose sont le résultat de quoi?
Ces réactions psychologiques sont le résultat d’un mécanisme de comparaison (évaluation) entre la position qu’occupe un individu et celles des individus qui l’entourent et plus spécifiquement par la perception d’un écart négatif entre sa position et celles des autres (ou de certains autres).
*Contrairement à ce qu’on pense, la justice est rarement un absolu. Souvent associé à nos perceptions, la perspective qu’on adopte.
Quels sont les 2 types de privation relation selon la théorie?
1) La privation relative individuelle qui est reliée à un sentiment
d’injustice où l’individu se sent personnellement visé;
2) La privation relative collective qui est reliée à un sentiment d’injustice où l’individu a le sentiment d’être traité injustement à
cause de sa catégorie d’appartenance.
Dans la littérature portant sur le sujet, et s’inscrivant dans la continuité des théories de l’identité sociale et de la catégorisation sociale, la privation relative collective fait l’objet de plus d’attention.
Il est également à noter que, lorsque l’on parle de privation relative sans spécifier s’il s’agit d’un sentiment de privation relative individuelle ou collective, on fait alors très généralement référence au sentiment de privation relative collective (lié à la perception d’un traitement différentié associé à une catégorie sociale d’appartenance).
Le concept de privation relative comporte 2 dimensions. Lesquelles?
Le concept de privation relative comporte une 1) dimension cognitive et une 2) dimension affective. De plus, il aurait été démontré que c’est surtout la composante affective qui agirait comme déclencheur des réactions à la privation relative, un sentiment de privation relative se traduisant, entre autres, par une baisse de l’estime de soi.
-Un sentiment de privation relative aura également des impacts importants sur les attitudes et les comportements et pourra induire un stress important chez l’individu.
*Comme expliqué précédemment, le concept de privation relative (collective) traite du sentiment de mécontentement ressenti suite à une comparaison sociale désavantageuse. Dans le cas présent (étude de Tougas et ses collègues), cela implique qu’il comporte une dimension cognitive liée à la perception de disparités indues entre sa propre situation et celle des collègues du sexe opposé et une dimension affective liée à un sentiment d’insatisfaction et de mécontentement.
Quelles sont les 7 questions qu’on peut se poser avant de poser une action?
1- Se définir (se positionner) dans la situation analysée davantage comme un individu unique ou comme membre d’un groupe (représentant d’un groupe)
2- Percevoir ou non une iniquité (injustice) qui influence négativement l’identité (individuelle ou collective) Je suis traité correctement ou non?
3- Percevoir la légitimité ou l’absence de légitimité de l’iniquité (cette étape sera
influencée, entre autres, par l’estime de soi). Je suis traitée différemment, mais dans le fond ils ont pt raison, car je n’ai pas mis autant d’efforts dans les dernières semaines ou je n’ai rien fait pourquoi ils me traitent de cette manière?
4- Définir le foyer de l’iniquité (intra ou intergroupe). Les gens qui me font vivre de l’iniquité fait partie de mon groupe ou pas? Si oui, souvent privation collective
5- Avoir la volonté et/ou la capacité de concevoir la situation autrement (dissonance?) Propos qui peuvent protéger minimalement notre estime
6- Analyser, évaluer (à travers des processus largement non conscients) les interventions possibles sur le plan individuel et collectif (incluant l’évaluation de l’efficacité de ces interventions). Je suis victime d’une injustice, qu’est-ce que je peux faire avec ça? Je peux essayer de me défendre moi-même (injustice personnelle), essayer mobiliser les gens qui sont membres de cette injustice avec moi (injustice collective)
7- Choisir le type d’intervention :
- normative ou à l’intérieur du cadre d’action légitime (plus généralement lié à la
privation relative individuelle):
- non normative, qui implique une remise en question de certaines règles de fonctionnement (plus généralement lié à la privation relative collective).
Normative: Je n’ai pas eu ma promotion, impression d’être victime d’une injustice personnelle, ex je vais porter plainte à mon syndicat. À l’intérieur des règles existantes.
Non-normative: Pas eu ma promotion, car les critères pris en compte m’ont défavorisé, car je suis une femme et c’est injuste. Je dois intervenir pour faire changer les critères/règles, car sinon je n’aurai jamais la promotion. Tant que les règles ne changeront pas, moi et les autres comme moi seront toujours défavorisés.
Quelles sont les 2 hypothèses de base dans les travaux de Tougas et al sur la privation relative et les différences selon les genres?
Selon Tougas et al., certains travaux confirmeraient que l’asymétrie de pouvoir et de statut social observée entre les hommes et les femmes dans la société en général affecterait les perceptions des hommes et des femmes quant à un possible traitement différentiel, dans les différentes sphères de la vie dont le travail, et, par ricochet, leurs réactions psychologiques.
Dans ce contexte, il apparaitrait que, même si le traitement différentiel ne peut que meurtrir l’estime de soi de quiconque en est la cible, les femmes en seraient alors possiblement plus affectées que les hommes (à cause d’un effet cumulatif). Autrement dit, en comparaison aux hommes, le bien-être psychologique des femmes serait plus affecté par la reconnaissance (perception) d’un traitement différentiel en fonction du sexe dans un contexte déterminé.
La privation relative pousse les individus de tout statut à tenter d’améliorer leur sort.
Cette amélioration repose souvent sur des stratégies de protection de l’estime de soi. Quels sont les 2 principaux mécanismes de désengagement psychologique?
Dans ce contexte, le désengagement psychologique constitue une stratégie de retrait mental temporaire en situations dévalorisantes. Cette stratégie permet aux individus de se soustraire virtuellement (faire semblant de pas avoir entendu le commentaire par ex) de circonstances où les agissements à leur égard leur apparaissent injustifiés ou dégradants. Le désengagement psychologique s’opère au moyen de deux principaux mécanismes :
1) Le discrédit permet de remettre en cause le feedback reçu dans un domaine spécifique en lui conférant peu de valeur. Par exemple, une femme pourrait discréditer le feedback de ses supérieurs masculins parce qu’il s’appuierait (selon elle) sur une vision erronée des compétences féminines.
2) La dévaluation constitue ce que l’on peut appeler la voie royale du désengagement puisque ce mécanisme amène les gens à se soustraire de domaines d’intégration sociale où ils ont le sentiment d’être confrontés à des situations dévalorisantes. Par exemple, un homme pourrait en arriver à dévaluer son travail parce qu’il considère que ce milieu privilégie injustement les femmes.
*Discrédit je me désengage (ce sont des stratégies psychologiques) des commentaires et du feedback de certaines personnes VS dévaluation c’est toute la situation que je mets de côté, difficile de dévaluer qqchose qui est central dans la société et l’identité (et donc aussi dans l’estime personnelle) comme le travail. Si j’exclue le travail, je vais devoir le remplacer par qqchose d’autre pour me sentir utile/valorisée.
*Désengagement ne peut pas être une stratégie permanente, je ne peux pas passer ma vie à faire semblant qu’ils n’ont pas dû faire exprès ou que ça ne me fait pas de peine. Parfois peut être utile.
Quels ont été les résultats dans les comparaisons intergroupes?
-Chez les participants (femmes ou hommes) ressentant un niveau plus élevé de privation relative:
- les hommes discréditent et dévaluent davantage que les femmes
- les femmes ont une estime de soi moins stable (amplitude des fluctuations
plus importantes = moments ou se sente avec estime très nég et parfois très positive).
*Ces résultats assortis aux recherches antérieures démontreraient que les hommes sont ainsi plus enclins à l’action (psychologique) que les femmes.
Quels ont été les résultats dans les comparaisons intragroupes?
1) Les femmes qui éprouvent plus de privation relative (que les autres femmes) :
- ont une estime de soi plus faible et plus instable et discréditent davantage que leurs consœurs qui perçoivent moins d’inégalités.
- ne dévaluent cependant pas plus leur travail que leurs consœurs qui perçoivent moins d’inégalités
2) Les hommes qui éprouvent plus de privation relative (que les autres hommes) :
- réagissent davantage par le biais du discrédit et de la dévaluation que leurs
confrères qui perçoivent moins d’inégalités
- présentent une estime de soi ni plus basse, ni plus instable que celle de leurs
confrères qui perçoivent moins d’inégalités
*Hommes se défendent psychologiquement davantage que les femmes en utilisant autant discrédit que la dévaluation (car ont pleins d’autres sphères de leur vie ou ils peuvent se sentir valorisé)
Femmes plus vulnérables à un sentiment de privation relation en milieu de travail
Pourquoi les femmes n’utilisent pas beaucoup le discrédit?
À cause de l’effet multiplicateur, femmes plus susceptibles de ressentir sentiment de privation relative dans beaucoup de sphères de leur vie. Ne pourrait pas dévaluer toutes les sphères de notre vie (pour ca qu’elles n’utilisent pas vrm le discrédit)
*Effet cumulatif: traitement différentiel vécu par les femmes dans plusieurs sphères de leur vie. Nous y rend plus fragile/vulnérable