Hypertension pulmonaire : définition ?
= PA pulmonaire moyenne (PAPm) ≥ 25 mmHg et/ou ≥ 30 mmHg à l’effort : élévation progressive des résistances vasculaires pulmonaires, aboutissant à une insuffisance cardiaque droite
Pré-capillaire = PAP occluse ≤ 15 mmHg :
Post-capillaire = PAP occluse > 15 mmHg :
- Groupe 2 : cardiopathie gauche
Sévère :
Hypertension pulmonaire : cathétérisme ?
= Mesure invasive des pressions des cavités cardiaques droites et de la circulation pulmonaire : cathéter souple, introduit par voie veineuse (superficielle du bras ou profonde)
Hypertension pulmonaire : groupe 1 ?
= HTAP = Obstruction des artères pulmonaires de petit calibre (par remodelage vasculaire, vasoconstriction,
thrombose in situ, inflammation) => augmentation résistance vasculaire pulmonaire (RVP > 3 unités Wood)
Idiopathique (40%)
= Forme sporadique en l’absence d’antécédents familiaux ou de FdR identifié
- Pic de fréquence entre 30 et 50 ans, prédominance féminine (2/1)
Héritable (5%)
= Mutation BMPR2, AVCRL1, ALK1, endoglin ou non identifiée
- HTAP sporadique avec mutation identifiée
- HTAP familiale avec ou sans mutation identifiée
Secondaire (55%)
- Médicament : anorexigène ++ (aminorex, dérivé de fenfluramine, benfluorex), huile de colza frelatée, et possiblement amphétamines, cocaïne, chimiothérapie
- Connectivite : sclérodermie systémique ++ (10%), lupus, syndrome de Sharp, PR
- Hypertension portale et/ou cirrhose
- Cardiopathie congénitale : shunt gauche-droit (même après correction chirurgicale)
=> Syndrome d’Eisenmenger (forme sévère d’HTAP) : hyper-débit pulmonaire à l’origine d’une inversion de shunt, responsable d’une cyanose
- Infection VIH : complication rare (0,5%)
- Bilharziose
- Anémie hémolytique chronique
Forme rattachée
= Lésions de remodelage prédominant sur les capillaires et les veinules ± lésions des artérioles pulmonaires : spécificité clinique, radiologique et pronostique
- Maladie veino-occlusive
- Hémangiomatose capillaire pulmonaire
- Hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né
Hypertension pulmonaire : groupe 2 ?
= 1ère cause d’HTP : augmentation de la pression des cavités cardiaques gauches => HTP post-capillaire
- Cardiopathie gauche : dysfonction systolique ou diastolique, valvulopathie mitrale/aortique
Hypertension pulmonaire : groupe 3 ?
= 2ème cause d’HTP : hypoxie alvéolaire => augmentation modérée de la PAPm
- Maladie respiratoire chronique : BPCO ++, pneumopathie interstitielle diffuse, SAOS, mucoviscidose, exposition chronique à l’altitude élevée…
Hypertension pulmonaire : groupe 4 ?
= obstruction chronique proximale et/ou distale des artères pulmonaires, d’origine thromboembolique : risque de 0,5 à 5% après une EP, atcd d’EP retrouvé dans 75% des cas
Hypertension pulmonaire : groupe 5 ?
Hypertension pulmonaire : clinique ?
Hypertension pulmonaire : paraclinique ?
Imagerie thoracique :
ETT
= Examen non invasif de référence : suspicion ou dépistage d’HTP
- Estimation de la PAP systolique : suspicion d’HTP si PAPs évaluée ≥ 35 mmHg
- Signes indirects : vélocité de la fuite pulmonaire, retentissement sur les cavités droites (hypertrophie du VD, dilatation du VD, septum paradoxal, amplitude du déplacement systolique de l’anneau tricuspide (TAPSE), altération de la fonction systolique du VD, dilatation de l’OD)
Cathétérisme cardiaque droit
= Examen de référence pour le diagnostic positif : confirme ou infirme toute suspicion d’HTP
- Diagnostic : PAPm ≥ 25 mmHg, pré-capillaire si PAPO ≤ 15 mmHg
- Pronostic : POD, débit cardiaque normal ou diminué
Hypertension pulmonaire : diagnostic étiologique ?
Bio
ETT
- Bilan étiologique : altération du VG, valvulopathie, cardiopathie congénitale
=> La présence d’une dysfonction ventriculaire gauche et/ou d’une valvulopathie gauche permet de classer l’hypertension pulmonaire dans le groupe 2
- Complétée si besoin par une échographie trans-oesophagienne
EFR
- Recherche de TVO/TVR, trouble de la diffusion, hypoventilation alvéolaire
=> La présence d’un syndrome obstructif ou restrictif associé à une hypoxémie permet de
classer l’hypertension portale dans le groupe 3
- Exploration du sommeil en cas de suspicion de SAOS associée à une autre affection (un SAOS
isolé n’entraîne pas d’HTP)
Scanner thoracique
± Injecté : recherche de signes évocateurs d’une pathologie pulmonaire chronique (emphysème, PID) ou d’une thrombo-embolie chronique
- Un scanner thoracique normal n’exclut pas le diagnostic de thrombo-embolie chronique
Scintigraphie pulmonaire
= Systématique pour éliminer thrombo-embolie chronique
- La présence de défects de perfusion systématisée segmentaire non concordants en
ventilation doit faire évoquer le diagnostic
=> Une scintigraphie normale permet d’exclure le diagnostic
Exploration hépatique
Hypertension pulmonaire : sévérité ?
Sévérité :
Classification fonctionnelle NYHA-OMS
Hypertension pulmonaire : traitement ?
=> Pronostic sévère : moyenne de survie < 5 ans après le diagnostic
Traitement de fond
=> Selon le test de vasodilatation au NO lors du cathétérisme droit
Répondeur : anticalciques
Non répondeur :
- Prostacycline IV = époprosténol ou analogue = tréprostinil SC, iloprost inhalé, sélexipag PO
- Antagonistes des récepteurs de l’endothéline : bosentan par voie orale
- IPDE5 : sildénafil par voie orale, tadalafil
Hypertension pulmonaire : chez l’enfant ?
=> En période néonatale : le diagnostic se fait exclusivement à l’échographie cardiaque => fuite tricuspidienne > 2,8 m/s)
HTAP idiopathique
= Hypertrophie intimale progressive des vaisseaux pulmonaires, aboutissant à leur occlusion : maladie génétique, généralement autosomique dominante, à pénétrance variable (mutation BMPR2, AIK1, endogline, SMAD8)
- Manifestations : dyspnée quasi-constante, syncope (20%), insuffisance cardiaque droite (rare)
- Pronostic effroyable : survie moyenne de 10 mois, seul traitement = greffe pulmonaire (rare)
=> Eliminer systématiquement une autre cause curable (shunt porto-cave congénital…)
=> Enquête familiale systématique : dépistage des apparentés asymptomatiques
HTAP persistante du nouveau-né
= Absence d’abaissement des résistances vasculaires, physiologiquement élevées après la naissance (normalement abaissées en quelques heures)
- Complique une détresse respiratoire sévère : infection materno-fœtale (à streptocoque ++), MMH, inhalation méconiale, hernie de coupole diaphragmatique…
- Parfois sans détresse respiratoire chez le prématuré ou si prise d’ISRS chez la mère
- Réversible dans la plupart des cas
Cardiopathie congénitale
= En cas de shunt gauche-droit : 1ère cause d’HTAP de l’enfant
- Réversible par fermeture du shunt si maladie non évoluée : doit être précoce (< 1 an) si shunt post-tricuspide (CIV, canal artériel persistant) ou jusqu’à l’âge adulte si shunt pré-tricuspide (CIA)
- Syndrome d’Eisenmenger = inversion du shunt (qui devient droit-gauche) en cas d’HTAP évoluée : cyanose, polyglobulie 2ndr, hyperviscosité, risque d’abcès cérébral
HTAP des maladies respiratoires
= obstruction des VAS et apnées du sommeil : rares chez l’enfant
=> traiter l’hypoxie corrige l’HTP