Quelle est la définition de la métrorragie du 3ème trimestre ?
La métrorragie du 3ème trimestre est un saignement d’origine endo-utérine (endocol et cavité) d’abondance variable, survenant après 28 semaines d’aménorrhée (SA) jusqu’à la délivrance. Elle englobe les saignements au cours de la grossesse et pendant le travail, mais exclut les hémorragies du post-partum.
Quelle est la fréquence et la gravité des métrorragies du 3ème trimestre ?
Elles concernent 4 % des grossesses et représentent la deuxième cause de mortalité maternelle. Elles augmentent la morbidité fœtale et la mortalité néonatale. C’est une urgence diagnostique et thérapeutique.
Quelles sont les trois principales étiologies potentiellement graves des métrorragies du 3ème trimestre ?
Les trois étiologies principales sont l’hématome rétro-placentaire (HRP), le placenta prævia (PP) et la rupture utérine (RU).
Pourquoi le toucher vaginal est-il contre-indiqué avant l’échographie en cas de métrorragie ?
Parce qu’il peut aggraver l’hémorragie en cas de placenta prævia.
Quels sont les critères pour le diagnostic de gravité ?
L’abondance de l’hémorragie, l’état de choc, l’état maternel préalable (anémie, cardiopathie) et l’existence d’une souffrance voire d’une mort fœtale.
Quels examens sont utilisés pour apprécier la gravité de la métrorragie ?
L’interrogatoire, l’examen clinique, les analyses biologiques (groupage sanguin Rhésus, hémoglobine, bilan de coagulation), et l’échographie.
Quelles sont les premières mesures d’urgence en cas de métrorragie, quelle que soit son abondance ?
Hospitalisation immédiate dans un centre médico-chirurgical avec maternité de niveau 3, présence d’anesthésiste, réanimateur, obstétricien, pédiatre et banque du sang.
Quelles sont les deux situations d’urgence en cas de métrorragie ?
Urgence vitale nécessitant réanimation et intervention rapide, et situation sans urgence vitale où le temps est pris pour les examens et la préparation.
Quels gestes de réanimation doivent être réalisés en urgence ?
Pose de canule de Mayo en cas de troubles de conscience, deux accès veineux, sondage vésical, transfusion et remplissage, bilan biologique urgent.
Que comprend le bilan biologique urgent à réaliser ?
Groupage sanguin Rhésus, recherche d’agglutinines irrégulières (RAI), numération formule sanguine (NFS), temps de prothrombine (TP), temps de céphaline activée (TCK), fibrinogène, D-dimères, produits de dégradation de fibrine (PDF), créatinine.
Quelles sont les investigations étiologiques nécessaires ?
==> en absences de signes de gravité
Interrogatoire précis, examen physique complet, bilan biologique, échographie obstétricale, et enregistrement du rythme cardiaque fœtal (ERCF).
Quels sont les signes d’accompagnement qui orientent vers un HRP ou un placenta prævia ?
Douleurs permanentes orientent vers un HRP; absence de douleurs vers un placenta prævia; douleurs intermittentes avec contractions utérines évoquent un placenta prævia ou menace d’accouchement prématuré.
Quels antécédents gynécologiques et obstétricaux sont importants à rechercher ?
Parité, cicatrice utérine (césarienne, myomectomie), accidents survenus lors de grossesses précédentes, antécédents de curetage ou d’endométrite.
Quels sont les signes cliniques à rechercher lors de l’examen général et obstétrical ?
Gravité de l’hémorragie (TA, pouls, pâleur, altération de l’état général), pathologie associée (prééclampsie), hauteur utérine, fréquence cardiaque fœtale, tonus utérin, et examen au spéculum.
Pourquoi l’échographie est-elle cruciale dans le bilan des métrorragies ?
Elle permet de localiser le placenta, d’évaluer la biométrie fœtale, de rechercher un décollement placentaire et d’évaluer la vitalité fœtale.
Quelle est la définition de la rupture utérine ?
La rupture utérine est une solution de continuité non chirurgicale du myomètre survenant au cours de la grossesse ou du travail, pouvant être complète (paroi utérine et séreuse rompues) ou incomplète (sous-péritonéale).
Quels sont les facteurs de risque principaux de rupture utérine ?
Multiparité élevée, utérus cicatriciel (césarienne, myomectomie), antécédents de perforations utérines, travail dystocique, disproportion fœto-pelvienne, présentations vicieuses, manœuvres obstétricales mal réalisées, utilisation mal contrôlée d’ocytociques.
Quels sont les signes cliniques typiques d’une rupture utérine pendant le travail ?
Douleur vive en coup de poignard, sensation d’écoulement chaud dans l’abdomen, accalmie de la douleur avant apparition des signes de choc, disparition de la présentation fœtale, absence de battements cardiaques fœtaux.
Quelles sont les mesures prophylactiques pour prévenir la rupture utérine ?
Sélection des femmes à risque, examen rigoureux au 3ème trimestre, respect des indications obstétricales, apprentissage des manœuvres obstétricales, surveillance attentive du travail et de la perfusion de syntocinon.
Quel est le traitement curatif de la rupture utérine ?
Réanimation, transfusion, bilan biologique en urgence, chirurgie immédiate sous anesthésie générale avec exploration et réparation des lésions ou hystérectomie d’hémostase si nécessaire.
Comment se définit un placenta prævia ?
Un placenta prævia est une anomalie d’implantation placentaire où le placenta est inséré en totalité ou en partie sur le segment inférieur de l’utérus.
Quels sont les facteurs de risque du placenta prævia ?
Multiparité, âge maternel > 35 ans, cicatrice utérine (césarienne, myomectomie), manœuvres endo-utérines, antécédents d’avortement ou d’endométrite, grossesses gémellaires, récidive de placenta prævia.
Quelle est la physiopathologie du placenta prævia ?
Le placenta s’implante sur le segment inférieur mal décidualisé, où les contractions utérines entraînent un décollement placentaire provoquant une hémorragie.
Quels sont les types anatomiques de placenta prævia ?
PP latéral (bord placentaire n’atteint pas l’orifice interne du col), PP marginal (bord affleure l’orifice interne), PP central ou recouvrant (recouvre totalement l’orifice interne).