Entre quels niveaux anatomiques s’étend typiquement la moelle épinière chez l’adulte et comment est-elle entourée ?
De l’occiput (foramen magnum) jusqu’au niveau L1–L2. Elle est entourée de la pie-mère qui adhère via les ligaments dentelés et le filum terminale, de l’arachnoïde où circule le LCR, et de la dure-mère qui forme un fourreau cylindrique non adhérent au squelette.
Pourquoi les niveaux médullaires ne correspondent-ils pas toujours aux niveaux vertébraux ?
Parce que la croissance de la colonne vertébrale dépasse celle de la moelle ; les segments médullaires sont donc situés plus haut que les vertèbres correspondantes, surtout en région lombosacrée, d’où la formation de la queue de cheval.
Quels sont les trois grands rôles fonctionnels de la moelle épinière ?
1) Transmission des informations sensitives vers le cerveau. 2) Transmission des commandes motrices descendantes. 3) Intégration locale des réflexes et de certains schémas moteurs ou végétatifs.
Quelles sont les trois grandes cornes de la substance grise médullaire et leur fonction globale ?
Corne dorsale : sensorielle (plaque alaire). Corne ventrale : motrice (motoneurones α/γ, plaque basale). Corne intermédiaire : fonctions autonomes et d’intégration viscérale.
À quoi correspond le système laminaire de Rexed et comment regroupe-t-il les fonctions de la corne dorsale ?
C’est une classification histologique des couches de neurones de la moelle (lames I à X). Les lames I–V traitent surtout l’extéroception (nociception, thermoalgésie, tact), les lames VI–VII la proprioception et les afférences/efférences viscérales, les lames VIII–X le contrôle moteur et du tonus.
Quelles modalités sensitives transportent les colonnes dorsales médullaires ?
Le tact fin discriminatif, la vibration et la proprioception consciente provenant principalement des gros mécanorécepteurs et fuseaux neuromusculaires.
Quelles modalités sensitives sont transmises par le système antérolatéral (spinothalamique) ?
La douleur, la température, le tact grossier et une partie de la pruriception, avec décussation rapide dans la moelle sur 1–2 segments.
Quel est le rôle des faisceaux spinocérébelleux (dorsal, ventral, rostral) ?
Ils transmettent la proprioception inconsciente et des informations sur l’état des circuits moteurs spinaux vers le cervelet pour l’ajustement automatique de la posture et de la coordination.
Quels sont les principaux faisceaux corticospinaux et que contrôlent-ils ?
Le faisceau corticospinal latéral contrôle surtout les muscles distaux controlatéraux (motricité fine des mains) ; le faisceau corticospinal ventral module davantage les muscles axiaux et proximaux, souvent de façon bilatérale.
Quels faisceaux descendants extra-pyramidaux participent au contrôle du tonus et de la posture ?
Les faisceaux rubrospinal, réticulospinaux médial et latéral, vestibulospinaux médial et latéral, tectospinal et raphéspinal contribuent au tonus fléchisseur/extenseur, aux réponses posturales et à la modulation de la nociception.
Quel est le rôle du faisceau propre (voie propriospinale) ?
C’est un réseau de neurones qui relie entre eux des segments médullaires éloignés et coordonne des synergies multi-segmentaires, y compris certaines composantes de la nociception.
Sur quels critères repose le diagnostic de compression médullaire non traumatique ?
1) Présence d’un syndrome lésionnel (radiculaire ou segmentaire) souvent associé à un syndrome rachidien. 2) Présence d’un syndrome sous-lésionnel (médullaire). 3) Absence de signe neurologique au-dessus du niveau lésionnel.
Qu’est-ce que le syndrome lésionnel médullaire (radiculaire) ?
Atteinte des racines et/ou de la substance grise au niveau de la lésion : douleurs radiculaires souvent inaugurales, hypoesthésie dans le dermatome correspondant, déficit moteur segmentaire et diminution des ROT dans le même territoire.
Quelles caractéristiques des douleurs radiculaires suggèrent une origine médullaire compressive plutôt qu’une radiculopathie mécanique banale ?
Douleurs en éclairs, parfois bilatérales, exacerbées par la triade de Déjerine (toux, éternuement, défécation), souvent plus marquées au repos ou la nuit, s’accompagnant d’une progression rapide des déficits ou de drapeaux rouges (troubles sphinctériens, syndrome pyramidal).
Qu’est-ce que le syndrome sous-lésionnel médullaire ?
Interruption des faisceaux ascendants et/ou descendants sous le niveau lésionnel, se traduisant par un syndrome pyramidal (LMNS : hypertonie spastique, hyperréflexie, clonus, Babinski) et/ou par des troubles sensitifs (douleurs, paresthésies, déficit sensitif, ataxie) et végétatifs (troubles sphinctériens, dysautonomie).
Quels sont les principaux signes d’un syndrome pyramidal sous-lésionnel ?
Faiblesse ou paralysie spastique, hypertonie en « canif », hyperréflexie (3+ ou 4+), clonus, signe de Babinski positif, syncinésies et fatigabilité à la marche.
Qu’est-ce que le choc spinal et quand survient-il ?
C’est une phase aiguë après une lésion médullaire (surtout traumatique et au-dessus de T6) caractérisée par une paralysie flasque, une aréflexie et une dysfonction sympathique (hypotension, troubles de la sudation) sous la lésion, durant de 24–72 heures à quelques semaines avant l’installation de la spasticité.
Quels types de troubles sphinctériens observe-t-on classiquement dans les lésions médullaires suprasacrées chroniques ?
Vessie neurogène spastique avec urgences et rétention incomplète, troubles sexuels (dysfonction érectile ou anorgasmie) et constipation ou incontinence fécale.
Quel est le tableau d’une lésion de la moelle cervicale haute (C1–C4) ?
Syndrome lésionnel possible sur les nerfs phréniques et nerfs crâniens accessoires (paralysie du diaphragme, hoquet, faiblesse du SCM et trapèze) et syndrome sous-lésionnel avec tétraplégie spastique en dessous.
Comment se manifeste une lésion de la moelle cervicale basse (C5–T1) ?
Syndrome lésionnel avec névralgie cervico-brachiale et déficit radiculaire des membres supérieurs (LMNI) et syndrome sous-lésionnel avec paraplégie spastique des membres inférieurs.
Quel signe autonome peut accompagner une compression entre C8 et T1 ?
Un syndrome de Claude Bernard–Horner ipsilatéral (ptosis, myosis, anhidrose) par atteinte des fibres sympathiques ascendantes.
Quel est le tableau typique d’une lésion de la moelle thoracique ?
Douleurs en ceinture thoracique avec anesthésie en bande correspondant au métamère, altération des réflexes cutanés abdominaux, et syndrome sous-lésionnel avec paraplégie spastique des membres inférieurs.
Comment se distingue cliniquement une lésion de la moelle lombaire d’une atteinte isolée de la queue de cheval ?
Une lésion de la moelle lombaire donne un mélange de signes radiculaires (LMNI) et médullaires (LMNS) avec Babinski possible, alors que la queue de cheval est une atteinte purement périphérique (LMN) sans Babinski, avec aréflexie diffuse et anesthésie en selle.
Quelles sont les caractéristiques d’une lésion du cône médullaire (moelle sacrée) ?
Lésion souvent à T12 : troubles sensitifs en selle, LMNI segmentaire T12–L1, abolition des réflexes cutanés abdominaux inférieurs, abolition du réflexe crémastérien mais Babinski souvent positif, troubles sphinctériens constants et sévères.