Quels territoires sensitifs sont innervés par les branches V1, V2 et V3 du trijumeau ?
V1 : front, cuir chevelu antérieur, région sus-orbitaire, nez jusqu’au bout. V2 : joue, paupière inférieure, aile du nez, lèvre supérieure, dents maxillaires. V3 : région mandibulaire, lèvre inférieure, menton, dents mandibulaires, partie antérieure du conduit auditif externe.
Comment distinguer cliniquement une douleur trigéminale d’une douleur d’origine C2–C3 ?
V : douleur bien circonscrite à la face, suivant V1–V3, sans atteinte du cuir chevelu postérieur ni de la nuque. C2–C3 : douleur postérieure, pariéto-occipitale, pouvant irradier vers la tempe ou l’oreille mais respectant la zone centrale de la face.
Quels sont les trois noyaux sensitifs principaux du trijumeau et leur fonction ?
Noyau mésencéphalique : proprioception de la face (PDLM, muscles masticateurs). Noyau principal (pontique) : tact fin et vibration. Noyau spinal : douleur et température de la face.
Quelle est l’organisation somatotopique du noyau spinal du V ?
Fibres V1 se projettent de façon rostrale (proche du pont), V2 au milieu, V3 plus caudal et cervical. Les racines C2–C3 convergent aussi dans la partie caudale, expliquant les douleurs référées cervico-crâniennes.
Qu’est-ce que la convergence trigémino-cervicale et sa pertinence clinique ?
Les afférences nociceptives des premiers nerfs cervicaux (C1–C3) et du V convergent dans le noyau spinal du V. Cela explique qu’une pathologie cervicale (C2/C3) puisse donner une douleur projetée dans le territoire V1–V3 (céphalée cervicogénique).
Quel est le tableau sensitif typique du syndrome de Wallenberg (AVC bulbaire latéral) au niveau de la face et du corps ?
Perte thermoalgésique ipsilatérale de la face (atteinte noyau spinal du V) et perte thermoalgésique controlatérale du tronc et des membres (atteinte faisceau spinothalamique) avec tact relativement préservé.
Quels tests cliniques principaux évaluent le nerf trijumeau ?
Sensibilité de la face (tact, douleur, température), réflexe cornéen (afférence V1, efférence VII), contraction des muscles masticateurs, réflexe massétérin.
Quels diagnostics différentiels principaux associer à une atteinte du V ?
Névralgie essentielle du trijumeau, névralgie secondaire (SEP, tumeur, conflit vasculaire), lésions du tronc cérébral, zona V, céphalées primaires avec algies faciales (migraine, algie vasculaire).
Quels sont les critères cliniques typiques d’une névralgie essentielle du trijumeau ?
Douleur paroxystique, en décharges électriques, très brève (secondes), unilatérale, dans un territoire V1–V3, déclenchée par des zones gâchettes, sans déficit sensitif objectif entre les crises.
Comment la névralgie occipitale se distingue-t-elle d’une névralgie du V ?
Névralgie occipitale : douleur fulgurante postérieure, irradiant vers le vertex, suivant le territoire du nerf grand ou petit occipital (C2–C3). Névralgie du V : douleur antérieure, dans les territoires V1–V3.
Quels sont les trois grands types de céphalées primaires selon l’ICHD-3 ?
Migraine, céphalée de tension, céphalées trigémino-autonomiques (incluant l’algie vasculaire de la face).
Quelles sont les caractéristiques clés de la migraine sans aura ?
Crises de 4 à 72 h, céphalée unilatérale pulsatile, d’intensité modérée à sévère, aggravée par l’activité physique, associée à nausée/vomissements et/ou photophobie et phonophobie.
Quelles caractéristiques définissent la migraine avec aura ?
Aura neurologique réversible (visuelle, sensorielle, dysphasique) durant 5–60 minutes, précédant ou accompagnant la céphalée, avec progression graduelle des symptômes et succession de plusieurs modalités possibles.
Quels symptômes visuels sont typiques d’une aura migraineuse ?
Scotome scintillant, phosphènes, lignes en zigzag (spectre fortification), hémianopsie transitoire ou flou visuel, évoluant progressivement sur ≥5 minutes.
Quel est le mécanisme principal actuellement admis pour la migraine ?
Phénomène de dépression corticale envahissante associé à une activation du système trigémino-vasculaire et à une modulation anormale des voies nociceptives et des systèmes monoaminergiques (sérotonine).
Qu’est-ce qu’une céphalée de tension épisodique typique ?
Céphalée bilatérale, en casque, pression ou serrement, d’intensité légère à modérée, non aggravée par l’effort, sans nausée ni vomissement, avec au plus photophobie ou phonophobie isolée.
Quelles différences cliniques permettent de distinguer migraine et céphalée de tension ?
Migraine : unilatérale, pulsatile, + forte intensité, aggravation à l’effort, nausée/vomissement, photophobie+phonophobie. Tension : bilatérale, en étau, moins intense, non aggravée par l’effort, pas de symptômes digestifs, peu de symptômes sensoriels.
Qu’est-ce qu’une céphalée chronique quotidienne (chronic daily headache) ?
Céphalée présente ≥15 jours/mois pendant ≥3 mois, pouvant résulter d’une chronicisation d’une migraine ou d’une céphalée de tension, souvent associée à un surusage médicamenteux d’analgésiques.
Quels sont les critères cliniques typiques de l’algie vasculaire de la face (cluster headache) ?
Douleur orbitotemporale unilatérale, excruciante, durant 15–180 minutes, survenant en salves (1–8/jour), associée à des signes autonomes ipsilatéraux (larmoiement, congestion nasale, ptosis, myosis, rougeur oculaire), avec agitation motrice.
Quels facteurs déclenchants sont typiques de l’algie vasculaire de la face ?
Alcool, vasodilatateurs (nitroglycérine), variations du rythme circadien, parfois la chaleur ; crises souvent nocturnes à heures fixes.
Quelles sont les grandes recommandations de prise en charge non pharmacologique pour une migraine ?
Identifier et limiter les déclencheurs individuels (manque de sommeil, stress, hypoglycémie, certains aliments), hygiène de vie (sommeil régulier, hydratation), activité physique graduelle, techniques de gestion du stress.
Qu’est-ce qu’une céphalée cervicogénique selon les critères cliniques ?
Douleur cervicale (souvent sous-occipitale) associée à une douleur crânienne unilatérale, généralement pariéto-occipitale ou fronto-orbitaire (V1), déclenchée ou aggravée par les mouvements ou postures cervicales, souvent associée à une hypomobilité segmentaire C1–C3 et sensible au CFRT.
Quel test clinique est utile pour objectiver une céphalée cervicogénique ?
Le Cervical Flexion-Rotation Test (CFRT), où la flexion cervicale maximale puis la rotation passive évaluent la mobilité C1–C2 ; une réduction significative de l’amplitude est corrélée aux céphalées cervicogéniques.
Qu’est-ce qu’une céphalée dite « cervicogénique » partiellement remise en question par l’ICHD ?
Une céphalée attribuée à des troubles du rachis cervical (articulaires, musculaires, discaux), dont l’existence en tant qu’entité distincte de la céphalée de tension est débattue ; l’ICHD tend à la classifier comme céphalée de tension déclenchée par facteurs cervicaux.