Comment est vue la dépression dans la théorie psychanalytique de Freud ?
Mélancolie :
mélancolie (dépression majeure) comme similaire à un deuil, outre pour l’aspect diminution de l’estime de soi et la culpabilité (pulsion agressive envers soi-même)
Le mécanisme du deuil consiste en un désinvestissement de l’objet perdu (peut être une personne), en un retrait de la libido (attachement, amour, relationnel), par le biais de la remémoration.
La perte à laquelle réagit le mélancolique est inconsciente, et n’est pas directement en relation avec une perte réelle comme dans le deuil. (plus symbolique)
Le sujet réagit à la perte en retournant sa libido (ça) dans son propre moi - il désinvestit l’objet et retourne dans le moi, qui devient alors l’objet perdu. Ainsi le mélancolique, devient son propre objet (elle devient porteuse de la perte), et privilégie le versant de la haine(frustration d’avoir perdu l’objet est intégré dans soi) : c’est ainsi que s’expliquent les auto-reproches parfois délirants.
Freud présuppose donc trois conditions à l’origine de la mélancolie
Quelles sont les trois conditions à l’origine de la mélancolie ?
la perte de l’objet (quelque chose dans lequel tu as investi), l’ambivalence envers l’objet (ex. je n’aime pas qu’elle m’a quitté mais je l’aime encore) et la régression de la libido dans le moi.
Comment est le modèle de la dépression majeure psychanalytique de Klein ?
la position dépressive décrite par Mélanie Klein, et qui renverrait à la formation même du moi, naissant dans la douleur de l’ambivalence
il y aurait aux origines de cette instance, pour laquelle se prend le sujet, une angoisse dépressive ayant son origine dans l’ambivalence face à l’objet total. (enfant réalise qu’on ne répond pas toujours à ses besoins le plus vite possible = frustration mais heureux quand le parent répond à son besoin = ambivalence (le même parent peut être bon et mauvais))(pas de vraies preuves de cette théorie chez les bébés, mais l’ambivalence doit être travaillée à l’âge adulte)
l’enfant passe par des stades psychosexuels quand bébé (phase dépressive nécessaire pour formation de moi0
Comment est le modèle de la dépression selon la théorie de relation d’objet (psychanalyse) ?
la dépression est causée par une impossibilité de maintenir une représentation saine des relations interpersonnelles. La dépression provient d’un désir de maintenir le contact avec un objet désiré (et l’incapacité = échec relationnel).
Dépression anaclitique: personne qui se sent dépendante et qui vit dans la peur constante de la perte de l’objet. (ressemble à TPL)
Dépression introjective: lorsque la personne est persuadée avoir échouée à rencontrer ses propres standards et s’être déçue elle-même (et les autres). Ici la crainte est de perdre la reconnaissance des autres. (beaucoup chez les personnalités narcissiques)
Plus observé pcq gens qui vont pour psychanalyse ont plus souvent ces problèmes de personnalité
Quel est le modèle de la dépression psychanalytique de Coyne ?
Théorie interpersonnelle de la dépression (Coyne) : les comportements interpersonnels négatifs de la personne l’amènent à se faire rejeter. La personne utilise des comportements de recherche de réassurance, d’anxiété, qui entraîne des comportements de rejet et d’évitement. (beaucoup dans TPL)
Quelles sont les faiblesses des théories psychanalytiques ?
Peu de soutien empirique.
Études sur les rêves: la personne se perçoit de manière pathétique (‘loser’) sans agressivité apparente (plus des reproches)(moins les pulsions agressives).
Aucun soutien pour les stades développementaux dépressifs.
Quelles sont les forces des théories psychanalytiques ?
Les nouvelles théories expliquent bien la dépression chez les personnes avec des troubles de personnalité (narcissique et TPL)
Qu’est ce que le modèle de la dépression lié au stress ?
Une étude pionnière (Brown et Harris, 1978) a étudié le lien entre les événements de la vie et la dépression auprès d’un échantillon féminin important (près de 600)
Pratiquement toutes les femmes qui ont développé une dépression avaient vécues un événement de vie significatif dans le mois précédant l’épisode
Certaines femmes avaient vécues des événements de vie importants sans développer un épisode dépressif
Les événements de vie négatifs touchaient aux domaines: santé, travail, argent, matériel, famille/personnel, légal, logement, … (ex: divorce, perte d’emploi, incendie, maladie d’un proche, …)
Dans le cadre de cette étude, le temps entre l’événement de vie et l’épisode dépressif, en tenant compte de l’effet ‘chance’, était de:
entre 1.98 et 2.18 années
+ d’événements de vie dans les 2 dernières années (accumulation) = + de risque
Quels étaient les facteurs de vulnérabilité à la dépression dans cette étude ?
Décès de la mère avant l’âge de 12 ans (lien avec attachement)
Absence de relation intime (de soutien)
Être sans emploi
Avoir plus de 3 enfants de moins de 12 ans
Qu’est-ce que les répliques de cette étude ont montré ?
démontrent qu’entre 67% et 90% des dépressions seraient précédées d’événements de vie négatifs.
Toutefois les critères de vulnérabilités seraient différents selon les régions et les cultures (ex: intégration sociale ou solitude)
Les événements de vie liés à la perte entraîneraient davantage des dépressions majeures alors que ceux liés à une menace entraîneraient des troubles anxieux.
Qu’est-ce que le modèle de Sonia Lupien ?
Une situation est stressante si elle présente au moins une de ces quatre caractéristiques :
Contrôle faible (on ne maîtrise pas la situation).
Imprévisibilité (on ne pouvait pas le prévoir).
Nouveauté (c’est une expérience inédite).
Ego menacé (nos compétences sont remises en question).
Stress absolu vs relatif :Le stress absolu menace la survie (un danger réel), tandis que le stress relatif (CINÉ) est déclenché par des situations quotidiennes, provoquant une cascade d’hormones qui peuvent mener à un épuisement ou à la dépression si elles deviennent chroniques (que ce soit absolu ou relatif, chronique = dépression).
Quelles sont les faiblesses des théories liées au stress ?
Tient légèrement compte d’aspects émotionnels, relationnels ou d’attachement.
Ne tient pas compte des idées suicidaires ou de l’auto-évaluation.
Quelles sont les forces des théories liées au stress ?
Très objectif (mesurable).
Soutien empirique, surtout pour le stress cumulatif en lien avec la dépression et la cortisone.
Quelle est la théorie comportementale de la dépression ?
La plupart des ‘comportementalistes’ voient la dépression comme une absence de comportement.
Selon Ferster (1973), la dépression impliquerait l’absence de comportements renforcés socialement, résultant dans une perte générale de renforcement positif et une augmentation progressive de l’inactivité
Elle serait liée à deux changements environnementaux:
un changement soudain dans le contrôle de stimulus (ex: perte d’emploi ou départ du conjoint)
l’augmentation de comportements non-motivés qui surviennent suite à une menace, remplaçant ainsi le comportement socialement renforcé.
Quel est l’autre modèle comportemental ?
Costello (1972):
perte de l’efficacité du renforcement – les mêmes comportements perdent de leur valeur de renforcement, soit à cause d’un changement biochimique lié à la motivation, ou à une coupure dans la chaîne de renforcement suite à la perte d’un ‘renforceur’
Quelles sont les forces des théories comportementales ?
Malgré l’absence de spécificité de la théorie comportementale, au niveau du traitement il est prouvé que plus d’activités améliorent l’état de la personne.
La technique utilisée s’appelle ‘planification des activités’
Modèle théorique limité mais bonne valeur de traitement
Quelles sont les faiblesses des théories comportementales ?
Le modèle manque de spécificité et ne parle pas des autres symptômes comme la diminution de l’estime de soi et les idées suicidaires
Qu’est-ce que la théorie de l’impuissance acquise ?
Overmeir & Seligman (1967) ont comparé des chiens sous 3 conditions:
Pouvaient éviter les chocs en changeant de pièce
Ne pouvaient pas éviter les chocs, peut importe ce qu’ils faisaient (impuissants)
Ne recevaient pas de chocs
Les chiens impuissants démontraient de la détresse, un retrait, et une apathie.
Si par la suite ils se retrouvaient dans une situation avec contrôle, ils ne faisaient rien…
L’impuissance acquise ressemble beaucoup à la dépression
Quel est le problème avec la comparaison impuissance et dépression ?
Manque Pensées négatives et Hostilité contre soi
Comment Seligman a reformulé sa théorie ?
Selon Seligman (1975) l’impuissance acquise serait un bon modèle de dépression, surtout en ce qui est lié à l’absence de contrôle.
Toutefois, les critiques ont soulevé:
les études expérimentales avec humains n’ont pas confirmé cette théorie
Les personnes déprimées se blâment et croient au contraire être la cause de tout (et non une absence de contrôle)
Ce modèle ne laisse pas d’espoir au traitement
Quelle est La nouvelle théorie de l’impuissance acquise ?
Abramson, Seligman & Teasedale (1978) suggèrent que les gens deviennent déprimés si:
Ils sont exposés à des expériences négatives incontrôlables, ET
Ils croient que les causes des expériences négatives sont internes, globales et stables (modèle des attributions)
Selon cette théorie, chaque personne possède un style d’explication ou d’attribution qui serait un trait stable. Un style pessimiste serait une vulnérabilité pour la dépression.
Interne = dépression
Externe = paranoïa ou narcissique
Qu’est-ce que les études montrent sur les attributions ?
Plusieurs centaines d’études démontrent que les personnes en générale ont un biais d’auto-protection, attribuant les événements négatifs à des causes plus externes, instables, spécifiques alors que les événements positifs sont davantages perçus de manière interne, stable et globale – ce biais est absent chez les personnes depressives (mais ils sont quand même biaisés).
Quelle est La 2e ‘nouvelle’ théorie de l’impuissance acquise ?
Abramson, Metalsky & Allot (1993) soutiennent maintenant que:
un style pessimiste, global et stable entraîne l’impuissance
l’impuissance cause la dépression
La dépression de type ‘impuissante’ est un type de dépression parmi d’autres
L’attribution interne ou externe est seulement liée à l’estime de soi dans ce modèle
En général, les études soutiennent le lien entre les attributions et la dépression, mais certaines suggèrent des liens plus forts avec l’estime de soi qu’avec la dépression. (le lien avec la dépression passe par l’estime de soi)
Certaines études suggèrent des modifications dans les attributions, suite aux traitements (donc pas stables)
Quelles sont les Nouveautés par rapport aux attributions ?
5,000 étudiants – ont répondu à un questionnaire d’attributions et d’attitudes dysfonctionnelles envers soi. 200 personnes ont été considérées ‘à risque élevé’ et 200 ‘à très faible risque’.
Après 2 ans, les étudiants à risque élevés avaient eux davantage de symptômes de dépression que les autres (17% vs 1% pour Dx de dépression majeure et 39% vs 6% pour symptômes de dépression) (Alloy et al., 1999)
Ces personnes avaient aussi des attitudes dysfonctionnelles envers eux-mêmes.