F42a, ambulancière, mère monoparentale de deux enfants dont elle a la garde quasi complète. Elle est en arrêt de travail depuis maintenant 4 mois. Elle vous est référée par son médecin de famille pour une dépression réfractaire. Le médecin de famille a tenté du citalopram jusqu’à 40 mg die et a également tenté l’augmentation par l’aripiprazole, mais la patiente n’aurait pas toléré l’aripiprazole.
Vous rencontrez la patiente à votre bureau de clinique externe. Elle rapporte des symptômes de dysphorie marquée, de fatigue incapacitante (madame parle d’épuisement pour la journée complète après avoir préparé ses enfants pour l’école), d’insomnie initiale et terminale, des ruminations anxieuses (craint de perdre son emploi, craint que quelque chose de mal arrive à ses enfants, se sent incapable de faire quoique ce soit, a l’impression que personne ne pourra l’aider, etc.). Elle nomme malgré tout que ses enfants sont sa raison de vivre et qu’elle ne poserait jamais de geste suicidaire.
À l’examen mental, vous notez une patiente volubile, tendue voire agitée, avec des affects anxieux et dysphoriques, intenses et difficilement contenus. Le discours est productif, à tendance tangentielle ce qui rend votre entrevue difficile car la patiente a de la difficulté à organiser sa pensée pour répondre aux questions de manière circonscrite. Madame nie tout élément maniaque ou psychotique. Vous demandez à sa sœur qui l’accompagne si elle la trouve anormalement agitée, ce qu’elle nie (rien dans l’état de la patiente ne lui semble hors de l’ordinaire hormis la tristesse).
Les réponses suivantes donnent un point complet :
* Une échelle de dépression : MADRS, HAM-D
* Une échelle pour les troubles anxieux : HAM-A, Inventaire d’anxiété de Beck, Questionnaire sur les inquiétudes de Penn State Univ, Questionnaire sur le TAG- version IV, GAD-7, SPIN, Burns, etc
* Une échelle pour le TDAH : ASRS, C AARS
* Échelle d’évaluation de la dépression, de l’anxiété et du stress (DASS)
* Échelle MAB (YMRS, Mood Disorder Questionnaire/Questionnaire des troubles de l’humeur, …)
Les réponses suivantes donnent un demi-point :
* Échelle TOC (YBOCS, …)
* Échelle TP (MacLean Screening Instrument for BPD, …)
* Échelle TSPT (CAPS-2, TOP-8, Échelle de traumatisme de Davidson, …)
(seulement une des deux réponses est nécessaire)
* MADRS : > 30 ou 40 (sur 60)
* HAM-D : > 20 ou 25
(seulement une des deux réponses est nécessaire)
* MADRS : < 10-12
* HAM-D : < 7 ou 8
Vous retenez finalement comme diagnostics : (1) un trouble dépressif caractérisé, épisode unique, avec détresse anxieuse moyenne, de sévérité grave; (2) un déficit de l’attention/hyperactivité présentation mixte de sévérité moyenne.
La patiente vous apprend qu’elle a arrêté son Citalopram car elle n’avait vu que peu d’amélioration, qu’elle a perdu son renouvellement et n’avait pas l’énergie de retourner voir son médecin de famille pour avoir une nouvelle prescription.
Lors de vos rendez-vous de suivi, vous réalisez que votre pharmacothérapie, la Sertraline, n’est pas efficace. La patiente vous demande s’il faudrait rajouter un deuxième médicament comme son médecin de famille avait tenté de le faire dans le passé ou s’il faudrait carrément changer d’antidépresseur.
La patiente nomme qu’elle préfèrerait rajouter une autre médication en monothérapie après avoir eu une mauvaise expérience avec une médication adjuvante dans le passé (l’aripiprazole).
Plusieurs choix de réponse :
* Venlafaxine (car AD d’efficacité supérieure et davantage d’effet noradrénergique pour le TDAH)
* Bupropion (car tx dépression et TDAH, pas tx 1ere ligne pour TAG, mais pas inférieur dans les études sur dépression avec caractéristiques anxieuses)
* Escitalopram (car AD d’efficacité supérieure et première ligne pour TAG)
* Mirtazapine (car AD d’efficacité supérieure)
La patiente vous remercie de considérer sa préférence pour une monothérapie. Elle en profite pour vous dire qu’elle a cru entendre dans la salle d’attente des patients qui parlaient de réclamer des compensations après avoir eu des effets tolérables de l’aripiprazole, elle vous demande si elle serait éligible à être dédommagée.
ainsi que leurs successeurs, leurs ayants droit, les membres de leur famille et leurs personnes à charge.
La patiente finit par atteindre une rémission avec la prise de Bupropion.