Facteurs favorisant le développement d’une candidose cutanée ou muqueuse
•facteurs locaux :
—humidité ; macération (contacts répétés avec l’eau, occlusion, obésité, transpiration..)
—pH acide ;
—irritations chroniques (prothèses dentaires, mucite post-radique. . .) ; xérostomie ;
—facteurs locaux d’origine exogène : pâtissier (contacts cutanés répétés avec le sucre) ;
•facteurs généraux :
—terrain (immunosuppression congénitale, physiologique : âges extrêmes de la vie et grossesse, acquise : ttt par IS, corticoïdes, VIH, diabète) ;
—médicaments : ATB systémiques, oestroprogestatifs (infections muqueuses génitales).
Modalités d’infection par le Candida albicans
•voie endogène principalement (+++) : origine digestive ou génitale ;
•voie exogène, rarement :
—nouveau-né : chorio-amniotite secondaire à vaginite candidosique maternelle (transmission materno-foetale);
—adultes : candidoses sexuellement transmissibles ;
•septicémies ou lésions viscérales profondes à C. albicans : exceptionnelles (IS profonde, aplasie médullaire, nouveau-né prématuré).
Tableau clinique d’une candidose buccale
Facteurs favorisants: hyposialie/ prothèses dentaires, âges extrêmes, VIH
Tableau clinique d’une candidose digestive extra-buccale
Tableau clinique d’une vulvo-vaginite candidosique
•Femmes jeunes et d’âge moyen ++, grossesse ++ (autres FF: diabète, ATB systémiques). Rare > 50 ans.
•Deux tableaux : Vulvo-vaginite aigüe/ vulvo-vaginite chronique ou récidivante
•Diagnostics différentiels :
—vulvovaginites infectieuses : bactérienne, parasitaire (trichomonose) ;
—inflammatoires : lichen scléreux (en particulier chez la femme ménopausée), eczéma de contact, psoriasis ;
—tumorales : carcinome épidermoïde in situ, adénocarcinome intra-épithélial à cellules claires (maladie de Paget extra-mammaire).
Tableau clinique des candidoses génitales masculines
Tableau clinique des intertrigos candidosiques
Tableau des candidoses des phanères
Diagnostic mycologique des candidoses
!!! Attention, isolement en culture de C. albicans :
•à partir de sites cutanés : candidose (Candida albicans: pathogène cutané) ;
•à partir de sites muqueux : doit être interprété en fonction du nombre de colonies et de la présence de filaments/ pseudo-filaments (C. albicans : saprophyte muqueux digestif et génital).
Principes thérapeutiques des candidoses
•Traitement des facteurs favorisants.
•Traitement simultané de tous les foyers.
•Choix des antifongiques (molécule/ formulation/ voie d’administration) en fonction :
—de la localisation et de l’étendue des lésions ;
—du terrain (femme enceinte, immunodépression…) ;
—d’une atteinte phanérienne associée ;
—du risque d’effets secondaires et d’interactions mdtses (ttt oral).
•Un traitement général est prescrit en cas d’atteinte étendue (plusieurs plis. . .) et/ou inaccessible à un ttt local simple (muqueuse digestive. . .) et/ou associée à un contexte de déficit immunitaire (génétique ou acquis) et/ou sévère (néonatalogie, septicémie à C. albicans…)
Schéma thérapeutique (candidose buccale)
Chez l’enfant et le nourrisson:
•Amphotéricine suspension, 1 càc/10 kg/ 24 heures en 2 à 3 prises (50 mg/kg/j).
•Miconazole gel buccal, 1 cuillère-mesure (2,5 ml) 4 fois/jour.
Chez l’immunodéprimé (sida, en particulier)
•ttt local + ttt par voie générale, surtout s’il existe une atteinte oesophagienne,et augmenter les posologies pour éviter l’émergence de résistances.
•Molécule de référence : fluconazole (200 mg/ j si candidose buccale isolée, 400 mg/j si atteinte oesophagienne associée) ; l’itraconazole (200 mg par jour) peut également être utilisé.
•Cures courtes (5 à 15 jours) et discontinues pour éviter l’apparition de souches résistantes.
Schéma thérapeutique (candidose génitale)
Vulvovaginite aiguë:
•Imidazolés : 1 ovule intravaginal pdt 1-3 jrs.
•Association à un ttt antifongique local de type dérivé imidazolé pdt 2 à 4 semaines
•Toilette avec savon alcalin
Vulvovaginite récidivante ou chronique:
•ttt préventif avec un ovule antifongique à libération prolongée une fois par mois vers le 20e jour du cycle pendant plusieurs mois (le fluconazole n’a pas d’AMM dans cette indication).
•Au début d’un traitement antibiotique, un traitement pro-phylactique par 1 ovule d’imidazolé 150 mg LP peut être préconisé en cas d’antécédent de vulvovaginite.
•Rechercher et traiter une éventuelle candidose chez le partenaire.
Balanite:
•1-2 applications quotidiennes d’une crème anti-fongique pdt 2 à 3 semaines.
•Toilette avec savon alcalin
•Chercher et traiter une éventuelle candidose chez le/la partenaire
Schéma thérapeutique (candidose des plis)
Schéma thérapeutique (candidose unguéale)
Antifongiques locaux dans les candidoses
Antifongiques systémiques dans les candidoses
Aucun antifongique per os n’est autorisé chez la femme enceinte.
- Fluconazole, première intention:
•Voie IV : réservée aux candidoses systémiques,disséminées et profondes.
•Voie orale : réservée aux candidoses oropharyngées et oesophagiennes au cours des états d’immunosuppression.
!!Attention aux nombreuses interactions médicamenteuses (inducteur du cytochrome) : anticoagulants oraux, sulfamides hypoglycémiants…
- Polyènes:
Prévention des candidoses des sujets immunodéprimés ou ttt complémentaire des candidoses vaginales et cutanées : l’amphotéricine B, ttt de référence des mycoses systémiques :
•toxicité rénale et hématologique usage en réanimation et chez les transplantés ;
•suspension buvable : traitement de la bouche et du tube digestif (pas d’absorption digestive = pas de diffusion systémique = effet « topique » dans le TD).
- Terbinafine : seconde intention: Moins active sur C. albicans que sur les dermatophytes.
À réserver aux CI au fluconazole (sauf grossesse).