Devant un polytraumatisé, stabilisez d’abord le patient (p. ex., voies respiratoires, ventilation, circulation et blessures qui mettent la vie en danger) avant de vous occuper des fractures.
Polytrauma = stabiliser le patient avant les fractures
a. Airway : collet cervical, perméabilité des voies (jaw thrust, chin-lift), succion, oxygène, trauma du larynx,
intubation PRN
b. Breathing : respiration, pneumothorax, hémothorax, volet thoracique, saturation, rythme respiratoire
c. Circulation : choc hémorragique ou obstructif, TA, pouls, volume PRN, compression si blessure saigne
activement
d. Fractures dangereuses pour la vie
i. Fracture du pelvis open book : suspecter si ecchymose, douleur, sang à l’urètre, mettre un
pelvic binder
ii. Fracture d’os long : réduire/plâtre grossièrement
Lorsque vous examinez un patient avec une fracture, évaluez l’état neuro-vasculaire. Examinez les articulations au-dessus et au-dessous de la blessure.
Évaluation neurovasculaire
a. Neurologique : forces, sensibilité
b. Vasculaire : couleur, pouls, refill
Examinez les articulations au-dessus et au-dessous de la blessure.
Chez les patients où vos soupçons de fracture sont susceptibles de donner des résultats radiologiques normaux (p. ex., fractures du scaphoïde dans les blessures du poignet, fracture du coude, fracture de la plaque de croissance chez l’enfant, fractures de stress), traitez en fonction de vos suspicions cliniques, même si les radiographies sont normales.
a. Fracture du scaphoïde : souvent avec FOOSH (fall on out stretched hand), vascularization facilement
interrompue par fracture
i. Complications = nécrose avasculaire, non union, arthrose
ii. Tests : déviation radiale du poignet, test de compression axiale, compression tabatière
anatomique
iii. Investigation :
1. Radiographie AP, latéral, oblique, vue scaphoïde
2. Si négatif mais suspicion : CT, IRM, nouvelle radio dans 7-10 jours
iv. Traitement : non déplacé = spica et imagerie q 2 semaine ad union (6-10 semaines), déplacé 1
mm/proximal/délai 3 semaines/dissociation scapholunatum/instabilité/non-union/nécrose =
consultation en chirurgie plastique
b. Fracture du radius distal
c. Fracture de la tête radiale, douleur en pronation/supination)
d. Fracture col fémoral
e. Fracture supracondylienne
f. Fracture du coude
g. Fracture de la plaque de croissance chez l’enfant
i. SALTR (straight through, above, low, through and through, ram)
h. Fracture de stress
Dans l’évaluation des personnes âgées qui présentent un changement aigu de leur mobilité (c.-à-d. celles qui ne peuvent plus marcher) et dont le résultat des radiographies est normal (c.-à-d. pas d’évidence de fracture), poussez plus loin l’investigation avant d’exclure une fracture (p. ex., scintigraphie osseuse, tomodensitométrie).
Personne âgée avec changement aigu de mobilité avec radiographies N, pousser l’investigation plus loin pour
éliminer une fracture (CT scan, scintigraphie osseuse)
Identifiez et traitez adéquatement les fractures qui nécessitent une immobilisation et/ou une réduction urgente.
a. Évaluer la fracture
i. Toujours inspecter l’articulation proximale et distale
ii. Emplacement de la fracture : épiphyse, métaphyse, diaphyse
iii. Orientation : transverse, oblique, comminutive, torus, intra-articulaire, bois de vert
iv. Alignement : déplacé, non déplacé, angulation, translation, rotation
b. Réduction fermée
i. Bloc nerveux local, sédation procédurale
ii. Réduction puis plâtre
iii. Radiographie post réduction
iv. ATB et tétanos PRN
v. Suivi
Lorsque vous soupçonnez une fracture, procurez une analgésie rapide (c.-à-d. avant les radiographies) et adéquate (p. ex. narcotiques).
Lors d’un soupçon de fracture, procurer analgésie adéquate (avant radiographies), avec narcotiques par exemple
Chez les patients victimes d’une fracture, recherchez et diagnostiquez les complications possibles (p. ex., fracture ouverte, instabilité de la colonne cervicale, syndrome du compartiment).
Victimes de fracture = rechercher les complications possibles
a. Fractures ouvertes = chirurgie
b. Instabilité de la colonne cervicale
c. Syndrome du compartiment : douleur disproportionnée, compartiment raide, 6 P (pulseless, palor,
paresthésie, parésie, pain, polar)
d. Compromis neurovasculaire (atteinte artérielle, nerveuse)
e. Infection
f. Embolie veineuse ou graisseuse
g. À distance : ostéomyélite, non-union/malunion, arthrose, arthrite post-traumatique, algodystrophie
(syndrome régional douloureux complexe)
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* Aiguës
◦ Lésion artérielle / Nécrose avasculaire
◦ Lésion nerveuse
◦ Syndrome des loges
◦ Maladie thromboembolique / Embolie graisseuse
◦ Infection / Fracture ouverte
◦ Phlyctènes de fracture
Utilisez les algorithmes décisionnels (p. ex., critères d’Ottawa pour la cheville, critères pour la colonne cervicale ou pour les genoux) afin de vous guider dans la prescription des radiographies.
Radiographie de la cheville ou du pied indiquée si présence d’un des signes ou symptômes suivant:
Douleur malléole interne ou portion postérieure de la malléole (sur 6 cm)
Douleur malléole externe ou portion postérieur de la malléole (sur 6 cm)
Incapacité de mise en charge et de faire 4 pas (immédiatement et lors de l’examen)
Douleur base du 5 e métatarse
Douleur os naviculaire
Douleur « mid-foot »
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Genou :
L’un de:
-âge 55 et +;
-douleur isolée lors de la palpation de la rotule;
-douleur à la tête de la fibula;
-flexion à 90o impossible;
-incapacité à faire 4 pas (2 transferts de poids) immédiatement après le trauma et dans la salle d’urgence.
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Canadian C-spine rule :
Haut risque :
- >65 ans
- Mécanisme dangereux
- Paresthésies extrémités
Bas risque :
- Assis dans la salle d’Examen
- Ambulatoire
- Pas de dlr mid-line
- Dlr cervicale retardée
- mécanisme de dlr simple
Ensuite si présence d’un facteur bas risque ; bouger la tête 45 degrés de chaque côté, si ok, pas de RX